Rugby

Top 14 : l'Aviron Bayonnais "abattu", le sapin a pris feu

Par Thibault Vincent, France Bleu Pays Basque vendredi 23 décembre 2016 à 21:34

Etincelants en seconde période, les Rochelais de Murimurivalu ont coulé les Bayonnais
Etincelants en seconde période, les Rochelais de Murimurivalu ont coulé les Bayonnais © AFP - Gaizka Iroz

Bayonne a pris l'eau à Jean-Dauger lors de la 14e journée de Top 14 aux termes d'un scénario improbable. Après avoir mené 17-0 (37'), l'Aviron a implosé face à La Rochelle (17-42) qui prend le bonus offensif. Les Bayonnais, derniers à Noël, ont pris un coup au moral et s''enfoncent vers la Pro D2.

Incroyable ! Alors que, contre toute attente, les Bayonnais menaient de 17 points en fin de première période (et 17-3 à la mi-temps) face au 4e du Top 14 que l'on disait en grande forme, ils se sont totalement écroulés pour encaisser 9 points en supériorité numérique avant de craquer totalement et d'encaisser un 42-0 ! Du jamais vu ! Cinq essais rochelais dont un quadruplé de l'excellent Gabriel Lacroix, sous les yeux de Jeff Dubois l'entraineur des trois-quarts du XV de France.

L'Aviron avait pourtant réalisé sa meilleure mi-temps depuis le début de ce Top 14. Face à des Rochelais, à côté de leurs pompes, la défense hermétique, l'engagement, la solidarité de cette équipe enfin efficace, inscrivant 2 essais en 15 minutes, laissaient entrevoir un beau réveillon de Noël pour les ciels et blancs.

"Je m'en veux, on n'est pas au niveau"

Mais La Rochelle, qui n'a jamais baissé les bras, s'est réveillé pour aller rafler la bûche et les cadeaux en réalisant une 2e mi-temps de classe face à des Bayonnais éteints, dominés, dépassés. Terrible. Deuxième mi-temps à sens unique. Pas invités, les Bayonnais, incapables de tenir 80 minutes, ont montrés qu'aujourd'hui ils n'ont pas le niveau. Constat d'impuissance :

Je m'en veux à moi, je nous en veux. J'ai du mal à comprendre comment on peut montrer ces 2 visages. On est pas au niveau, là c'est clair sur ces deux dernières rencontres. Je sais pas ce que fera mon président, moi je ne démissionnerai jamais. Les critiques, les moqueries je m'en fous, mais je les assumes. On est debout encore ce soir parce que mathématiquement on est pas perdus, même si ça sera un petit miracle si on se maintient- Vincent Etcheto, manager de l'Aviron.

"Je ne sais pas ce que fera mon président, moi je ne démissionnerai jamais" lance Vincent Etcheto conscient que le maintien sera un miracle

Le maintien ? "Ce serait un miracle"

Les Bayonnais encaissent leur 3e revers à domicile en 8 matchs et s'enfoncent un peu plus au classement. Derniers après ce premier match de la phase retour, ils ne comptent que 16 points, largués à 8 longueurs de Lyon, le premier maintenu. Le constat est terrible : après ce repas de réveillon gâché, ils sont sur le point d'être éjectés de la table de l'élite et foncent droit vers celle de la Pro D2

Ca fait mal... Abattus ! On était en confiance à la mi-temps, on repart avec la rage et au final on prend 40 points... on réalise pas, on comprend pas ce qui nous est arrivé, comment on a craqué à ce point mentalement. (Le maintien) ce serait un miracle. C'est une question de fierté maintenant - Baptiste Chouzenoux, 3e ligne

Le maintien "Ca serait un miracle. On doit jouer libérés maintenant sans pression du résultat" exhorte le 3e ligne bayonnais Baptiste Chouzenoux

Surtout que c'est encore un gros morceau qui se présente le 31 décembre. Les Bayonnais vont à Castres, avec de fortes chance de ne ramasser que des miettes, et encore. Ils n'ont pas pris le moindre point terrain en déplacement depuis le début de la saison

Pour réaliser l'exploit les Bayonnais vont donc devoir redresser la barre et ne pas se laisser submerger psychologiquement après cette écrasante défaite au scénario improbable devant leur public, désabusé, passé en 40 minutes du rire à l'abattement. A chaud cela semble compliqué. Le capitaine Jean Monribot ne s'est pas présenté en conférence de presse.