Rugby

Top 14 : l’Aviron Bayonnais s’enfonce, mais garde espoir !

Par Thibault Vincent, France Bleu Pays Basque dimanche 30 octobre 2016 à 3:45

Le manager de l'Aviron Bayonnais a de quoi être soucieux, la spirale infernale se poursuit pour son équipe
Le manager de l'Aviron Bayonnais a de quoi être soucieux, la spirale infernale se poursuit pour son équipe © Getty

Pas d’exploit pour les Basques face au Racing 92 qui remporte son premier succès et ses premiers points à l’extérieur (3-16). L'Aviron, qui n'a plus gagné depuis la 1re journée, subi une 2e défaite à domicile ! Une spirale infernale mais le dernier du Top 14 ne baisse pas les bras.

Décidément, Bayonne n'y arrive pas ! Et l'Aviron petit à petit s'enfonce en creusant son trou vers la Pro D2. Huitième match consécutif sans succès, une seule victoire à domicile pour 2 nuls et 2 défaites, 8 points d'écart avec le 1er maintenu (Castres qui joue ce dimanche). Les statistiques en déprimerait plus d'un... Mais malgré tout cela, les Bayonnais refusent de céder à la sinistrose, et au contraire positivent sur les progrès entrevus dans un match qui leur échappe d'un rien face au Champion de France en titre, assure le pilier droit italien Lorenzo Cittadini :

Non, jamais résignés ! Après un match comme cela tu es énervé parce que tu peux gagner ! (...) Si on a plus d'efficacité dans les 22, que l'on marque des points, on a gagné ! Si on gagne aujourd'hui je crois qu'il n'y a rien à dire. Et si on gagne contre le Racing on peut gagner contre toutes les équipes

L'inefficacité torpille l'envie et les intentions bayonnaises

Entrés surmotivés sur le terrain, dans une ambiance des grands soirs, malgré ou grâce à la pression pesant sur leurs épaules, les Bayonnais ont dominé les débats pendant les 25 premières minutes, monopolisant le ballon, se montrant dangereux en quelques occasions. Mais encore une fois, trop de fautes de mains, d'imprécisions, d'erreurs de gestion, et trop peu de continuité dans le jeu, ont sapé les efforts de l'Aviron qui n'a, comme à son habitude, pas su concrétiser les temps forts reconnait l'international italien :

On doit travailler l'efficacité, parce que les bonnes équipes, quand elles arrivent dans les 22m, elles marquent 3, 5 ou 7 points. On doit chercher l'efficacité - Lorenzo Cittadini

Une inefficacité basque rédhibitoire que le manager Vincent Etcheto ne peut que constater :

On est pas décisifs donc on va dire manque de puissance, manque de patience... manque de chance ! Il y a un peu tout mais à l'arrivée c'est cruel !

Les malheurs de Du Plessis

Un manque de réalisme sur les quelques occasions d'essais, mais aussi au pied, encore une fois. L'ouvreur et buteur de l'Aviron, Willie Du Plessis, pourtant excellent en début de saison passée et impressionnant dans son jeu au pied ultra long et précis, a encore raté 2 pénalités cruciales pourtant faciles. Mais Vincent Etcheto, ancien spécialiste du poste et des tirs placés, vole au secours de son joueur :

Willie est venu s'excuser et m'a demandé qu'on travaille encore plus. Mais il travaille beaucoup et il rate 2 pénalités des 22 face aux poteaux... c'est dur parce que c'est un gosse qui bosse bien.

Ce manque de réalisme a en tout cas permis au Racing 92 de ne jamais s'affoler dans ce "match âpre et très difficile, qui ne restera pas dans les annales" dixit le coentraineur francilien Laurent Labit, et de mener la rencontre à sa main. Pour mieux faite il aurait fallu que les Bayonnais soient beaucoup plus précis, arrivent en fin à multiplier les temps de jeu, à conserver le ballon et assurer la continuité pour déstabiliser une défense bien en place. Au lieu de cela, ils ont manqué de maîtrise technique, beaucoup trop d'en-avant, des passes mal assurées, des erreurs de gestion, pas assez de solutions offensives. Manque de maîtrise individuelle également avec 3 cartons jaunes à leur encontre, beaucoup trop à ce niveau.

