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DOSSIER - Limoges CSP, CA Brive, Limoges Handball 87 : les clubs phares du Limousin à l'épreuve du coronavirus

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Par , France Bleu Limousin

Le monde du sport n'est pas épargné par l'épidémie de coronavirus. Les incertitudes sont nombreuses alors que se prépare déjà la prochaine saison, et les menaces réelles si les matches à huis clos deviennent la règle. État des lieux avec le Limoges CSP, le CA Brive, le Limoges Handball et le CDES.

Les trois clubs d'élite du Limousin se préparent à faire face à la crise économique
Les trois clubs d'élite du Limousin se préparent à faire face à la crise économique - Limoges CSP / CA Brive / Limoges Handball 87

Les professionnels du sport sont sur la qui-vive. Notamment en Limousin. Comme toutes les entreprises de l’événementiel, leur activité est à l'arrêt complet depuis le début du confinement lié à l'épidémie de coronavirus Covid-19 le 17 mars dernier. Et les premières déclarations de la ministre des Sports, même sorties de leur contexte, ne les ont pas rassuré. "Le sport ne sera pas une priorité" ont-il retenu en substance, sans avoir besoin de journalistes pour l'entendre ainsi. Depuis, Roxana Maracineanu a annoncé quelques bonnes nouvelles qui demandent à être concrétisées (voir tweet ci-dessous), mais le message de départ n'était pas des plus positifs à leurs oreilles.

Notamment celles du président du Limoges Handball 87, Alain Aubard :"On aurait aimé un soutien un peu plus fort et affirmé du ministre des Sports. Un club comme le nôtre, c'est plus de 3 millions d'euros de budget qui sont redistribués dans l'économie locale. Au handball, les joueurs n'ont pas des salaires tels qu'ils vont capitaliser dans des paradis fiscaux ! Tout est réinjecté dans l'économie locale. Et il y a une autre dimension. Le sport a quand même de vraies vertus de cohésion sociale. Je pense qu'on en aura vraiment besoin quand nous sortirons de cette crise." Un constat partagé à 100% par Pierre Fargeaud, le directeur juridique et financier du Limoges CSP :"Bien sûr que dans la crise actuelle, d'un point de vu sanitaire, on n'imagine pas les loisirs. Mais attention ! Derrière le sport, il y a des valeurs de partage, de communion. Ne plus imaginer l'avenir avec du sport, c'est se couper d'un lien social évident. Il faut aussi voir l'impact sur l'économie locale. Il y a nos salariés, joueurs, staffs administratifs et sportifs. Mais aussi toutes les entreprises qui vivent tout ou partie autour du Limoges CSP ou d'autres sports."

Dialogue constructif au plus haut sommet de la pyramide - Christophe Lepetit

Si l’inquiétude est vive chez les responsables des clubs phares du sport Limousin, c'est que les menaces sont réelles. Notamment en ce qui concerne la fin de cette saison, avec des matches qui ne seront probablement pas disputés. Des discussions sont d'ailleurs en cours en haut lieu précise Christophe Lepetit, économiste au CDES, le réputé Centre de Droit et d'Économie du Sport basé à Limoges :"On a la chance d'avoir un dialogue constructif au plus haut sommet de la pyramide avec l'Association des Ligues de Sport Professionnel qui discute avec le ministère pour savoir comment traiter ces demandes qui sont formulées dans tous les sports. L'idée, c'est de faire en sorte que les clubs ne se retrouvent pas à devoir décaisser et donc rembourser un certain nombre de prestations. L'idée aujourd’hui au cœur des négociations, c'est d'avoir des avoirs pour que les différents clubs puissent reporter les éléments auxquels supporters et partenaires ont légitimement droit du fait de l'interruption totale ou partielle des compétitions". 

Pour nos clubs, il n'y aurait rien de pire que de jouer à huis clos 

Mais pour les clubs, le plus inquiétant est à venir. En ce moment, ils doivent préparer le prochain exercice avec de multiples inconnues. "Au LH, on peut compter sur nos nombreux partenaires privés. Mais gouverner, c'est prévoir. On n'est pas encore dans le scenario catastrophe mais on s'y prépare" précise Alain Aubard. "On travaille sur tous les scenarios possibles. On essaye dans un 1er temps de piloter au mieux nos charges, avec un gros travail du staff sportif sur les déplacements ou encore sur la nourriture, sans nuire à la performance sportive. On chasse les coûts" abonde Xavier Ric, le directeur financier du CA Brive. Un vrai casse tête, également pour son homologue du Limoges CSP Pierre Fargeaud :"On a absolument pas de visibilité. On est obligé de faire différents scenarios, et dans ces différentes projections, _on est aussi obligé de voir le pire_. Et le pire, ce serait plus du tout de billetterie. Ce serait mortifère pour nos sports."

