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Tous les sports DOSSIER : Les Bonnes Ondes

À Saint-Julien-du-Sault, la boxe thaï pour la confiance en soi plutôt que pour casser du tibia

jeudi 30 novembre 2017 à 10:53 Par Nicolas Fillon, France Bleu Auxerre

Les Bonnes Ondes | La boxe thaïlandaise n'est-elle réservée qu'aux brutes ? Un préjugé comme il en existe beaucoup d'autres sur les sports de combat. Sauf qu'à Saint-Julien-du-Sault, le muay-thaï a de nombreux adeptes, qui viennent pour boxer et transpirer ensemble. Mais aussi pour s'affirmer.

Au dojo de Saint-Julien-du-Sault, les adeptes de boxe thaï, qu'ils soient petits, grands, filles ou garçons, se régalent. Pour boxer et transpirer ensemble, mais aussi pour prendre confiance en soi.
Au dojo de Saint-Julien-du-Sault, les adeptes de boxe thaï, qu'ils soient petits, grands, filles ou garçons, se régalent. Pour boxer et transpirer ensemble, mais aussi pour prendre confiance en soi. © Radio France - Nicolas Fillon

Saint-Julien-du-Sault, France

Les clichés relatifs à la boxe thaïlandaise, ou muay-thaï en version originale ("boxe du peuple thaï"), sont tenaces... Il faut dire qu'il s'agit de l'art martial le plus destructeur. On peut utiliser les poings, les coudes, les genoux et les tibias... Sans oublier les projections au sol.

Mais l'engouement pour la discipline est pourtant bien là à Saint-Julien-du-Sault. Il n'y a qu'à voir le monde présent, petits et grands, filles et garçons, pour le cours du samedi après-midi à la MJC de la commune. Sur place, pas le moindre son de tibia qui craque ou de mâchoire qui s'éclate. Un seul bruit dans la salle du dojo : celui des coups secs qui pleuvent sur les protections des boxeurs dont le cardio s'affole pendant les trois minutes de chaque combat.

Au centre, Fabien Da Silva, le moniteur de boxe thaï à la MJC, a vu la discipline trouver de plus en plus d'amoureux à Saint-Julien-du-Sault.  - Radio France
Au centre, Fabien Da Silva, le moniteur de boxe thaï à la MJC, a vu la discipline trouver de plus en plus d'amoureux à Saint-Julien-du-Sault. © Radio France - Nicolas Fillon

La boxe thaï permet d'apprendre la confiance en soi (Fabien Da Silva, moniteur de boxe thaï à la MJC de Saint-Julien-du-Sault)

"Le muay-thaï n'est pas violent. C'est un art martial, qui est certes le plus violent, avec l'emploi de huit armes en tout avec les poings, coudes, genoux et tibias, mais cela reste tout de même une discipline très sportive, explique Fabien Da Silva, le moniteur de boxe thaï en charge des entraînements à la MJC. Ici, on est sur un créneau loisirs et il n'y a pas de compétition. On combat, mais on ne se bagarre pas. Ce qui est bien, c'est d'avoir ces échanges entre jeunes et moins jeunes, qui prennent du plaisir à travailler, à faire du sport ensemble pour tenter d'en maîtriser les différentes techniques. Et en même temps, la boxe thaï permet d'apprendre la confiance en soi."

Jeunes et moins jeunes se côtoient dans la bonne ambiance, même si les coups pleuvent dans le muay-thaï. - Radio France
Jeunes et moins jeunes se côtoient dans la bonne ambiance, même si les coups pleuvent dans le muay-thaï. © Radio France - Nicolas Fillon

Et le coach au crâne rasé, lunettes, t-shirt, short de boxe et tatouage sur tout le tibia et mollet droit de préciser : "On peut avoir des élèves un peu timides, et en les rassurant, en les coachant, et en les encourageant, on voit qu'ils perdent leur timidité et apprennent à prendre davantage confiance en eux. Aussi bien les filles que les garçons."

Les enfants se donnent à fond

À Saint-Julien-du-Sault, l'ambiance est "familiale", rajoute Fabien Da Silva. "Tout le monde se connaît, se fait la bise. Il n'y a pas de nez cassé ! Il y a des douleurs, mais seulement musculaires, dues au travail physique ou bien au niveau du cardio. Le but, c'est que tout le monde puisse avoir la banane dans l'effort. Mais aussi prendre de l'assurance si jamais, un jour, il nous arrive un petit pépin dans la rue. Même si le muay-thaï, ce n'est pas du self-défense."

