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Sport d'hiver - ski - biathlon DOSSIER : Le cinquantenaire des Jeux olympiques de Grenoble

JO de 1968 à Grenoble : le coût des Jeux

vendredi 9 février 2018 à 3:48 Par Denis Souilla et Antonin Kermen, France Bleu Isère, France Bleu Pays de Savoie et France Bleu

Il y a 50 ans, en février 1968, Grenoble accueillait les Jeux olympiques. France Bleu Isère vous propose de revivre ces Xe JO d'hiver en se posant aussi la question du coût des réalisations et de l'organisation. Des Jeux qui transformèrent Grenoble à jamais.

La construction du palais des sports de Grenoble
La construction du palais des sports de Grenoble - © Conseil départemental de l'Isère

Grenoble, France

Les Jeux olympiques d'hiver sont chers, c'est toujours le cas aujourd'hui, au point que les candidats sont peu nombreux. Il y a 50 ans déjà, la facture était lourde : selon les estimations, Grenoble 1968 a coûté 1,5 milliard d'euros, essentiellement pour construire des infrastructures non sportives : l'aéroport de Saint-Geoirs, la gare, la Maison de la culture, les routes et autres aménagements urbains.

"C'était la première fois que c'était une ville qui organisait les Jeux. Avant, c'était des stations" explique Alain Arvin-Berod, historien de l'olympisme. "L'échelle-même de Grenoble et du massif alpin réclamait des investissements lourds", ajoute-t-il. Pour financer ses Jeux, Grenoble doit emprunter sur vingt-cinq ans certes, et la note est salée pour le maire, Hubert Dubebout, et les contribuables.

"Il est certain que je me suis fait très mal voir en augmentant les impôts de 230% depuis mon arrivée dans cette mairie il y a deux ans" — Hubert Dubedout, maire de Grenoble de 1965 à 1983

Hubert Dubedout, maire de Grenoble de 1965 à 1983 - Aucun(e)
Hubert Dubedout, maire de Grenoble de 1965 à 1983 - © INA

"Il y a eu un progrès sensationnel évidemment, c'est merveilleux, on a vingt ans d'avance" se réjouissaient alors les Grenoblois les plus optimistes. "C'est peut-être très bien, mais toute cette question des Jeux olympiques, cela a coûté trop cher ! Cela fout les Grenoblois hors d'eux" pouvait railler les plus refroidis par les JO.

"L'État français évidemment investit pour que l'image de la France soit magnifique aux yeux du monde. Ce sont les Jeux d'une époque, les Jeux des Trente glorieuses, les Jeux de l'avant Mai-1968" — Rémy Naville, auteur d'un mémoire sur les JO de 1968.

Charles De Gaulle, président de la République en 1968 - AFP
Charles De Gaulle, président de la République en 1968 © AFP -
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- © Conseil départemental de l'Isère

80% la facture olympique de Grenoble est toutefois réglée par l’État qui investit massivement dans la capitale des Alpes. "Les Jeux doivent alors être une réussite" explique Rémy Naville, auteur d'un mémoire sur les JO de 1968. "Les Jeux olympiques de Grenoble, ça devient ceux de la France. Derrière l'image de la France, c'est l'image de De Gaulle. Donc l'État français évidemment investit pour que l'image de la France soit magnifique aux yeux du monde. Ce sont les Jeux d'une époque, les Jeux des Trente glorieuses, les Jeux de l'avant Mai-1968."

"La logique de l'avenir sera plutôt de choisir sept ou huit stations qui ont déjà les équipements plutôt que de continuer à créer des infrastructures d'hiver" — Éric Piolle, maire de Grenoble

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- © AMMG
La nouvelle mairie de Grenoble, construite lors des Jeux olympiques - Aucun(e)
La nouvelle mairie de Grenoble, construite lors des Jeux olympiques - © AMMG

De nos jours, les emprunts sont désormais réglés. Grenoble ne paye plus les JO ou simplement les coûts de fonctionnement des équipement dont la ville a hérité comme le palais des sports. Indéniablement modernisée et valoriée par les Jeux, la capitale des Alpes n'a aujourd'hui plus d'ambition olympique, en tout cas pas son actuel maire, Éric Piolle. "C'est une aberration. La logique de l'avenir sera plutôt de choisir sept ou huit stations qui ont déjà les équipements plutôt que de continuer à créer des infrastructures d'hiver -et finalement grignoter la montagne- pour des choses qui ne servent qu'une fois."

Grenoble avait été en 2008, candidate malheureuse à la candidature française pour les JO de 2018. Finalement, c'est Annecy qui s'était présentée sans parvenir à obtenir l'organisation des JO d'hiver confié à PyeongChang en Corée du Sud.

  - AFP
© AFP -