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Athlétisme : "Les pessimistes ne me connaissent pas" assure Teddy Tamgho

Par Arnaud Carré, France Bleu Gironde vendredi 17 février 2017 à 17:47

Teddy Tamgho va devoir rebondir, une nouvelle fois.
Teddy Tamgho va devoir rebondir, une nouvelle fois. © Maxppp - MaxPPP

Spectateur des championnats de France en salle ce weekend à Bordeaux, le double champion du monde du triple saut s'estime sur le bon chemin, huit mois après sa fracture du fémur. Désormais licencié au Stade Bordelais, il donne rendez-vous cet été aux Mondiaux de Londres. Interview.

France Bleu : Où en êtes vous de votre convalescence ?

Teddy Tamgho : Tout va bien. On est à huit mois post-opération. L'os a eu le temps de bien consolider et l'entraînement a été repris dans la foulée.

Après une telle blessure, on prend son temps ?

On prend toujors notre temps, blessure ou pas. Le sport de haut niveau est réglé par certaines échéances. Il faut travailler et être patient pour atteindre ses objectifs. On travaille normalement, on a un entraînement classique comme tout triple sauteur avec en ligne de mire les championnats du monde à Londres cet été.

Teddy Tamgho au siège de son nouveau club, le Stade Bordelais. - Radio France
Teddy Tamgho au siège de son nouveau club, le Stade Bordelais. © Radio France - Arnaud Carré

Teddy Tamgho : "C'est sur la piste qu'on voit qui est qui"

Vous avez fixé une date de retour sur les sautoirs ?

Dans l'idéal, je n'ai pas encore pensé à ma date de retour. C'est clair qu'elle se fera cet été et pourquoi pas avec les Interclubs ? Ce serait une manière aussi de marquer le coup avec mon nouveau club de Bordeaux.

On me l'a dit pas mal de fois. Ça fait partie du comportement humain. Il y a des pessimistes dans ce monde et il en faut apparemment. Je n'ai pas grand chose à leur dire sinon que tout s'explique sur la piste et que c'est là qu'on voit qui est qui. C'est la sixième fois que je me fais opérer et la sixième fois que je reviens. S'il y a encore des pessimistes, c'est qu'ils ne me connaissent pas.

Vous avez dû repartir de zéro ?

Forcément il y a une part d'automatismes qu'il faut retrouver. Après, je n'en suis pas à mon coup d'essai. Je sais comment revenir d'une blessure. C'est quelque chose que je maîtrise parfaitement et je l'ai montré à plusieurs reprises. Ce n'est qu'une répétition.

Le moral suit-il ?

Toujours au beau fixe, toujours prêt, à fond sur mes objectifs et mes attentes. Ca n'a pas changé et ça ne changera pas.

Entraîner, une deuxième nature pour le double champion du monde. - Maxppp
Entraîner, une deuxième nature pour le double champion du monde. © Maxppp - MaxPPP

Que répondez-vous à ceux qui disent que vous ne reviendrez jamais au plus haut niveau ?

On me l'a dit pas mal de fois. Ça fait partie du comportement humain. Il y a des pessimistes dans ce monde et il en faut apparemment. Je n'ai pas grand chose à leur dire sinon que tout s'explique sur la piste et que c'est là qu'on voit qui est qui. C'est la sixième fois que je me fais opérer et la sixième fois que je reviens. S'il y a encore des pessimistes, c'est qu'ils ne me connaissent pas.

Ce weekend vous allez suivre l'un de vos élèves Martin Lamou, champion d'Europe cadet du triple saut...

On en parle aujourd'hui parce que mes athlètes font des résultats importants mais ce qu'il faut savoir c'est que j'entraîne depuis l'âge de dix-huit ans. Pour moi, c'est un choix qui est indépendant du futur. C'est vraiment quelque chose que j'aime faire. J'aime transmettre et rendre ce qu'on m'a donné. Il y a l'entraînement quand on est sur la piste ou en salle de muscu. Mais il y a aussi la gestion de carrière, la préparation à la compétition côté psychologique, le sponsoring ou les coups durs qui peuvent arriver. J'essaie de retranscrire mon expérience au quotidien. Mon rôle est de faire en sorte qu'ils fassent le maximum, qu'ils commencent à montrer le bout de leur nez devant les grands pour pouvoir, plus tard, voir au dessus.