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Dossier : Coronavirus Covid-19

Top 14 - UBB : "On nous dit qu’il faut enlever les portes pour ne pas que les joueurs touchent les poignées"

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Par , France Bleu Gironde

Alors que son club, leader du Top 14 avant l’épidémie, réalisait la meilleure saison de sa jeune histoire, le président de l’UBB s’est fait une raison. Les contraintes sanitaires devraient mettre fin au championnat et pourraient même menacer le suivant.

Pour Laurent Marti, les conditions sanitaires imposées sont aujourd'hui incompatibles avec la pratique du rugby.
Pour Laurent Marti, les conditions sanitaires imposées sont aujourd'hui incompatibles avec la pratique du rugby. © Radio France - Justine Hamon

France Bleu : Croyez-vous encore à une possibilité de terminer le Top 14 ?

Laurent Marti : C’est de plus en plus compromis. On a tous très vite compris que c’était fini. Les phases finales à huit, dossier que j’ai défendu même si elles n’arrangeaient pas l’UBB qui allait directement en demi-finale vu son avance au classement, c’est du passé maintenant. Aujourd’hui on en est tout simplement à se demander comment sortir d’abord de cette crise du Covid, comment ensuite reprendre l’économie et enfin comment reprendre le rugby.

Même lors de la deuxième quinzaine d’août ?

On a eu un rapport médical il y a une dizaine de jours qui nous a bien refroidis. Et qui nous a fait comprendre à quel point reprendre le rugby tout en préservant la santé des joueurs demandait des opérations ultra contraignantes, fastidieuses et sous-entendait qu’on puisse les tester tous les jours. On parlera de rugby si les conditions sanitaires sont réunies. Et manifestement elles ne le sont pas aujourd’hui.

J’ai du mal à imaginer que fin septembre, à la fin de l’été et des vacances, on nous dise qu’on peut remplir les stades. Si on va à huis clos jusqu’à la fin de la saison, s’il n’y a pas d’accompagnement, je ne vois pas de clubs qui pourraient s’en sortir.

En quoi alors ce sera différent début septembre pour la reprise prévue du prochain Top 14 ?

Aucune différence, je suis d’accord avec vous. C’est comme ceux qui veulent tuer les phases finales de Top 14 mais veulent bien jouer celles de coupe d’Europe parce que ça les arrange. On a vécu de grands moments de malhonnêteté intellectuelle. C’est pour ça que je me suis battu au début parce que ça m’a mis en colère de voir que certains voulaient profiter de la situation pour foutre en l’air cette saison alors qu’on n’était pas encore certain à l’époque de ne pas pouvoir la finir. 

Avez-vous établi à l’UBB un calendrier et un plan de reprise d’entraînement ?

Les médecins nous ont présenté un rapport où on redémarrait à partir du 11 mai. Quand je lis les conditions imposées, pour moi elles ne sont pas applicables. Quand on nous dit qu’il faut enlever les portes pour ne pas que les joueurs touchent les poignées… Tout le monde sait ce qu’est un entraînement de rugby. C’est complètement impossible.

Les pertes de l'UBB, comme celles des autres clubs de Top 14, se chiffrent déjà en millions d'euros.
Les pertes de l'UBB, comme celles des autres clubs de Top 14, se chiffrent déjà en millions d'euros. © Radio France - Justine Hamon

Quelle est la situation contractuelle des joueurs et que va-t-elle devenir si la crise sanitaire perdure ?

La première question c’est comment on finit cette saison sur le plan économique puisque aujourd’hui il n’y a plus de rentrées d’argent et que, même s’il y a une exonération de charges avec le chômage partiel, il faut quand même payer les joueurs. Et on les paie à 84% du salaire net. Si à partir du 11 mai on nous dit de reprendre, sans avoir de chômage partiel, mais qu’on ne peut pas les entraîner et qu’on sait qu’il n’y a pas de compétition…Je ne vois pas comment on peut s’en sortir sans le chômage partiel. Après la fin juin, la grande interrogation, c’est qu’on a l’air de nous dire que les compétitions se feront à huis clos a minima jusqu’en septembre. J’ai du mal à imaginer que fin septembre, à la fin de l’été et des vacances, on nous dise qu’on peut remplir les stades. Si on va à huis clos jusqu’à la fin de la saison, s’il n’y a pas d’accompagnement, je ne vois pas de clubs qui pourraient s’en sortir. 

Financièrement, on a déjà travaillé tous les scénarios. Ils sont tellement dramatiques et catastrophiques qu’on va les garder pour nous.

Avez-vous commencé à chiffrer vos pertes ?

Financièrement, on a déjà travaillé tous les scénarios. Ils sont tellement dramatiques et catastrophiques qu’on va les garder pour nous. Ce n’est pas compliqué à calculer. Il n’y a plus de recettes, en dehors des droits télé qui représentent entre 10 et 20% des budgets, donc ça se chiffre en millions d’euros pour tous les clubs.

Vous attendez des indicateurs lors des annonces que va faire Edouard Philippe ce mardi ?

Normalement, elles vont nous en donner sauf qu’on voit bien que le gouvernement ne se soucie pas du sport, il se soucie de la santé des gens et de savoir s’ils auront un travail demain. On a tous assez de recul pour le comprendre. Peut-être qu’on ira chercher des informations qui peuvent s’appliquer par exemple au remplissage des stades. Pour le reste, on attend plus du côté de notre ministre des sports, de ce qu’elle obtient de concret sport par sport. Le danger pour le rugby serait que le gouvernement ne raisonne qu’à travers le football professionnel. Or ce ne sont pas les mêmes droits télé, pas les mêmes salaires, pas la même économie. On doit faire entendre la voix du rugby et celle des autres sports collectifs. 

Le plus dur, c’est l’absence totale de visibilité ?

On est tous complètement dans le brouillard et puis on a cette épée de Damoclès. Si on redémarre, la bonne nouvelle c’est que la crise sanitaire sera peut-être derrière nous. C’est ça le plus important. Mais si on redémarre dans des conditions particulières pour se préserver d’une deuxième vague et qu’on est à huis clos. Le rugby à huis clos, ce n’est pas pareil… On a beaucoup de problématiques devant nous.

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