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Top 14 - UBB : Laurent Marti veut refermer "le chapitre des dix ans"

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Par , France Bleu Gironde

Le président de l'Union Bordeaux-Bègles reconnaît que le club, qui a sans doute moins bien travaillé dernièrement, a besoin de changer son état d'esprit en profondeur s'il espère un jour voir plus grand dans un Top 14 de plus en plus concurrentiel. Entretien.

Laurent Marti a commencé à fixer un nouveau cap.
Laurent Marti a commencé à fixer un nouveau cap. © Radio France - Justine Hamon

France Bleu : Au delà de vos critiques sur l'arbitrage, y a-t-il une satisfaction d'avoir vu vos joueurs ne rien lâcher à La Rochelle ?

Laurent Marti : Non parce que c'est le minimum syndical. On n'a pas le droit de finir en roue libre quoi qu'il arrive et il n'y avait pas intérêt à voir des joueurs finir en roue libre parce que ça ne se serait pas bien passé.

L'UBB se dirige-t-elle vers une saison sans Champions Cup ?
L'UBB se dirige-t-elle vers une saison sans Champions Cup ? © Radio France - Justine Hamon

A trois journées de la fin, l'UBB peut terminer 5ème mais aussi 12ème. Ça laisse des regrets après toutes ces occasions manquées ?

Oui complètement. C'est quand même hallucinant mais ça prouve que ce Top 14 a été tiré par le haut, le niveau monte, il est ultra tendu chaque weekend. Qui pouvait penser que Brive irait gagner à Clermont, que Lyon irait gagner à Castres ? J'avais dit qu'il y aurait des surprises jusqu'au bout, on y est et il y en aura encore certainement. Mais j'espère qu'on ne va pas retomber dans les travers d'il y a deux ou trois ans, c'est à dire privilégier les équipes qui jouent peu au rugby, qui trichent, qui agressent.

On a pensé à un moment donné qu'en basant tout sur l'amusement on y arriverait. Mais non. Ça a peut-être été possible à une période surtout quand Talebula marchait sur l'eau et qu'il était le meilleur ailier du monde. Progressivement, ça s'est durci partout donc il faut qu'on oublie cet héritage et qu'on change l'état d'esprit profond de ce club. Le Top 14, si on veut y jouer, si on veut y gagner, il faut accepter de se faire mal toute la semaine et tous les weekends sans exception et pour moi le plaisir vient quand tu as travaillé dur et que tu as gagné. Le reste c'est du cinéma.

Créer une grosse surprise à l'extérieur, c'est peut-être ce qui vous a manqué cette saison ?

Oui, exactement. Durant cet hiver, on a manqué un peu de tout, surtout d'agressivité et d'envie. Ça nous a certainement coûté deux défaites et, avec deux défaites de moins, on serait en haut du tableau. Il est évident qu'on a des choses à remettre en question en interne et on a commencé à le faire.

Le promu lyonnais, symbole d'un Top14 où chacun peut saisir sa chance.
Le promu lyonnais, symbole d'un Top14 où chacun peut saisir sa chance. © Radio France - Justine Hamon

Samedi vous avez parlé de Club Med, ça veut dire que l'UBB a moins bien travaillé ?

Il faut faire très attention à l'interprétation de ces propos parce que ce n'est pas forcément dans la période la plus proche que j'ai envie de parler de Club Med mais c'est plutôt un héritage Club Med. On a pensé à un moment donné qu'en basant tout sur l'amusement on y arriverait. Mais non. Ça a peut-être été possible à une période surtout quand Talebula marchait sur l'eau et qu'il était le meilleur ailier du monde. Progressivement, ça s'est durci partout, ça s'est renforcé partout, ça travaille bien dans tous les clubs donc il faut qu'on oublie cet héritage et qu'on change l'état d'esprit profond de ce club. C'est ce qu'on essaie de faire depuis trois ans mais ça prend un petit peu de temps et manifestement il va falloir passer la vitesse supérieure pour qu'on comprenne tous que le Top 14 c'est comme ça. Si on veut y jouer, si on veut y gagner, il faut accepter de se faire mal toute la semaine et tous les weekends sans exception et pour moi le plaisir vient quand tu as travaillé dur et que tu as gagné. Le reste c'est du cinéma.

L'UBB ne trouve plus ce petit supplément d'âme ?

Par moments, on s'est cherché, par moments on n'a pas appliqué la bonne stratégie, par moments on a mal travaillé, on n'a pas été assez efficace devant, derrière...Et puis aussi peut-être qu'on attendait plus de certains joueurs et que ça ne s'est pas passé comme on l'espérait. On a tout connu cette année mais, encore une fois, ce Top 14 n'est pas évident. A part La Rochelle, il y a peu d'équipes qui vont très bien. On est tous à peu près au même niveau.