Avant le cours des adultes, ce sont les enfants qui s'adonnent à la boxe thaï. Les coups de coudes ne sont pas autorisés, à l'inverse de ceux des genoux, mais uniquement par devant. Les low kick, front kick, side kick, jab et autres cross sont encouragés. Et l'entraîneur adapte les consignes suivant le niveau et le gabarit de chacun. Les mouvements s'enchaînent sur un bon rythme, avec plus ou moins d'application, mais l'essentiel est bien là : le plaisir de s'être dépensé sans compter. Et quand les coups semblent un peu trop prononcés, Fabien Da Silva, assisté de deux autres entraîneurs tout au long de l'après-midi, rappelle qu'on reste sur des combats "light".

Les enfants ne ménagent pas leurs efforts pour apprendre la boxe thaï et se dépenser sans compter sous les conseils avisés de Fabien Da Silva. - Radio France
Les enfants ne ménagent pas leurs efforts pour apprendre la boxe thaï et se dépenser sans compter sous les conseils avisés de Fabien Da Silva. © Radio France - Nicolas Fillon

On se fatigue bien et on apprend beaucoup de choses ! (Nathan, 7 ans, boxeur thaï en herbe)

Protégé de la tête aux pieds (casque, protection pour les dents et les tibias, gants, coquille), Nathan, 7 ans, est aux anges : "Combattre, ça me donne de la force ! Mon frère fait de la boxe, et j'ai eu envie d'essayer. On se fatigue bien et on apprend beaucoup de choses !" Même âge et même son de cloche pour Lilie. Ce qui lui plaît dans la boxe thaï ? "On peut se défendre si jamais on nous embête, répond-elle. On peut faire de petits combats pour s'entraîner. Je ne me suis jamais fait mal en tout cas !"

Combats intenses chez les grands !

Place désormais à la séance des grands. Après un bon échauffement avec petits jeux faits de courses, pompes et autres gainages. C'est l'heure ensuite de passer aux choses sérieuses, avec le premier duel entre Rémi et Michel. Pas de coups de coude là non plus, mais tout le reste y est : enchaînements pieds et poings, saisies, projections, blocages, corps-à-corps... C'est parti pour trois minutes assez intenses !

Et à la fin, on retrouve Michel, 34 ans, complètement à bout de souffle. "Après un combat, c'est dur", concède-t-il entre deux essoufflements. Il fait de la boxe thaï depuis trois mois. "J'ai voulu en faire pour le plaisir, le respect de l'adversaire, la confiance et la maîtrise de soi. C'est un sport qui demande de l'entraînement presque tous les jours en pratiquant des exercices de renforcement et d'impulsion musculaire mais aussi de puissance." Le muay thaï, une pratique de bourrins ? Pas pour Michel, qui a déjà pratiqué la boxe anglaise il y a quatre ans. "Je ne peux pas nier que c'est un sport assez violent, mais on y apprend de nombreuses techniques pour justement éviter de prendre trop de coups et les parer afin de s'améliorer au quotidien."

La discipline est assez intense physiquement parlant. Vélocité, puissance et adresse, autant de qualités requises pour pouvoir briller en boxe thaï. - Radio France
La discipline est assez intense physiquement parlant. Vélocité, puissance et adresse, autant de qualités requises pour pouvoir briller en boxe thaï. © Radio France - Nicolas Fillon

Un art martial pas uniquement réservé aux garçons, la preuve avec Salomé, 17 ans et Laura, 16 ans, qui combattent dans la foulée. "Ce qui me plaît, c'est que ce soit vachement varié, témoigne Salomé, qui entame sa troisième saison de boxe thaï. On fait du travail de technique, plus du cardio. Lors des combats, il faut allier les deux. Je ne me suis jamais inquiété de l'image négative que peut représenter ce sport pour certains. Il n'y a pas de quoi avoir peur, on ne se fait pas taper dessus comme ça ! Justement, on apprend à éviter les coups, à aussi toucher l'autre mais toujours sans aller jusqu'à faire mal."

C'est une bonne école de la vie (Ludovic, venu de Sens avec sa fille pour pratiquer la boxe thaï)

Le cours de sa fille Lilie terminé, au tour de Ludovic d'enfiler les gants. Le papa et sa progéniture sont venus de Sens pour pratiquer la boxe thaï. "On voulait partager un moment entre nous et mettre un petit peu de sport dans notre vie, un peu plus que d'habitude, indique-t-il. C'est moi qui a choisi la boxe thaï, mais ça lui plaît énormément. C'est un sport à part entière. On a trois cours par semaine : cardio le lundi, la technique le mardi et la restitution de tout ça le samedi. Il faut être assidu, et ne pas venir les mains dans les proches. On s'améliore en maîtrise de soi car on respecte énormément son adversaire, tous les coups sont très posés. C'est une bonne école de la vie, entre humilité, travail et envie."

Une école de la vie qui séduit de plus en plus puisque le nombre de licenciés à Saint-Julien-du-Saut est passé de 3 à 44 en cinq ans.

Les Bonnes Ondes | À Saint-Julien-du-Sault, la boxe thaï pour la confiance en soi plutôt que pour casser du tibia, reportage de Nicolas Fillon.