Rugby

Top 14 : le Stade Français prêt à se battre

Par Fanny Lechevestrier, France Bleu Paris Région lundi 4 janvier 2016 à 1:36

Le soulagement de Laurent Sempéré après la victoire stadiste
Le soulagement de Laurent Sempéré après la victoire stadiste - ©stade.fr/photo Stéphane Hamel

Ce fut chaud, ce fut crispant et tendu jusqu'à la dernière seconde mais au final, on retiendra que le Stade Français s'est imposé 18 à 17 face au Stade Toulousain, en match en retard de la 12e journée du Top 14. Une victoire non pour rêver mais pour reprendre espoir et surtout un peu de confiance.

Tout n'a pas été parfait, une fois de plus, loin s'en faut. A la vidéo, les Parisiens risquent même de se mordre les doigts trois fois en voyant les occasions manquées mais ce dimanche, à Jean-Bouin, l'important était ailleurs : l'essentiel résidait pour une fois seulement dans un mot, celui de victoire. Peu importe la manière, dira-t-on. On retiendra qu'au courage, avec un peu de chance peut-être aussi mais il en faut toujours, le Stade Français est allé chercher son 5e succès de la saison, sur le fil, dans les deux dernières minutes, 18 à 17 face au Stade Toulousain. Toulouse, une équipe que Paris n'avait plus battue depuis octobre 2012 et qui n'était pas montée à la capitale pour tirer les rois ou les reines à la galette. 

"Nous rassurer, non, mais cela va nous permettre de regarder l'horizon un peu plus sereinement"

Un match que les Parisiens ont abordé le visage fermé, grave, en pénétrant sur la pelouse et tout au long de la première période, la peur au ventre, tant leur jeu est apparu ankylosé, emprunté : "on a préparé ce match en pensant au résultat, ce qui n'est pas dans nos habitudes" expliquera après coup le talonneur Laurent Sempéré, avant d'ajouter "à la mi-temps, on ne se retrouve qu'à 5 points, on aurait pu être plus largués, franchement on le reconnaît. On les avait beaucoup observés, peut-être un peu craintifs. Mais on avait vraiment envie de gagner ce soir" explique le talonneur précieux encore dimanche soir, lui qui n'a toujours pas prolonger au Stade Français.  Et c'est vrai qu'avec un essai refusé pour Toulouse et une équipe d'Hugo Mola bien plus tranchante, les Parisiens s'en sortaient pas trop mal à la pause. Sanctionnés en mêlée quatre fois de suite, ils ont eu l'intelligence de faire sortir Paul Alo-Emile, évitant ainsi un carton jaune assuré et retrouvant un Rabah Slimani impérial. 

L'analyse d'après-match de Laurent Sempéré au micro FB 107.1

Résultat : une deuxième période un peu plus débridée comme si Paris n'avait finalement plus grand chose à perdre. "Notre titre? On l'a déjà perdu dès la première journée. Il n'est plus à nous, il est de nouveau en jeu" réagira ainsi Laurent Sempéré à la question d'un journaliste. Des Parisiens qui osent enfin mais qui n'arrivent pas à reprendre la marque avec de nouveau des fautes de main, des décisions arbitrales pas toujours comprises aussi (des deux côtés cependant). Il a fallu s'en remettre à un exploit individuel de l'arrière Hugo Bonneval pour enfin relancer la partie dans les vingt dernières minutes. 

"C'était un moment charnière de notre saison"

Mais même là, Paris a dû batailler, a dû souffler après un nouvel essai refusé aux Toulousains puis retenir son souffle durant de longues minutes à scruter les écrans géants du stade pour savoir si le Parisien Paul Williams, en bout de ligne, avait bel et bien marqué. Honnêtement, personne n'en était certain dimanche soir, dans les travées de Jean-Bouin mais on dit aussi, même si ce n'est pas très rougby, que la chance sourit aux audacieux... Et le centre Jonathan Danty d'avouer "on a vraiment eu peur jusqu'au bout mais une belle équipe de Toulouse. Voilà, ce n'est pas la plus belle victoire qu'on aura, enfin j'espère...tout n'a pas pas été parfait loin de là mais comme je le disais, c'était un moment charnière de notre saison, c'était soit on passait dans le positif soit vraiment dans le négatif et on jouait la relégation". 

Le sourire de Jonathan Danty au micro FB 107.1

_"On était très très crispé. Ca va nous faire beaucoup de bien pour la suite"

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La suite? Pas vraiment un long fleuve tranquille. En tout cas, rien ne le garantit pour un champion toujours en quête de son jeu. "En première période, on était très très crispé, paralysé par l'enjeu. Il n'y avait pas de manque d'engagement" explique l'entraîneur Gonzalo Quesada soulagé : "la réalité, c'est qu'on a ces 4 points et que ça va nous faire beaucoup de bien pour la suite. Ca va nous enlever cette espèce d'épée et petit à petit, cela va peut-être nous permettre de nous libérer et pendant un mois au moins, on va jouer sans cette notion de défaite interdite!

Le soulagement très contenu de Gonzalo Quesada au micro FB 107.1

Et c'est le coeur léger, le sourire aux lèvres, que le demi d'ouverture parisien Jules Plisson pouvait jouer les capitaines de soirée dimanche, sorte de Sam de luxe, pour accompagner Parisiens et Toulousains sélectionnés en équipe de France par Guy Novès. Un rôle que l'ouvreur international prenait très à coeur, rameutant ses camarades tricolores pour aller passer la nuit à Marcoussis, le centre d'entraînement des Bleus. 

Quant au classement, Paris pointe ce lundi à la 11e place du Top 14, huit points devant le premier relégable mais encore à dix longueurs de la sixième place. Autrement dit, si la route est droite, la pente est encore forte pour le Stade Français.

Les blessés : Antoine Burban forfait après une pointe aux adducteurs lors du team run (crainte d'une petite déchirure selon Gonzalo Quesada). Jérémy Sinzelle a pris deux grosses béquilles et souffrait du dos, il portait aussi les stigmates du match avec un nez rouge et bleu et un oeil touché. Touché également à la jambe Djibril Camara, au terme d'un match qualifié de âpre par tous.

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