Etat d'esprit, défense et paquet d'avants : les bases de l'espoir

Mais si les Bayonnais ne désarment pas, si ils gardent cette foi chevillée au corps qu'ils vont arriver à retourner la situation et réenclencher la marche avant, c'est qu'ils ont la sensation d'être sur la bonne voie, et de ne pas être passé loin de la victoire face au Champion de France en titre, restant sur ses talons (3-9) jusqu'à une interception cruelle à 10 minutes du terme après avoir jouer près de 30 minutes en infériorité numérique.

Le pilier droit italien de l'Aviron Bayonnais Lorenzo Cittadini et les avants ont livré l'un de leur plus gros match - Radio France
Le pilier droit italien de l'Aviron Bayonnais Lorenzo Cittadini et les avants ont livré l'un de leur plus gros match © Radio France - Thibault Vincent

La bonne voie en défense d'abord, après avoir encaissé 140 points lors des 3 derniers matchs, ils n'en ont pris que 16 face au Racing 92 dont cet essai en contre à zéro passe. La bonne voie devant aussi, les "gros" ayant sans doute produit leur meilleur match de la saison acquiesce l'international italien Lorenzo Cittadini :

On a fait un bon match, c'est la base pour gagner. On a montré que devant on était bons et qu'on avait pas peur des autres équipes.

Mais c'est surtout l'état d'esprit affiché sur le terrain par les Bayonnais, qui a fait plaisir à voir, et a été salué à la fin de la rencontre par un public ciel et blanc pas rancunier malgré la défaite. Il semble que les hommes de l'Aviron ont pris conscience de la situation et décidé enfin de mettre ce petit supplément d'âme, cet indéfinissable charme, cette petite flamme qui pourrait leur permettre de soulever des montagnes et inverser le cour de l'histoire espère le demi-de-mêlée Guillaume Rouet :

Il va falloir garder le positif de ce match qui est l'engagement. On s'est dit les choses (au cours de le "trêve" européenne de 2 semaines, ndlr) et on a changé un peu notre manière de fonctionner et on voit que ce soir, même si il n'y a pas eu de résultat, que dans l'engagement, dans l'intensité qu'on y a mis c'est beaucoup mieux que les matchs précédents. (...) Je reste persuadé que si on garde la même intensité sur les prochains matchs ça va tourner et qu'on va renouer avec la victoire.

Ce sera compliqué, d'autant que les Bayonnais se déplacent à Brive samedi 5 novembre pour la 10e journée du Top 14

FICHE TECHNIQUE

Top 14 - 9e journée

A Bayonne (stade Jean-Dauger), Racing 92 bat Bayonne 16 à 3 (mi-temps : 6-3)

Temps : doux ; Terrain : bon ; Spectateurs : 13.930

Arbitre: M. Romain Poite (Midi-Pyrénées)

Les points : 1 pénalité Du Plessis (26) pour Bayonne / 1 essai Imhoff (70), 1 transformation Machenaud (70), 3 pénalités Machenaud (29, 35, 50) pour le Racing 92

Exclusions temporaires : Donnelly (35, antijeu), Cittaddini (42, placage dangereux), Poki (51, placage dangereux) pour Bayonne / Lauret (68, jeu dangereux), Goossen (77, antijeu) pour le Racing 92

Les équipes

Bayonne : Martial - Poki, Le Bourhis, Lovobalavu, Tongia - (o) Du Plessis, (m) Rouet (Saubusse, 71) - Chouzenoux, Van Lill (Arganèse, 67), Monribot (cap) - Taele (Huete, 52), Donnelly (Gayraud, 62) - Cittadini (Choirat, 64), Leiataua, Iguiniz (Khinchagishvili, 62)

Racing 92 : Dulin - Rokocoko, Chavancy, Tuitavake (Vulivuli, 52), Imhoff - (o) Goosen, (m) Machenaud (cap) - Dubarry (Nyanga, 24), Masoe, Lauret - F. Van der Merwe, Nakarawa - Tameifuna (Ducalcon, 71), Lacombe (Chat, 50), Ben Arous (Afatia, 56)

Les autres résultats et le classement de la 9e journée de Top 14 à retrouver ici

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