Ce serait finir de creuser notre tombe - Xavier Ric

Là est la menace et elle n'est pas fantôme. Des scientifiques estiment qu'il serait plus prudent de jouer sans public avant la mise sur le marché d'un vaccin. La Ministre des Sports a déjà annoncé cette possibilité. "Jouer à huis clos, ce serait catastrophique. Ce serait une perte de chiffre d'affaire colossale pour le club" prévient Xavier Ric. Pour le directeur financier du CA Brive, "autant ne pas jouer. Ce serait vraiment nuisible à l'avenir du club. _Ce serait finir de creuser notre tombe._" Et que dire alors des sports de salle, dont les droits télé sont moins importants que ceux du rugby ? Le constat est sans appel pour Pierre Fargeaud :"Pour nous, jouer à huis clos serait une catastrophe économique. On ne gagne pas d'argent et les droits télé sont faibles. Mais on doit quand même organiser les matches avec des frais d'organisation. Ce n'est pas envisageable pour des sports comme nous." Et ce n'est pas Alain Aubard qui dira le contraire :"Jouer dans des salles vides et donc sans billetterie, c'est sûr que ce serait un vrai problème. La menace ? C'est que le clubs se trouvent en difficulté économique. Cela peut aller jusqu'à la cessation de paiement puis la liquidation judiciaire."

Toutes les pistes envisagées, y compris une saison blanche

Dès lors, quelles pistes s'offrent au clubs ? Pierre Fargeaud et Alain Aubard s'interrogent sur d'éventuelles jauges réduites. La ministre ayant évoqué "des évènements à huis clos ou en mode dégradé avec des restrictions très strictes au niveau des spectateurs présents". Pourquoi pas estime le président du LH 87 :"J'espère qu'on pourra jouer avec des demies jauges. En s'organisant avec la distanciation, les gestes barrière." A défaut, Alain Aubard est favorable à un début de saison décalé. S'il le faut, Pierre Fargeaud y est aussi favorable plutôt que de jouer à huis clos. Les clubs doivent même se préparer à une année entière sans compétition précise Xavier RIC, du CA Brive :"Ce serait une décision de nos instances mais ça fait partie des scenarios que l'on doit envisager. Celui d'une année blanche, comme celui de reprendre en janvier, voir dès le mois d'Aout. Au club, on a tout envisagé."

Personne n'imagine aujourd'hui signer l'arrêt de mort du sport professionnel en France - Pierre Fargeaud

Mais forcément, décaler la prochaine saison, voir envisager une année sans aucune compétition, cela se prépare prévient le directeur financier du Limoges CSP Pierre Fargeaud :"S'il faut décaler, c'est oui, mais dans ce cas, il faut assumer cette décision, avec toutes les conséquences que cela peut avoir sur les partenariats, sur les contrats de travail. Cela veut dire aussi que les ministères des Sports, du Travail et de l'Économie doivent _nous apporter des réponses et des outils pour pouvoir passer cette période là_. Parce que je pense que personne n'imagine signer aujourd'hui l'arrêt de mort du sport professionnel en France. Prendre des décisions politiques qui ne seraient pas réfléchies pourrait avoir des conséquences dramatiques."

En profiter pour réformer le sport professionnel

Ou quand les clubs phares du Limousin se préparent à une possible crise économique majeur. Une période qui doit servir à repenser le sport professionnel selon l’économiste du CDES Christophe Lepetit :"Les clubs sont en train de préparer des budgets prévisionnels avec une baisse des recettes sponsoring de l'ordre de peut-être 20 à 30%. Même chose pour les recettes billetterie. _Ils vont devoir mécaniquement ajuster leurs charges_. Ils vont pouvoir gratter ici ou là sur les frais d'organisation de match et de déplacement. Mais la principale charge des clubs professionnels, c'est la masse salariale et en particulier celle des joueurs. Il est évident qu'à un moment donné, il y aura un ajustement à la baisse au moins à court terme. Mais je pense qu'à moyen et à long terme, il faut à nouveau réfléchir à une régulation beaucoup plus forte et beaucoup plus stricte de l'ensemble du sport professionnel. Et aller sur des questions de limitation du nombre de joueurs sous contrat, de plafonnement salarial, de minimum de fonds propres pour chaque club. Cela permettra de se prémunir face à la survenance de ce type de crise."

Christophe Lepetit, économiste au Centre de Droit et d'Economie du Sport, pose son regard sur les difficultés du sport professionnel face au coronavirus et ses conséquences

Pour Pierre Fargeaud, le directeur juridique et financier du Limoges CSP, "jouer à huis clos serait mortifère" pour les clubs

Selon Xavier Ric, directeur financier du CA Brive, jouer sans public "serait finir de creuser la tombe" des clubs

Alain Aubard, le président du Limoges Handball 87 reste confiant, fort d'une base importante de partenaires privés. Mais il se prépare auss au pire.

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