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Top 14 : Jefferson Poirot "sous pression maximale" avec l'UBB et avec le XV de France

Par Arnaud Carré, France Bleu Gironde mercredi 24 août 2016 à 13:39

Cette saison, les apparitions de Jefferson POirot au stade Chaban-Delmas seront comptées.
Cette saison, les apparitions de Jefferson POirot au stade Chaban-Delmas seront comptées. © Radio France - Justine Hamon

Le jeune pilier international de l'Union Bordeaux-Bègles a attaqué sa saison plus tôt que prévu. Membre de la liste des 30 joueurs protégés par l'accord LNR/FFF, en fin de contrat en juin prochain, il se sait très attendu et espère pouvoir répondre présent sur les deux fronts. Entretien.

France Bleu : Le club a fait appel plus tôt que prévu à ses internationaux. Comment vivez-vous cette situation ?

Jefferson Poirot : C'est une reprise précipitée, c'est compliqué à gérer. Mais il faut vite se remettre dans le bain. J'ai l'impression que d'un point de vue travail physique j'ai un peu de retard sur les autres mais avec le rythme des matches, ça va reprendre.

Comment vous êtes-vous senti lors de votre entrée face au Racing 92 ?

Sur un plan puissance, ça allait. Sur le plan de la course, du déplacement, j'ai senti que j'était moins bien que d'habitude. Du coup, je vois quand même le manque de travail par rapport aux autres.

Quelles différences avec une préparation complète ?

Les saisons précédentes, on arrivait avec la caisse, le foncier. On répétait plus facilement les actions grâce à un gros travail en amont. Cette année, ça se fait sur le tas. C'est un peu plus compliqué.

On a envie d'être présent à 100% car on a conscience que c'est un manque à gagner pour l'UBB. Après, ça peut être bien pour le club d'avoir des joueurs un peu plus frais sur les moments-clés et les phases finales

Le risque, c'est d'en faire trop et de se blesser ?

Il y a ce risque là, c'est sûr, mais il faut savoir gérer son corps. Ici, avec les préparateurs, on a réfléchit à une manière de travailler différemment. On travaille sur de la prévention, du gainage, des choses qui peuvent me renforcer rapidement pour ne pas prendre de risques. C'est aussi accentuer la récup, aller un peu plus souvent voir le kiné, faire du renforcement sur un jour de repos.. Le temps de reprendre vraiment le rythme.

Jefferson Poirot,au soutien d'Atonio lors du dernier France / Irlande, compte sept sélections.. - Maxppp
Jefferson Poirot,au soutien d'Atonio lors du dernier France / Irlande, compte sept sélections.. © Maxppp - MaxPPP

Vous faites partie de la liste Elite, vous vous attendez à une saison en pointillé avec l'UBB ?

Quand on y est, on a envie d'être présent, à 100%, parce qu'on est conscient qu'il y a un manque à gagner pour le club qui ne nous aura pas pendant quatre mois. Mais ça peut être bénéfique, surtout sur les fins de saison où souvent on voyait des internationaux tirer la langue. Ça peut être bien pour le club d'avoir des joueurs un peu plus frais sur les moments clé et sur les phases finales.

Du coup, vos apparitions avec l'UBB seront très attendues ?

C'est pression maximale avec l'équipe de France et avec le club. On aura, je crois, huit matches en moins si tout se passe bien. On sera attendu au tournant, on aura dix-huit matches de Top 14 dans l'année où il faudra être vraiment à fond et ne pas se louper d'autant qu'il y aura des joueurs (ndlr : il en concurrence avec S.Kitshoff et S.Taofifenua) qui auront joué à notre place en notre absence.

Des discussions vont être entamées, c'est sûr, mais je me concentre sur le sportif. Ce qui peut polluer, c'est quand on voit des joueurs signer un an et demi voire deux ans à l'avance. C'est un peu ridicule.

L'UBB a bien débuté face au champion, elle se déplace samedi à Toulouse et n'a jamais remporté son premier match à l'extérieur en Top 14?

On se déplace chez un gros dès la deuxième journée. On s'est souvent déplacé d'entrée chez des équipes qui jouaient plus le maintien que le Top 6 et on a souvent été à la limite du ridicule. Là, on sera un peu plus motivé à l'idée d'aller affronter Toulouse chez lui et de se dire que si on n'y est pas, on risque de prendre très très cher. Il y aura un degré de vigilance et d'exigence supérieur.

A quel type de match vous attendez-vous ?

Sur ce que j'ai vu des vidéos, ça joue encore un peu plus que l'an dernier, c'est encore un peu plus précis. Ils ont eu une très bonne conquête devant Montpellier. On s'attend à un rugby plutôt complet, dur devant, capable d'envoyer du jeu derrière avec des joueurs qui reviennent comme Yohann Huget qui se propose partout et qui a l'air d'avoir faim. Je pense qu'on ne sera pas loin cette année de retrouver le grand Toulouse.

Vous êtes en fin de contrat en juin 2017, votre nom circule déjà du côté de Clermont, où en êtes-vous de votre réflexion ?

Mon état d'esprit, c'est de laisser ça de côté car j'ai une grosse saison à faire ici à l'UBB. je vais m'y engager à fond jusqu'en juin 2017. Des discussions vont être entamées, c'est sûr, mais je me concentre sur le sportif. Ce qui peut polluer, c'est quand on voit des joueurs signer un an et demi voire deux ans à l'avance. C'est un peu ridicule et je pense qu'on se trompe avec cette période des transferts. Après, les JIFF (ndlr : joueurs issus des filières de formation) sont chers et c'est pour celà que ça se fait de plus en plus tôt.

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