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Top 14 - UBB : "Si tu es prétentieux, tu n'y arrives pas" estime Laurent Marti

Par Arnaud Carré, France Bleu Gironde lundi 11 janvier 2016 à 7:00

Laurent Marti rêve toujours du Brennus.
Laurent Marti rêve toujours du Brennus. © Maxppp

Lors de sa traditionnelle cérémonie des vœux, le président a rappelé son souhait de voir les progrès de l'Union Bordeaux-Bègles récompensés par une première qualification pour les phases finales du championnat. Entretien avec un président ambitieux mais lucide.

France Bleu Gironde : A l’aube de cette année 2016, quel est votre objectif ?

Notre rêve absolu, c’est vraiment de finir dans les six premiers du Top 14 et de goûter aux phases finales. On l’impression d’être plus solides mais la compétition est peut-être plus acharnée que l’année dernier où Castres et Montpellier étaient en retrait. On est quand même neuf à vouloir la place.

Ne pas terminer dans les six serait une déception ?

Oui parce qu’on fait partie des clubs qui ne se cachent pas. Avec 21 millions d’euros cette saison, on est derrière les six gros au niveau de Castres et Grenoble. Mais on a dit qu’on espérait entrer dans les six comme lorsqu’on était en Pro D2 avec le 9ème budget et qu’on disait qu’on rêvait du Top 14. C’est pas parce qu’on est ambitieux qu’on est prétentieux et je connais assez le rugby pour savoir que si tu es prétentieux tu n’y arrives pas.

Régis Sonnes est celui qui nous a fait le plus progresser sur ces trois dernières années. C'est un travailleur de l'ombre qui abat un boulot considérable.

Depuis le début de saison, quel palier avez-vous franchi ?

Le gros palier pour moi, c’est le travail du staff qui réussit à faire travailler 40 joueurs. Raphaël (Ibanez, NDLR), Emile (Ntamack, NDLR) qui n’avait pas encore connu le Top 14 et Régis (Sonnes, NDLR) qui est celui qui nous a le plus fait progresser sur ces trois dernières années. C’est un travailleur de l’ombre qui abat un boulot considérable et aujourd’hui l’UBB a des statistiques au niveau des avants parmi les meilleures du Top 14. Et puis on avait pour objectif de faire évoluer les mentalités dans le club. On avait des garçons ultra généreux portés sur l’offensive mais qui parfois se disaient qu’ils étaient la petite équipe sympathique et qu’il n’était pas illogique de perdre. Il nous manquait le petit pourcentage qui fait basculer les matches parce que tu refuses la défaite. Il me semble qu’on a franchi un palier à ce niveau là.

Où en est la recherche du successeur de Régis Sonnes ?

On a avancé. On a pris une décision, celle d’attendre jusqu’au mois d’avril. Quand Régis nous a annoncé son départ, on a passé deux mois à essayer de la faire change d’avis. Il n’a pas voulu. Après on a voulu prendre Marc Dal Maso qui faisait l’unanimité. Marc a fait un autre choix. Et depuis on n’a pas de concurrent évident. J’ai une quinzaine de CV sur la table avec des gens de qualité et des pistes étrangères. On ne veut pas se précipiter. On va analyser l’évolution de l’équipe, les points à travailler pour faire coller l’entraîneur à ce diagnostic.

Le 14 février, l'UBB investira le Matmut Atlantique face à Toulon. - Radio France
Le 14 février, l'UBB investira le Matmut Atlantique face à Toulon. © Radio France

Pourrait-il y avoir deux entraîneurs des avants, un pour la mêlée et un pour la touche ?

Ce pourrait être une option. Dans ce rugby de plus en plus spécialisé, on pourrait aller vers une promotion interne. Ou choisir de lancer quelqu’un comme on l’a souvent fait. Des gens dont on sait qu’ils ont une spécificité, un point fort et travailler avec deux entraîneurs des avants. Pour peu qu’ils soient copains et que Raph le valide, c’est une option. Ce pourrait être des anciens de l’UBB… ou pas.

Comment réagissez-vous à la pétition lancée par les supporters en faveur de Hugh Chalmers ?

(sourire) C’est bien. On est un club humain et on le restera. Nous voulons garder Hugh Chalmers. C’est un excellent joueur, peut-être le meilleur contreur en touche du Top 14 et nous avons besoin de lui. Mais la règle veut que l’on ne peut avoir que seize non-JIFF (joueurs issus de la formation française). Actuellement, avec les recrues que vous ne connaissez pas encore à des postes stratégiques, nous avons quasiment atteint ce quota. Et, manque de bol, en troisième ligne aile, il y a des solutions en JIFF, ce qui est beaucoup moins le cas en pilier droit ou en seconde ligne. Mais on veut tellement garder Hugh qu'on a trouvé une solution en prolongeant Jean-Baptiste Poux d'une saison. Du coup, on économise une place de joueur non JIFF et on a pu lui faire une proposition."

Il n'y aura pas de stars à moins d'une opportunité incroyable. On vise plutôt des postes très ciblés avec des joueurs à très fort potentiel mais qui ne sont pas forcément connus du grand public.

Après Madigan, Ashley-Cooper et Kepu, peut-on attendre d’autres stars internationales ?

Je ne pense pas, à moins d’une opportunité incroyable. On vise plutôt des postes très ciblés avec des joueurs à très fort potentiel mais qui ne sont pas forcément connus du grand public. On a d'ailleurs recruté Vadim Cobilas, un pilier de mêlée (ndlr : un Moldave de 32 ans qui évolue à Sale), costaud, courageux en défense avec de bonnes mains.

Concernant le stade, le projet de rénovation de Chaban vous convient ?

J’y suis à fond favorable. Je ne voulais pas moins de 25.000 places, on y est. Nos partenaires auront un espace réceptif alors qu’ils sont aujourd’hui sur quatre sites différents. Et tout ce qui va être construit autour de Chaban est tellement fantastique que les supporters pourront en profiter les jours de match.