Rugby

Top 14 : Le président de l’Aviron Bayonnais durcit le ton mais le staff garde sa confiance

Par Thibault Vincent et Lucas Rodriguez, France Bleu Pays Basque lundi 12 décembre 2016 à 21:40

Francis Salagoïty (à gauche) aux côtés du directeur sportif Nicolas Morlaes (au centre) et de Christian Devèze, président du directoire, lors de la présentation du projet 2016-17 de l'Aviron Bayonnais
Francis Salagoïty (à gauche) aux côtés du directeur sportif Nicolas Morlaes (au centre) et de Christian Devèze, président du directoire, lors de la présentation du projet 2016-17 de l'Aviron Bayonnais © Radio France - Thibault Vincent

Francis Salagoïty, président du conseil de surveillance d'un Aviron Bayonnais relégable à mi-championnat, hausse le ton et met la pression sur les entraîneurs et joueurs avant la réception de La Rochelle (23/12). Il revient aussi sur la situation financière, les projets et se dit favorable au Top 16

Invité du Club Rugby de France Bleu Pays Basque ce lundi 12 décembre au soir (18h30-19h), pour la dernière émission de l'année 2016, Francis Salagoïty, président du conseil de surveillance de l'Aviron Bayonnais est revenu sur les principaux dossiers chauds du club, mais aussi du rugby français, en sa qualité de membre du comité directeur de la Ligue Nationale de Rugby qui se réunit mardi 13 et mercredi 14 décembre à Marseille. Extraits

France Bleu Pays Basque : A mi-championnat, l’Aviron est 13e, relégable avec 8 points de retard sur le premier maintenu, êtes-vous un président inquiet ?

Francis Salagoïty : Heureusement que je suis un petit peu inquiet, autrement on dirait que je suis un président écervelé. Bien sûr qu’il faut être inquiet. Ce qui nous inquiète c’est cette dernière défaite à Paris (51-5, ndlr). C’était une belle claque et là il faut réagir. Il faut réagir dès le prochain match, c’est pour ça qu’on a rencontré le staff avec Christian Devèze (président du directoire) samedi matin.

"Il faut savoir durcir le ton"

Est-ce que justement vous avez ou vous êtes tenté de monter le ton dans le vestiaire ?

L’année dernière nous avions une politique où nous ne sommes pas intervenus sur le sportif, cette année non plus puisqu’on avait dit que l’année dernière ça avait marché. Après je pense que de temps en temps il est bon aussi que les présidents que nous sommes montent un peu au créneau, parce qu’il faut savoir durcir le ton, même si aujourd’hui Vincent Etcheto (le manager, ndlr) et son équipe sont conscients que ce match de Paris en particulier a été une grosse déception.

"Les joueurs nous ont trahis"

Ça a été une déception pour l’ensemble de l’Aviron Bayonnais parce que, quand vous montez à Paris, vous faites des « opérations commerciales », vous avez envie de développer votre projet (l’Aviron avait invité 150 représentants de partenaires potentiels, notamment au match contre le Stade Français, ndlr), de le présenter et derrière quand vous prenez 50 points il faut que les joueurs sachent aussi qu’ils nous ont trahis. On ne peut pas l’accepter !

C’est pour cela que samedi matin nous avons demandé à Nicolas Morlaes, à Vincent Etcheto, à Dewald Sénékal, de faire en sorte que dès aujourd’hui on rentre dans 10 jours plus durs pour que les joueurs prennent bien conscience que ce match de La Rochelle il faut le gagner !

"Ce n'est pas un problème d'entraîneur"

J’ai l’impression que que vous êtes en train de nous expliquer que c’est le problème des joueurs, mais est-ce qu’il n’y a pas un problème au niveau de l’encadrement ? L’entraineur a votre confiance ?

Tout à fait, bien sûr ! Ce n'est pas un problème d’entraîneur, ce n'est pas un problème de joueurs, c’est un problème général. Aujourd’hui il faut savoir dire les choses, et faire en sorte que l’on puisse repartir de l’avant.

La deuxième partie du championnat, on reçoit des équipes qui sont susceptibles d’être à notre hauteur et contre lesquelles on peut gagner, et si on arrive à faire un ou deux résultats à l’extérieur, je suis persuadé que le maintien sera toujours là avec ce groupe que l’on a construit ensemble, et avec lequel maintenant il faut aussi savoir repartir.

Francis Salagoïty, président du conseil de surveillance de l'Aviron Bayonnais inquiet, hausse le ton avant la réception de La Rochelle en Top 14

Le projet de centre de formation présenté la semaine prochaine

Ces résultats vous préoccupent au niveau du budget du club ?

