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Top 14 : "Tant que j’aurai les clés du camion…", Vincent Etcheto se livre après la déroute de l’Aviron

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Par , France Bleu Pays Basque
Toulon, France

Dès le coup de sifflet scellant l’humiliation historique des Bayonnais à Toulon (82-14) lors de la 20e journée, le manager de l’Aviron a pris le temps de se livrer, sans colère ni langue de bois, avant de rejoindre ses joueurs. Le président, Francis Salagoïty a lui refusé de s’exprimer sur l'avenir.

Vincent Etcheto, le manager de l'Aviron Bayonnais, face à la presse à Jean-Dauger
Vincent Etcheto, le manager de l'Aviron Bayonnais, face à la presse à Jean-Dauger © Radio France - Thibault Vincent

Vincent Etcheto livre, sans colère, ses vérités et ses attentes après la débâcle de l'Aviron à Toulon

France Bleu Pays Basque : Quel est votre sentiment après une telle défaite ?

Vincent Etcheto : Des fois tu peux râler un peu, même si le premier essai je pense qu’il y a un petit passage à vide… mais comme il y en a eu 11 (essais) derrière je vais pas en parler. J’ai jamais tapé sur mes joueurs ni sur mon staff. On dit que j’attire les micros, la presse, je râle après les arbitres, je bataille… parce que je veux protéger. Je veux protéger mon staff, mon groupe.

Mais aujourd’hui on est battus sur la défense, on est battus sur la conquête, on est broyés en mêlée… ridicules sur la touche ! On est battus.

Battus et abattus ?

Abattus non, parce que la semaine dernière (contre Pau, ndlr) on était correct en mêlée et on a été très bons sur la touche. Mais aujourd’hui il y a ce constat-là, il y a qu’on a pas de constance.

"Je veux bien tout prendre sur la gueule"

Le staff est remis en question, et je suis dedans, les joueurs sont remis en question, parce qu’ils sont bons la semaine dernière, mais cette constance on doit la chercher, et pour cela on doit trouver ce qui ne va pas, dans le staff.

Je veux bien tout prendre sur la gueule, comme d’habitude, je m’en fous. Franchement, je l’assume jusqu’au bout, c’est mon rôle.

"Je me remets en question"

Vous dites je veux bien prendre. Vous vous remettez en question ? Ça vous ébranle ?

Mais bien sûr que je me remets en question ! Ceux qui croient que je n’en ai rien à foutre… bien sûr que je me remets en question, bien sûr que c’est humiliant. En tant que joueur ou entraineur je n’ai jamais pris 80 points… c’est très dur.

"J’ai mal pour le club, pour les supporters"

Bien sûr qu’on se remet en question, on n’est pas débiles. Ça fait mal au cœur, ça fait mal au club. J’ai mal pour le club, j’ai mal pour les supporters.

On est pas invités. Quand on voit Bastareaud… j’appelle tous les supporters de l’Aviron à venir essayer de le plaquer. C’est dur, c’est dur. Même Gabi Lovobalavu, qui est irréprochable, a craqué sur un 1 contre 1 (le centre bayonnais s’est retrouvé sur les fesses sur l’essai de son surpuissant vis-à-vis toulonnais, ndlr)…

Bien sûr que c’est difficile. Et je souffre, je souffre pour les joueurs, je souffre pour mon staff, et le président… bien sûr que j’ai mal. Mais après… je suis obligé de continuer

"Je vais pas m’envoler au moindre coup de vent"

Justement comment on continue maintenant ?

Parce qu’on est passionnés, parce que l’on croit à ce que l’on fait, parce que je ne suis pas un fétu de paille, je ne vais pas m’envoler au moindre coup de vent.

J’ai une grande gueule, ça ne plaît pas, ou ça plaît de temps en temps… je m’en fous. J’ai chargé avec les arbitres, et d’ailleurs je ferai appel (de sa suspension mercredi 8 mars, à 10 semaines d’interdiction de banc de touche et de vestiaire d’arbitre, suite au match contre Clermont) parce que j’ai chargé injustement, des fois je mérite des claques mais là je ne les méritais pas, mais aujourd’hui je ne vais pas râler après l’arbitre, y a rien à dire.

Vous vous dites quoi ? Il faut préparer le prochain match, rebondir et oublier celui-là ? Ou est-ce qu’on prépare déjà la saison prochaine ?

Celui-là tu ne l’oublies pas. Après gueuler à la mi-temps, taper dans une glacière, ça aurait changé quoi aujourd’hui ? Pour certains ça marche, mais là non.

