Rugby

XV de France : quelles solutions pour Philippe Saint-André ?

Par Arnaud Carré, France Bleu mardi 13 octobre 2015 à 17:45

La marge de manoeuvre du manageur des Bleus semble limitée.
La marge de manoeuvre du manageur des Bleus semble limitée. © Radio France

Après le fiasco irlandais, le staff du XV de France va devoir se creuser la tête. Il va falloir du changement pour réussir l’exploit face aux All Blacks. Changer oui, mais quoi ?

Changement de joueurs

Après la défaite de Cardiff, la France a-t-elle besoin de nouvelles têtes ? Sans doute. Mais la marge de manœuvre est étroite pour des entraîneurs qui avaient aligné leur équipe-type face aux Irlandais. « Il y a des performances individuelles qui n’ont pas été au niveau qu’on espérait » avait déclaré PSA lundi matin. Sans citer de noms.

Au sein d’un pack qui a porté l’équipe lors des trois premiers matches et a globalement tenu la route face aux Verts d’Irlande, on ne devrait pas voir beaucoup de changements. Excepté peut-être au sein de la troisième ligne où Bernard Leroux et Yannick Nyanga pourraient remplacer Damien Chouly.

La question centrale tourne autour de la charnière. Le duo Tillous-Borde / Michalak n’a pas convaincu au Millenium. Morgan Parra voire Rory Kockott pourraient s’installer derrière la mêlée. Reste à savoir si Frédéric Michalak, qui souffre d’une contusion à la main, sera reconduit ou si le staff lancera Rémi Talès.

PSA va-t-il sortir Rory Kockott de son chapeau ? - Radio France
PSA va-t-il sortir Rory Kockott de son chapeau ? © Radio France

Derrière, et surtout depuis le départ de Yoann Huget, la hiérarchie est plus floue. Noa Nakaitaci, certes privé de ballons, a été très discret dimanche. Rémi Grosso et Sofiane Guitoune sont candidats pour le remplacer.

Changement de cap

Le projet de jeu des Tricolores a permis de passer sans encombre les obstacles italien, roumain et canadien. Mais il a montré ses limites face à l’Irlande. Les Bleus pensaient gagner le défi physique mais ils sont tombés sur plus fort qu’eux. Et on a vite constaté qu’ils n’avaient pas su s’adapter, évoluer en cours de match pour éviter, par exemple, de perdre énormément de ballons dans les rucks. Sans plan B, l’équipe a subi, défendu, avant de craquer.

Face à la Nouvelle-Zélande, la France va se retrouver devant la même équation. Le mur noir sera difficile à ébranler et le moindre ballon perdu sera une aubaine pour des lignes arrières qui vont encore plus vite que leurs homologues irlandaises.

Les Français vont donc impérativement devoir conserver le ballon, enchaîner les séquences, être beaucoup plus propres techniquement et aussi plus efficaces car les occasions ne seront pas légion. On voit mal Philippe Saint-André, adepte de la défense de fer, demander à son équipe d’attaquer à tout va. Mais si elle veut aller en demi-finale, elle sera obligée, au moins sur certains coups, de prendre des risques.

Changement d’état d’esprit

Depuis la défaite de dimanche, on ne sent pas, du moins publiquement, un vent de révolte. Ni Philippe Saint-André lundi, ni les joueurs mardi n’ont évoqué la nécessité de se claquer la tête contre les murs, de s’enfermer pour s’expliquer entre eux et provoquer cet état de « transe » qui mène parfois aux grandes performances.

Thierry Dusautoir au micro de France Bleu le 18 septembre dernier. - Radio France
Thierry Dusautoir au micro de France Bleu le 18 septembre dernier. © Radio France

Il y a quatre ans, après une phase de poule marquée par deux défaites, un jeu en lambeaux et un flot de critiques, les Français avaient sèchement renvoyé les journalistes et leurs interrogations, leur donnant rendez-vous le jour du quart de finale face à l’Angleterre. Pour l’instant le discours est lisse comme si la peur du danger ne s’était pas encore infiltrée dans les salons du Celtic Manor.

D’ici samedi, les leaders, Thierry Dusautoir en tête, vont bien sûr prendre la parole et chacun, en fonction de son poste et de son leadership, va devoir élever son niveau d’exigence. Comme souvent dans ces cas là, le groupe va, sinon s’affranchir du staff, du moins se prendre un peu plus en main afin d’essayer de créer les conditions d’un exploit. Car si ceux réalisés en 1999 et 2007 ne leur feront pas gagner ce match, si les contextes et les joueurs sont différents, la recette utilisée pour les préparer pourraient bien êtres utiles à ces Bleus qui vont vite devoir prendre conscience de ce qui les attend.