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Sport d'hiver - ski - biathlon

ENTRETIEN - Simon Fourcade, ses succès, ses doutes et l'après-biathlon

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Par , France Bleu Isère, France Bleu

Il prend sa retraite à 35 ans. Simon Fourcade range les skis et la carabine comme il l'avait annoncé le 23 mars. L'occasion de revenir avec lui sur une carrière pas toujours facile, faite de succès et d'échecs, d'abord en pleine lumière puis souvent dans l'ombre de son petit frère, le grand Martin.

À 35 ans Simon Fourcade prend sa retraite sportive, mais le champion n'a pas dit son dernier mot
À 35 ans Simon Fourcade prend sa retraite sportive, mais le champion n'a pas dit son dernier mot © Radio France - Nicolas Joly

Lans-en-Vercors, France

Les champions étaient de retour samedi à Lans-en-Vercors. Comme chaque année les sportifs du Vercors ont passé la soirée au centre culturel le Cairn. Parmi eux pas mal de biathlètes dont Simon Fourcade qui avait annoncé le 23 mars sa retraite sportive.  Il revient sur sa carrière avec nous.

Entretien avec Simon Fourcade

On sait que vous n'aimez pas trop regarder en arrière, mais à l'annonce de la fin de votre carrière il faut forcément jeter un coup d'œil dans  le rétroviseur. Ne serait-ce que pour se souvenir des bons moments. Lesquels vous reviennent en mémoire ?

Simon Fourcade : "Il y en a beaucoup. Je crois qu'un de mes premiers moments marquants c'était les championnats du monde à Bessans en catégorie junior. J'obtiens, je crois, deux titres de champion du monde junior. Ça a été vraiment le lancement de ma carrière. Et si je devais n'en retenir qu'un je dirais Ruhpolding 2012 parce qu'il y a eu de belles choses. Ça a été la révélation ou en tout cas la confirmation de mon frère sur le circuit mondial. Il a fait une moisson de médailles. Et ensuite moi, puisque je viens chercher une médaille de vice-champion du monde sur l'individuel. Et sur la même course j'obtiens également le petit globe de cristal du 20 kilomètres donc c'était un bel accomplissement, en tout cas le plus beau de ma carrière". 

Ce sont aussi les difficultés qui font le parcours d'un sportif, et même d'une vie. Ce sont aussi des choses que l'on garde en mémoire lorsque l'on annonce la fin de sa carrière ?

S.F : "Je les garde forcément en mémoire. Très sincèrement, et c'est facile à dire une fois que l'on a terminé sa carrière, mais même si mon palmarès aurait pu être tout autre puisque j'ai obtenu trois fois une quatrième place sur des championnats du monde, je crois que je n'échangerais pas ces quatrièmes places contre un podium. parce que ce sont aussi ces quatrièmes places qui ont fait de moi l'homme que je suis aujourd'hui et qui m'ont appris à gérer mes émotions et ma carrière. Je pense qu'elles m'ont énormément construit et qu'aujourd'hui grâce à ces quatrièmes places et à toute la frustration qu'elles ont pu m'apporter, ces petits échecs m'ont appris à passer au-delà de certaines situations que je n'aurais pas su gérer. Finalement je leur suis très reconnaissant".

La gestion des émotions et du mental, c'est quelque chose qui a toujours été difficile pour vous ?

S.F : "Complètement, je pense être quelqu'un d'assez émotif. C'est vrai qu'à l'approche de grands événements ou d'objectifs importants, j'avais du mal à me mettre en place et à les aborder de la bonne manière. J'avais quelques fois des piqûres de rappel avec des émotions qui me submergeaient un peu et des choses que je n'arrivais pas à maîtriser comme je l'aurais souhaité. Le sport c'est un tout. L'approche physique ne fait pas tout, il y a également une approche mentale qui est très importante. Je m'en suis plutôt pas mal sorti sur le physique mais la gestion de mes émotions m'a fait défaut quelquefois tout au long de ma carrière".

En résultent des difficultés, des batailles internes, notamment en voyant votre frère Martin exploser d'un coup alors que c'est vous que l'on attendait en tant que champion ?

S.F : "Oui, forcément. Il y a eu cette période-là après 2010 à Vancouver où je m'effondre complètement sur ces Jeux Olympiques et où mon frère sort par la grande porte. Ce sont des moments qui n'ont pas été faciles à vivre mais encore une fois c'est ce qui m'a forgé. C'est ce qui a fait qu'en 2012 j'ai réussi à venir chercher cette médaille mondiale. Même s'il n'y a pas eu des podiums à gogo, même si j'ai fait la plupart de mes résultats avant 2012, je pense que ma seconde partie de carrière a été nettement plus aboutie que la précédente".

Simon Fourcade en mars 2019 - Maxppp
Simon Fourcade en mars 2019 © Maxppp - Pierre Teyssot

Ça a été compliqué de séparer le champ sportif et professionnel du champ personnel dans votre relation avec votre frère ?

S.F : "Oui, le champ familial ce n'est pas évident à gérer. Tous les grands frères sont en mesure de se projeter sur ce genre de relation où le grand frère est devant, le petit frère suit. On fait la même chose, on suit le même parcours et d'un coup c'est le petit frère qui passe devant. Avec la fierté et l'orgueil de sportif qu'on peut avoir, c'est compliqué. En tout cas pour moi ça l'a été. Mais c'est justement le fait d'arriver à appréhender ça, à me dire que je pouvais apprendre de lui de la même manière qu'il avait appris de moi dans sa jeunesse, qui a fait que j'ai réussi à me surpasser et à aller chercher des résultats encore meilleurs".

Aujourd'hui on parle de votre retraite, mais il s'agit bien d'une retraite sportive. Vous avez 35 ans, il vous reste sans doute des défis à accomplir. Quels sont-ils ?

S.F : "Il y a plein de choses, j'ai énormément de projets. Un mois après l'annonce de la fin de ma carrière ça fleurit dans tous les sens donc je ne me fais pas trop de soucis. Il y en a un qui est un peu primordial et que je ne peux pas rater, c'est la transmission. Le biathlon m'a forgé, a forgé la personne que je suis aujourd'hui et je suis énormément reconnaissant à ma discipline pour ça. Pour tout dire, je me sens même redevable. Je pense que le milieu dans lequel je peux apporter le plus et donner quelque chose aux autres c'est très certainement chez les jeunes. Leur apprendre ce que c'est le métier. J'ai une aura qui va durer pendant deux, trois, quatre ans peut-être mais en tant que sportif de haut niveau, je sais ce que c'est et j'ai vu passer des champions avant moi. On oublie vite et je n'aurai pas le même impact auprès des jeunes dans cinq ans qu'aujourd'hui. Le fait de pouvoir apporter mes connaissances et mon expérience à des plus jeunes pour qu'à leur tour ils puissent aller au bout de leurs rêves c'est quelque chose qui me branche bien et je travaille actuellement dans cet axe-là avec la Fédération Française de Ski".

Par le passé vous avez aussi été militaire, caporal-chef, un retour vers l'armée c'est quelque-chose que l'on peut anticiper ?

S.F : "Je suis aussi en discussion avec l'armée pour que les choses ne s'arrêtent pas d'un coup. Je suis énormément redevable à l'armée, c'est grâce à cette institution que j'ai pu poursuivre une carrière de haut niveau pleine et accomplie. Sans l'armée, je me serais vite détourné faute de moyens à l'époque. Donc je pense que l'histoire va continuer à s'écrire, même s'il n'y a rien de très officiel actuellement. je préfère prendre le temps et que les choses se fassent petit à petit". 

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