Rugby

Top 14/Stade Français : "On joue le maintien" déclare Gonzalo Quesada

Par Fanny Lechevestrier, France Bleu Paris dimanche 13 septembre 2015 à 0:50

L'inquiétude et le désarroi de Gonzalo Quesada, l'entraîneur du Stade Français
L'inquiétude et le désarroi de Gonzalo Quesada, l'entraîneur du Stade Français - @stade.fr

Fin du bloc de quatre matches pré-Coupe du monde dans le championnat de France de rugby et l'inquiétude pour le Stade Français, encore corrigé samedi, à Montpellier, 44 à 20. Bilan du champion en titre? 4 matches, une seule victoire et déjà six points de retard sur le sixième.

Coupe du monde ou pas, Internationaux absents ou pas, blessés en masse ou pas, reste aujourd'hui le concret et des chiffres inquiétants pour le Stade Français avant une pause d'un mois.  Quatre matches, une seule victoire face au promu Pau, une dernière place au classement, six points de retard déjà sur le 6e, voici le bilan comptable du champion de France aujourd'hui, à l'issue de la 4e journée du Top 14. Un parcours qui forcément commence à inquiéter, surtout après la nouvelle correction reçue samedi soir à Montpellier, 44 à 20 et la bagatelle de six essais encaissés, essais pris sur des interceptions inhabituelles, des trous d'air en défense rarement vus à Paris.

"Aujourd'hui, on joue le maintien et on va tout faire pour essayer de rester en Top 14" - Gonzalo Quesada

Il n'y avait qu'à voir les visages des joueurs à leur sortie des vestiaires, ce samedi, des mines fermées, parfois les yeux rivés sur le sol pour être sûr de ne pas croiser un journaliste, parfois le regard dans le vide, pour comprendre l'abattement qui touche l'équipe après cette troisième défaite de la saison. Et quand joueurs ou staff accepte de vous parler, un mot revient en boucle : maintien. C'est Gonzalo Quesada, l'entraîneur du Stade Français, qui le premier l'a prononcé. Pour lui, pas de doute, c'est désormais certain, son équipe va se battre pour sauver sa peau dans l'élite, les phases finales sont déjà loin. "On a été impuissant. On démarre bien le match en respectant les consignes. Mais le constat, c'est qu'on n'a pas été au niveau. (...) L'objectif maintenant c'est le maintien, et ce n'est pas qu'une phrase, je l'ai dit en mars-avril. Il y a des conditions qui font qu'on se retrouve comme ça. On va essayer de s'en sortir" explique l'entraîneur parisien, égratignant au passage le calendrier et les Internationaux absents la moitié de la saison, avant d'ajouter, désabusé, "Je crois que peut-être on aurait pu mettre un peu plus de combat, certainement, on aurait pu être un peu plus agressif, certainement. Il faut qu'on trouve la solution pour Castres. (...) Evidemment, moi, je ne pars pas en vacances, je vais rester pour essayer d'analyser, je suis le premier responsable, je vais prendre mes responsabilités pour trouver des solutions".

Le dépit de Gonzalo Quesada au micro de France Bleu 107.1

Le maintien? Gonzalo Quesada tente-t-il de piquer ses joueurs une dernière fois ou en est-il complètement convaincu? Le pire, c'est que la mêlée stadiste a tenu ce samedi. Paris a également montré que quand il ne balançait pas le ballon au pied, il posait des soucis aux Héraultais. Mais ce qui est certain et intangible aujourd'hui, c'est que les premières places semblent loin, très loin. Si Paris ne compte que 4 points, Clermont en a déjà 17.

"Prendre 40 points, il y a un sentiment de honte. J'espère que c'est pareil pour tout le monde" - Julien Dupuy

Frustration et dépit aussi du côté du demi de mêlée Julien Dupuy : "On est dans le dur en ce moment parce qu'on n'est pas bon tout simplement pour diverses raisons! J'espère que tout le monde est déçu de ce match sinon cela ne sert à rien de mettre un maillot et de rentrer sur un terrain. Même moi, pour ma 14e saison, prendre 40 points, il y a un sentiment de honte et j'espère que c'est pour tout le monde pareil" avant d'ajouter, un brin bravache, ""pour l'instant, on joue le maintien. On va voir si on est une bonne, une grande équipe. Tant mieux si on n'est pas très bien comme ça, on ne parle pas trop de nous et on va continuer notre petit bonhomme de chemin. Nous, on sait où on veut aller, on sait ce qui se passe. Après, on va laisser les gens parler comme ils savent si bien le faire."

La réaction de Julien Dupuy au micro de France Bleu 107.1

"On ne se reconnaît pas. C'est pas nous. Aujourd'hui, on ne s'envoie pas autant que les années précédentes" -Jules Plisson

Rest que si personne ne doute du talent de l'équipe parisienne, il manque aujourd'hui des ingrédients qui ont fait et font la force du Stade Français : la totalité des joueurs qui se battent comme des morts de faim sur chaque ballon, qui se jettent pour venir en aide à leur coéquipier. Le demi d'ouverture Jules Plisson, qui a un peu abusé, dans le vent, du jeu au pied samedi soir, l'admet en partie : "on ne se reconnaît pas. On donne trop d'essais facilement. On mérite notre 14e place aujourd'hui. Si on est un grand club et qu'on prétend jouer les phases finales chaque saison, on ne peut pas jouer comme ça. Notre état d'esprit, notre combativité, aujourd'hui, on ne s'envoie pas comme les années précédentes".

La réaction de Jules Plisson au micro de France Bleu 107.1

Etat d'esprit, combativité, en coulisse, on commence à pointer du doigt le manque d'investissement de quelques joueurs et ce ne sont pas les jeunes ou les moins expérimentés qui sont visés. On notera d'ailleurs encore l'engagement d'un Paul Gabrillagues ou la bonne rentrée du jeune Giorgi Melikidze. Certains ont sans doute perdu gros sur ce premier bloc de quatre matches. Un deuxième de 16 rencontres arrive pour se relancer, car le talent, c'est comme le ski, ça ne s'oublie pas.

Les joueurs bénéficient maintenant d'une semaine off, une semaine de vacances. Suivront trois semaines d'entraînement et de préparation avant la réception de Castres, le week-end du 16 octobre.