Je m'inclue dans les résultats moins bons qu'espérés cette année. Mais il ne faut surtout pas s'affoler, c'est le mot d'ordre. Recruter pour recruter, c'est la pire des conneries. Quant au staff, il faut prendre son temps et bien réfléchir.

Avec les départs d'Ibanez, NTamack et Reihana, vous allez devoir recomposer un staff technique...

Oui et ça c'est ma responsabilité. S'ils ne sont pas bons c'est que je me suis trompé. Ce n'est pas toujours la faute des autres, je m'inclue dans les résultats moins bons qu'espérés cette année. Mais il ne faut surtout pas s'affoler, c'est le mot d'ordre. Recruter pour recruter, c'est la pire des conneries. Quant au staff, il faut prendre son temps et bien réfléchir.

Jacques Brunel restera à la tête du sportif la saison prochaine. Mais avec qui à ses côtés ?
Jacques Brunel restera à la tête du sportif la saison prochaine. Mais avec qui à ses côtés ? © Radio France - Justine Hamon

Le choix de maintenir Jacques Brunel était-il une évidence ?

Oui. Pourquoi aller chercher ailleurs ce qu'on a à la maison ? Jacques est quelqu'un d'expérience, quelqu'un de motivé qui a envie de réussir un coup à l'UBB. Donc appuyons nous sur lui et mettons autour les meilleurs entraîneurs possibles.

Il me semble que l'UBB, avec moins de moyens que les autres, a continué à faire un recrutement plutôt pertinent. Donc je laisse parler et on verra où nous serons dans deux ou trois ans. En fonction des moyens, car on ne peut pas faire de miracles.

Que répondez vous à ceux qui s'inquiètent de votre recrutement pour la saison prochaine ?

On a eu trois recrues phares l'année dernière, Ian Madigan, Luke Jones et Vadim Cobilas. Il me semble qu'il y en a deux qui sont des révélations, d'excellents joueurs de Top 14 que tout le monde voudrait. Ça s'est moins bien passé avec Ian Madigan, c'est vrai. On verra si ça se passe bien pour lui ailleurs. Sur le recrutement, on ne fait jamais 100% et il me semble que l'UBB, avec moins de moyens que les autres, a continué à faire un recrutement plutôt pertinent. Donc je laisse parler et on verra où nous serons dans deux ou trois ans. En fonction des moyens, car on ne peut pas faire de miracles. A un moment donné, et je vais en parler lors de la réunion de la Ligue mardi, il y a une question qui se pose. Est-ce qu'on se décide une bonne fois pour toutes à appliquer les mêmes règles pour tout le monde. Ou pas. Prenons des mesures très fortes et on s'évitera plein de problèmes dans le rugby français.

Un recrutement malin (Jones), des jeunes qui s'affirment (Cazeaux), deux pistes à creuser pour Laurent Marti.
Un recrutement malin (Jones), des jeunes qui s'affirment (Cazeaux), deux pistes à creuser pour Laurent Marti. © Radio France - Justine Hamon

Est-ce qu'on peut parler de nouveau chapitre à l'UBB ?

Oui et j'ai même envie de dire, le chapitre des dix ans, celui qui nous a amenés du fin fond de la Pro D2 jusqu'à la Champions Cup et celui qui nous fait comprendre aujourd'hui qu'il faut voir les choses un peu différemment si on veut espérer aller plus haut. Mais encore une fois, heureusement qu'il y a deux équipes qui se portaient moins bien cette année. A ce rythme là, dans deux ans, on démarrera le Top 14 avec deux ou trois grosse écuries mais sans savoir ce qui va se passer derrière. C'est super pour la beauté du sport et le suspense mais ça voudra dire qu'aucun club ne sera à l'abri d'un accident.

La motivation est là, j'ai un objectif personnel, j'espère que nous l'atteindrons. Mais la motivation vient aussi des partenaires et du public. Si un jour on sent qu'on est lâché, alors peut-être qu'on n'aura plus envie de se pourrir la vie au quotidien parce que c'est quand même très très lourd à porter.

L'UBB va devoir apprendre la patience ?

En dix ans, on a construit un club très solide qui s'appuie sur plus de 500 partenaires, qui s'appuie sur des résultats extraordinaires et uniques chez les jeunes où personne ne fait aussi bien. S'il y en a un qui passe après moi bientôt, il trouvera un club dans une santé que je suis loin d'avoir trouvée.

Le public de Chaban-Delmas peut-il perdre son enthousiasme ?
Le public de Chaban-Delmas peut-il perdre son enthousiasme ? © Radio France - Justine Hamon

A titre personnel, la motivation est-elle toujours intacte ?

La motivation est là, j'ai un objectif personnel, j'espère que nous l'atteindrons. Mais la motivation vient aussi des partenaires et du public. Si un jour on sent qu'on est lâché, alors peut-être qu'on n'aura plus envie de se pourrir la vie au quotidien parce que c'est quand même très très lourd à porter.

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