"Se dire : qu’est-ce qu’il nous manque ?"

C’est parler de fierté aux joueurs, d’honneur, de se mesurer à ce qui se fait de mieux quand même dans le rugby actuel… et c’est dur, c’est dur.

Après au-dessus de ce constat sportif, au-dessus du constat de mon management, de la façon dont on travaille et dont je gère mon staff, c’est se dire qu’est qu’il nous manque ? C’est faire un constat froid et lucide, « pourquoi on y arrive pas ? »

C’est constat par rapport aux joueurs, par rapport à la façon dont on les fait travailler etc… On se remet en question tous les jours.

"On continue jusqu’au jour où on nous dit « c’est plus toi qui conduis »"

Quand on fait le match que l’on fait contre Pau la semaine dernière (25-25), j’ai pas l’impression que l’on soit à des années lumières de ce que font les Palois avec 10 millions de plus que nous, avec 3 ou 4 All Blacks dans leur équipe…

On continue, et on ne lâche pas, jusqu’au jour où on nous enlève les clés du camion et on nous dit c’est plus toi qui conduit. Pour l’instant je les ais, mon permis est valide et je vais jusqu’au bout

Francis Salagoïty (à gauche) aux côtés du directeur sportif Nicolas Morlaes (au centre) et de Christian Devèze, président du directoire, lors de la présentation du projet 2016-17 de l'Aviron Bayonnais
Francis Salagoïty (à gauche) aux côtés du directeur sportif Nicolas Morlaes (au centre) et de Christian Devèze, président du directoire, lors de la présentation du projet 2016-17 de l'Aviron Bayonnais © Radio France - Thibault Vincent

Vous nous disiez il n’y a pas longtemps « on va repartir avec les mêmes », est-ce que c’est toujours votre conviction après ce match ?

Je connais mes joueurs. Je connais à peu près ceux qui resteront. J’aimerai connaître (le sort de) ceux dont j’aimerai qu’ils restent, il y en a beaucoup que j’aimerai garder mais ça ne dépend plus de moi, c’est un aspect financier, contractuel que ça vienne du joueur ou du club.

"Avec ce groupe je sais quel rôle on pourra jouer en Pro D2"

Il y a des négociations qui vont commencer et ce n’est pas moi qui négocie les contrats des joueurs, ce n’est pas mon rôle et je n’en veux pas.

Mais vous êtes toujours persuadé que vous pouvez avancer avec ce groupe là...

Avec le groupe qu’il y a là, je sais très bien quel rôle on pourra jouer sur la Pro D2. Je sais très bien ce que j’ai fait l’an dernier – je dis ce que j’ai fait parce que cette année je prends tout sur la gueule, donc l’an dernier je vais le prendre aussi pour moi – avec un staff jeune (Dewald Sénékal et Simone Santa Maria ses adjoints, ndlr) qui n’avait jamais entraîné à ce niveau-là.

"Les entraineurs ont été des kleenex dans ce club"

L’an dernier ça a été de l’euphorie, ça a été un coup de chance, là cette année c’est ou de l’incapacité ou de la malchance, il y a un peu de faiblesse de notre part cette année.

On va construire. Je connais les joueurs, je connais ce club, je sais nos manques, à tous les niveaux : au niveau de la formation, au niveau de l’environnement… Les entraineurs ont été des kleenex beaucoup dans ce club, on les a utilisés et jetés à tort ou à raison.

Moi on m’utilise et on me jettera à tort ou à raison, par contre tant que je suis aux commandes, tant que j’ai les clés du camion, je ne lâcherai pas. Je sais ce que j’aimerai faire avec cette équipe. Il y a des choix sportifs que je tiendrai et je garderai mon cap, et après il y a des choix extra sportifs et ceux-là je ne les maitrise pas. Je fais confiance aux gens qui décident.

Une réflexion sur le renforcement du staff ?

Vous aimeriez repartir avec le même staff également ?

Oui

Vous ne voulez pas le renforcer, avec de l’expérience ?

Ca on va y réfléchir. Je vais y réfléchir, parce que si on veut renforcer le staff sportif, bien sûr que je déciderai, et on acceptera ou non mes conditions. Je sais comment je veux travailler.

J’ai connu des staffs, et je vois des staffs avec beaucoup de monde, avec beaucoup de compétences, qui ne fonctionnent pas forcément très bien. Il y a un équilibre à trouver. Quand je dis que je déciderai, bien sûr que je donnerai mon avis et c’est Francis (Salagoïty) et Christian Devèze, les présidents, qui décident.

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