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Sport d'hiver - ski - biathlon DOSSIER : Jeux olympiques d'hiver 2018 de PyeongChang

JO 2018 - Bruno Massot, le "petit normand", champion de patinage artistique avec l'Allemagne

jeudi 15 février 2018 à 10:33 Par Olivier Duc, France Bleu Normandie (Calvados - Orne) et France Bleu Cotentin

Bruno Massot a remporté l'or en patinage artistique avec sa partenaire Aliona Savchenko, sous les couleurs de l'Allemagne, aux JO de PyeongChang. Le Caennais avait pourtant terminé 4e du programme court. A 29 ans, sa médaille récompense sa ténacité et un parcours atypique.

Bruno Massot et Aliona Savchenko ont décroché l'Or olympique avec l'Allemagne
Bruno Massot et Aliona Savchenko ont décroché l'Or olympique avec l'Allemagne © Maxppp - Ju Huanzong

Caen, France

Après un programme court marqué par quelques anicroches (4e), Bruno Massot et Aliona Savchenko ont donc réalisé le sans-faute sur le programme libre. Ils se sont couchés sur la glace à la fin de leur prestation tant ils se sont donnés, le visage du caennais rougi par l'effort. Et c'est l'or et le titre Olympique qui est venu les récompenser pour un demi-point seulement devant le couple chinois.

Le programme long a été super. Premier Jeux olympiques et champion olympique, c'est juste incroyable – Bruno Massot

A la sortie de la glace, Bruno Massot avait du mal encore à réaliser au micro de Fabrice Rigobert. " Ça va prendre quelques heures pour réaliser et aussi avoir la médaille autour du cou. Il faut juste un peu redescendre de ses émotions. Le programme long a été super. Premiers Jeux Olympiques et champion Olympique, c'est juste incroyable. _C'est quand même l'accomplissement d'une longue carrière et ça a été super dur_. Le petit normand là qui se retrouve en Allemagne et là en Corée du Sud champion Olympique. Ça a été une histoire très dure."

Bruno Massot, le visage rougi par l'effort, a tout donné avec Aliona Savchenko dans le programme libre - Maxppp
Bruno Massot, le visage rougi par l'effort, a tout donné avec Aliona Savchenko dans le programme libre © Maxppp - HOW HWEE YOUNG

Privé des Jeux en 2014 avec la France pour une question de papiers, le patineur caennais aura ensuite dû engager un bras de fer avec la fédération française pour pouvoir patiner avec Aliona Savchenko mais sous les couleurs de l'Allemagne. 

On peut aussi considérer que nous avons été très fair-play avec nos amis allemands. Il y a un tout petit bout de cette médaille qui nous appartient – Didier Gailhaguet

"La raison pour laquelle je me battais c'est pour que Bruno reste français, explique Didier Gailhaguet, président de la Fédération Française des Sports de Glace. Je pensais qu'Aliona avait un parcours en Allemagne quand elle a voulu venir en France. On peut considérer que c'est une erreur. On peut aussi considérer que nous avons été très fair-play avec nos amis allemands. Il y a un tout petit bout de cette médaille qui nous appartient."

Sa ténacité a payé lui qui a fêté ses 29 ans le 28 janvier dernier et qui a obtenu son passeport allemand un mois après seulement, juste à temps pour participer aux Jeux.

C'est à Caen qu'il avait été repéré il y a près de 22 ans à l'ACSEL, le Club de patinage artistique et synchronisé de sa ville natale par Jean François Ballester. Ce dernier est depuis resté son entraîneur jusqu'à ce titre olympique.

Je voyais un gros potentiel. J'avais dit il y a douze ans à la fédération française, j'avais fais le pari que ce mec là il serait sur le podium à l'Europe ou au Monde. Jean François Ballester, son entraîneur depuis 22 ans

"C'est quand même une belle histoire. De zéro jusqu'à une belle médaille d'or olympique.... Je crois que je ne le referai pas deux fois dans ma vie parce que dans 22 ans je serai à la retraite (rires). Je suis très content. C'est une très très longue histoire. Je m'étais dit qu'un jour ce mec-là il ferait des choses bien.  Je voyais un gros potentiel. J'avais dit il y a douze ans à la fédération française, j'avais fais le pari que ce mec là il serait sur le podium à l'Europe ou au Monde. Je n'avais pas dit aux Jeux ni qu'il ferait une médaille olympique mais je savais qu'il ferait de belles choses."

On a pris peu à peu espoir d'une médaille et ça devient de l'or. C'est magnifique – Jean Marie, le papa de Bruno Massot

A plusieurs milliers de Kilomètres de Pyeongchang, son père a suivi en Normandie le passage de son fils et son succès. "On a vibré parce qu'ils sont passés premiers de leur groupe, ils restaient les trois autres couples à passer. Du coup, l'attente a été longue. Ils font un programme parfait alors que les autres couples le sont moins. On a pris peu à peu espoir d'une médaille et ça devient de l'Or. C'est magnifique. C'est _l'aboutissement de plus de vingt ans de travail et cela fait vingt ans qu'il est avec le même entraîneur Jean François Ballester après avoir commencé à Caen et finir sur une médaille d'Or Olympique, c'est merveilleux._"

C'est donc avec l'Allemagne qu'il réalise son rêve olympique. "L'Allemagne est un pays que j'adore. J'aime la France, j'aime l'Allemagne. Je suis Allemand et je suis Français. Aujourd'hui c'était pour l'Allemagne. J'ai patiné de longues années pour la France. J'ai déjà eu aussi la Marseillaise et voilà je suis heureux quoiqu'il arrive."