On présente la semaine prochaine en Assemblée Générale le budget de la saison dernière. On est déjà contents qu’au 30 juin 2016 les comptes de l’Aviron Bayonnais ont été équilibrés, ce qui n’était pas gagné le 1er juillet 2015 (au moment de son retour, après la fusion avortée avec Biarritz, ndlr).

Le budget de cette année est bien avancé, si on fait des opérations complémentaires c’est qu’on a envie de travailler sur l’avenir, sur un projet club. On a dans nos cartons un projet de réalisation d’un centre de formation, sujet de plus en plus important si on veut essayer de rivaliser avec les grosses écuries. Il sera présenté à l’Assemblée Générale aux actionnaires du club (en attendant Francis Salagoïty n’en a pas dit plus, notamment sur où ? quand ? ni qui paierait).

Aujourd’hui, l’équilibre du budget est en cours, maintenant il faut que l’on soit encore soutenus par nos supporters, par nos partenaires, parce qu’il reste 6 mois, il y a des matchs à venir, et des recettes à rentrer.

Le tifo des supporters bayonnais dans la tribune est (ex-Afflelou) du Stade Jean-Dauger - Radio France
Le tifo des supporters bayonnais dans la tribune est (ex-Afflelou) du Stade Jean-Dauger © Radio France - Thibault Vincent

"Affluence au-delà de nos espérances"

La fréquentation n’est pas à la hauteur de ce que vous attendiez ?

Non, l’affluence est au-delà de nos espérances d’un point de vue économique. On avait fait un prévisionnel match par match et aujourd’hui à ce niveau-là nous sommes dans les clous, comme nous sommes dans les clous en matière de partenariat que ce soit local ou national

Le budget 2016-2017 ? "Aucune inquiétude"

Donc pour l’instant pas d’inquiétude quant à la possibilité de boucler ce budget 2016-2017 à l’équilibre ?

Aucune inquiétude pour cette année

Vous avez été élu en octobre dernier au comité directeur de la Ligue Nationale de Rugby (qui se réunit mercredi 14 décembre à Marseille), lequel va avoir de gros dossier potentiellement conflictuels à régler avec le nouveau président de la FFR, Bernard Laporte. Que pensez-vous de son projet de contrats fédéraux pour une mise à disposition élargie à l’équipe de France des internationaux ?

C’est une chose sur laquelle il faudra qu’on ait des explications : comment ça peut marcher ? Il y a une convention qui a été signée entre la Fédération et la Ligue au mois de juillet de l’année dernière, avec des indemnités qui étaient prévues pour les clubs qui avaient des joueurs en équipe de France avec un temps de mise à disposition de 3 ou 4 mois. On va passer à 6 mois, les indemnités ne vont pas être les mêmes donc je pense que la renégociation de cette convention est primordiale, ainsi que de la façon dont va être mis en place le calendrier.

"Il faut revoir le calendrier domestique"

Et pour l’équipe de France, c’est plutôt une bonne chose ?

A priori ça doit être une bonne chose pour l’équipe de France. Cela étant je pense qu’il faudrait aussi revoir le calendrier domestique. En ce qui me concerne ça fait un moment que je dis que le Top 14 est obsolète, parce que les équipes comme nous montent de Pro D2 en Top 14 et normalement on est voués à redescendre dans 95% des cas.

Et à l’avenir ça va être encore pire (à partir de la saison 2017-2018, le 1er de Pro D2 ne monte plus automatiquement, c’est le vainqueur de la finale qui est champion et promu, tandis que le finaliste joue un barrage contre le 13e du Top 14, ndlr). Tout ça c’est des usines à gaz qu’il faudra essayer de revoir.

Si on veut que des jeunes français jouent, ce sera possible dans le cadre d’un championnat domestique différent.

Favorable au Top 16

Top 14 obsolète ? Il faut passer au Top 12 ?

Je serai plus pour le Top 16

Francis Salagoïty, co-président de l'Aviron Bayonnais et membre du comité directeur de la LNR, est favorable au Top 16 et à une refonte du calendrier

Et les matchs professionnels le dimanche, en concurrence avec les championnats amateurs, vous pensez comme Bernard Laporte qu’il faut les remettre en cause ?

Effectivement c'est un peu idiot de les concurrencer par un match de Top 14. Le rugby amateur a toujours joué le dimanche à 15h et donc ça il faut sûrement le garder

Interview intégrale à retrouver en podcast ou dans l'onglet Club Rugby dès mardi matin