Rugby

Top 14 : l'Aviron Bayonnais à Clermont, "il ne faut pas lâcher" (V. Etcheto)

Par Thibault Vincent et Amaia Cazenave, France Bleu Pays Basque vendredi 17 février 2017 à 19:40

Le groupe bayonnais unis à l'entrainement autour du manager Vincent Etcheto et de l'entraineur de la défense Simone Santa Maria
Le groupe bayonnais unis à l'entrainement autour du manager Vincent Etcheto et de l'entraineur de la défense Simone Santa Maria © Radio France - Thibault Vincent

Après la nouvelle fessée prise chez le Racing 92 en match en retard samedi 11 février (59-20), Bayonne quasi reléguée s'attend à connaitre une nouvelle soirée terrible à Clermont-Ferrand pour la 18e journée. Le manager bayonnais Vincent Etcheto espère éviter une nouvelle humiliation.

France Bleu Pays Basque : Il faut mettre de l'eau de Lourdes autour des terrains pour que la roue tourne ?

Vincent Etcheto : Non, ce n'est pas des miracles qu'il faut, c'est... C'est frustrant, c'est dur. Moi qui ais souvent le sourire... c'est dur. Le plus dur c'est juste après le match au Racing, on est ridicule de dire que l'on s'est accrochés, qu'on en a pris 60 (points) ! Et pourtant on s'est accrochés, il y a 250 plaquages, y a des efforts qui sont faits, y a une volonté de tenir le ballon et il y a des séquences positives par moment mais à l'arrivée c'est...

On a fait le constat, sur 9 essais marqués par le Racing, en tout ils ont 23 temps de jeu. Alors que nous pour marquer 2 essais on a mis plus de 33 phases de jeu ! C'est le résumé de notre saison. Alors peut-être que, je l'entends par-ci par-là, qu'on a pas un rugby adapté au Top 14, qu'on a pas les moyens de nos ambitions, c'est frustrant parce qu'on a fait encore 30 minutes très correctes à Paris, et qu'on prend un essai (assassin !) de 70 mètres par un deuxième ligne, ça fait mal.

"On va à Clermont en espérant ne pas en prendre 60"

Donc on doit rentrer le lundi, faire la vidéo, constater ces choses là, et dire aux joueurs on continue ! On continue à bosser pour se rattraper à Clermont. Là je vous avoue qu'on avait des ambitions cachées parce qu'on avait envie d'aller faire un résultat (au Racing)... à l'arrivée c'est 60 ! Donc on va aller à Clermont en se disant "j'espère qu'on va pas en prendre 60". C'est terrible à dire, mais c'est comme ça, parce que tout le monde attend qu'on en prenne 60 et nous on veut plus. C'est humiliant, c'est dur, on doit assumer.

On va tout faire pour s'accrocher, pour minimiser. Après, je le répète, on est pas à la hauteur de ces équipes là (Racing, Clermont, etc... ndlr), mais je pense qu'on l'a montré contre Brive, on l'a montré parfois dans la saison... On va recevoir Pau, on va recevoir Grenoble, on va recevoir Bordeaux, ça sera nos rendez-vous et ça sera comme cela qu'on se sauvera une partie de la saison.

Il y a des signes qui font dire qu'on doit pas lâcher parce que, même si on est pas sur la bonne voie, on est dans ce que l'on veut faire dans l'état d'esprit, après y a ce gouffre qui pour l'instant fait mal, qui est très dur à combler, avec des essais pris trop facilement et des scores qui reflètent pas franchement le travail qu'on produit et l'effort des joueurs.

"L'eau de Lourdes ne suffira pas pour se maintenir"

Vous redoutez la défaillance mentale chez vos joueurs ?

