Rugby

XV de France : le match Machenaud - Serin vu par Guy Accoceberry

Par Arnaud Carré, France Bleu Gironde et France Bleu vendredi 11 novembre 2016 à 9:23

Maxime Machenaud et Baptiste Serin, produits de la formation girondine
Maxime Machenaud et Baptiste Serin, produits de la formation girondine © Maxppp - MaxPPP - Justine Hamon

Nourris au biberon bordelais mais dans un style différent, Maxime Machenaud et Baptiste Serin vont se partager le poste de numéro neuf pendant cette tournée. Pour l'ancien demi de mêlée international, le duo, dont la complémentarité doit être une richesse, a aujourd'hui une longueur d'avance.

France Bleu : Faire débuter Maxime Machenaud face aux Samoa, c'est logique ?

Guy Accoceberry : C'est bien pour l'équipe de France d'avoir deux joueurs de cette qualité, ils ont une grosse complémentarité également. Que Maxime commence face aux Samoa ne m'étonne pas du tout. Il a plus d'expérience internationale que Baptiste, il a joué des matches de plus haut niveau, des finales de coupe d'Europe et de championnat. Il est un peu plus âgé et a donc un peu plus d'expérience. C'est bien que Guy Novès protège baptiste Serin. Pourquoi ne pas le voir pour une première au stade de France contre l’Australie, ce serait bien pour lui par rapport à ce qu'il a montré en Argentine, et puis après se partager le match contre les All Blacks ? Je pense que ce sera une concurrence saine parce que ce sont deux joueurs intelligents, compétents et bosseurs, bref ils ont tout. A eux maintenant de comprendre qu'ils font partie d'une équipe et qu'ils auront chacun leur chance. Pour un staff, c'est très intéressant d'avoir deux joueurs comme ça. A eux de saisir l'opportunité pour rester le plus longtemps possible en équipe de France.

Baptiste est très jeune et c'est un poste où on progresse avec les années. Il lui en reste beaucoup à faire, il va continuer à améliorer sa capacité à bien gérer les matches, à faire le bon geste au bon moment et ça, il le fera avec le temps

Quand on est compétiteur, c'est dur de s'asseoir sur un banc ?

C'était très dur à l'époque car quand on était remplaçant, on ne rentrait que si le titulaire se fracturait la jambe... Dans le rugby actuel, tous les remplaçants entrent, donc le remplaçant est obligé de se préparer comme s'il allait jouer le match. Baptiste, ça lui arrive d'être remplaçant à l'Union Bordeaux-Bègles et de rentrer en cours de match. A partir du moment où on est sur la feuille, on est obligé de se préparer comme si on attaquait le match.

Aujourd'hui consultant rugby de Radio France, Guy Accoceberry a porté dix-neuf fois le maillot bleu - Radio France
Aujourd'hui consultant rugby de Radio France, Guy Accoceberry a porté dix-neuf fois le maillot bleu © Radio France - Jérôme Val

C'est important pour un jeune comme Baptiste Serin de franchir les paliers progressivement ?

C'est primordial. Guy Novès et son staff le savent. Ils en ont vu passer des joueurs de cette qualité. Il ne faut pas l'envoyer trop vite au feu, il ne faut pas qu'il se brûle les ailes, il faut le protéger. Ça a été très bien fait à l'UBB avec la présence d'Heini Adams qui a été le numéro un pendant quelques saisons et qui a beaucoup apporté à Baptiste dans sa progression. Pour l'équipe de France, c'est pareil. Baptiste a fait une très belle tournée en Argentine et jouera, je pense, au moins un match dans cette tournée de novembre. J'espère pour lui qu'il aura la chance de connaître le Tournoi mais c'est très bien pour lui d'y aller comme ça progressivement. Il est très jeune et c'est un poste où on progresse avec les années. Il lui en reste beaucoup à faire, il va continuer à améliorer sa capacité à bien gérer les matches, à faire le bon geste au bon moment et ça, il le fera avec le temps.

Ce duo peut-il durer sous le maillot bleu ?

Pour moi, ce sont les deux qui sont au dessus actuellement. S'ils gardent leur niveau, s'ils évitent les blessures, ça me paraît être les deux titulaires du groupe France. Mais si une blessure arrive, on sait que des joueurs comme Bézy, Parra ou Paillaugue ont aussi les qualités pour intégrer l'équipe de France. On va croiser les doigts pour qu'ils ne se blessent pas.