Non. C'est dur, mais après on est conscients. Là on a bien compris que, à part un miracle, l'eau de Lourdes ça ne suffira pas pour se maintenir. Ce que je veux c'est qu'on finisse bien pour eux, pour leur carrière de joueurs, pour la notre le staff, parce que d'accumuler des défaites de 50 points on devient ridicules et on perd de la crédibilité. Bon moi j'en ai pas beaucoup, personnellement je m'en fous, mais pour les gens qui travaillent avec moi, j'ai des joueurs encore jeunes qui ont une belle carrière à faire, j'ai un staff qui est jeune. Dewald (Sénékal), Simone (Santa Maria) ils sont confrontés à cela, ils sont dans le dur.

Il faut que l'on continue à transmettre du positif. C'est dur parce que chaque fois on prend un petit coup derrière la tête en plus mais c'est que du rugby. Ce que l'on vit actuellement c'est très dur mais quoi qu'il arrive je m'inscrits sur la longueur dans ce club, j'en ai envie en tout cas, pour aller chercher encore quelque chose de beau sur le futur proche.

D'abord c'est gagner des matchs et ensuite pérenniser ce club à bon niveau, si c'est pas le très haut niveau du Top 14, pour pouvoir ensuite le reconstruire et avoir enfin un club solide.

Besoin de résultats sportifs pour pérenniser le club

Est-ce qu'il possible aujourd'hui de penser à court terme tout en préparant l'avenir ?

Bien sûr, c'est imbriqué. Sportivement il n'est pas question de renoncer, parce que 90% des joueurs de ce groupe seront là l'an prochain. Mais pour avoir ces 90% là, il faut qu'on ait des résultats, que les partenaires ne s'échappent pas en courant (sourire), que le publiuc continue à venir au stade parce qu'ils sont là - et ils seront là contre Pau, et je leur promet qu'on fera un gros match contre Pau - et on a besoin de cela pour pérenniser le club sportivement et économiquement.

Si on veut garder 90% de l'effectif, il faut qu'on accroche les partenaires potentiels, ou ceux qui sont déjà là, et qu'on fidélise notre public, parce que si l'on perd des abonnements, si on perd des partenaires, on perdra de l'argent et en perdant de l'argent on perdra des joueurs.

"Si on va en Pro D2 ce sera pour remonter en Top 14"

Mon travail il est de dire aux joueurs qu'il ne faut pas lâcher, et que ce qu'on a vécu l'an dernier - y en a qui se disent c'est dur de redescendre, mais si on doit redescendre - on a vécu quelque chose de fabuleux l'an dernier (Victoire en finale d'accession au top 14 contre Aurillac le 4 juin 2016), mais je ne veux pas qu'on se disent juste on va être bons en Pro D2, on y sera pour remonter en Top 14 et on sait que ce sera de plus en plus dur vu les formules annoncées (ndlr : à compter de la saison 2016-2017, seul le vainqueur de la finale monte directement, le finaliste joue un barrage contre l'avant-dernier du top 14)

Le manager bayonnais Vincent Etcheto oeuvre pour que ces joueurs ne lâchent rien sportivement, relèvent la tête, tout en pensant déjà à la reconstruction en Pro D2

Clermont - Bayonne, match à vivre dès 18h sur France Bleu Pays Basque et le player francebleu.fr/pays-basque. Coup d'envoi à 18h

Retrouvez les équipes de Clermont et de Bayonne ci-dessous. A noter la présence de 6 espoirs dans les rangs de l'Aviron avec la première titularisation de Toma Taufa et le retour de Julien Tisseron et Ayarza, Ducat, Oulai et Duhalde remplaçants. A noter également l'absence de l'ouvreur Willie Du Plessis prêté jusqu'à la fin de la saison à Montpellier.

Les Clermontois eux sont privés de 7 internationaux et de plusieurs blessés (Fofana, Parra, Zirakashvili, Kolelishvili...) mais pourront compter sur leur jeune 2e ligne international formé à Bayonne Arthur Iturria, laissé à la disposition du club auvergnat par le sélectionneur du XV de France. L'ailier Rémy Grosso, joker médical arrivé de Castres dans la semaine, fait sa première apparition sur le banc. La charnière de l'ASM sera composée de deux anciens bayonnais (Cassang et Brett)