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Confirmer : la (difficile) prochaine étape pour Pierre Gasly en Formule 1

Pierre Gasly est entré dans le club fermé des vainqueurs de Grands Prix. Il y rejoint Jean Alesi et Olivier Panis, derniers vainqueurs français… dont les succès sont restés sans lendemain. Signe de la difficulté à s’inscrire dans la durée au palmarès de la formule 1.

Pierre Gasly a pu savourer son premier podium de vainqueur. La suite de sa carrière va beaucoup dépendre des opportunités qui se présenteront à lui
Pierre Gasly a pu savourer son premier podium de vainqueur. La suite de sa carrière va beaucoup dépendre des opportunités qui se présenteront à lui © Maxppp - EPA/MAXPPP

C’est une pyramide. Le championnat du monde de formule 1, qui célèbre son 70e anniversaire, a vu défiler des milliers de pilotes. Ils ne sont que 109 à avoir connu le bonheur de la victoire. Et pour 32 d’entre eux, le compteur s'est arrêté à un unique succès. Pierre Gasly a atteint dimanche dernier ce premier palier. Son objectif, à moyen terme, consistera à gravir d'autres niveaux pour faire décoller sa carrière. Mais les exemples des derniers français vainqueurs en Grands Prix, Jean Alesi et Olivier Panis,  démontrent que tout se joue dans un bref délai post-succès. Où un soupçon de réussite et les choix de carrière sont déterminants.

Jean Alesi, rendez-vous manqué avec l’écurie championne du monde

Recruté par Ferrari avec pour unique bagage une saison pleine en formule 1 (1990), le turbulent Jean Alesi ronge son frein pendant plusieurs années dans une Scuderia en reconstruction. Sa chance se présente enfin lors du Grand Prix du Canada 1995. Michaël Schumacher, indiscutable leader, subit un incident mécanique et l'Avignonnais gagne enfin un Grand Prix. Déjà crédité de 18 podiums, il rejoint la saison suivante Benetton, l’écurie qui a conduit Schumacher vers ses deux premiers titres mondiaux. Le patron Flavio Briatore, réputé pour ses déclarations fracassantes, n’hésite pas à dire qu’il “va faire d’Alesi la star de la formule 1 et tout gagner jusqu'à l'an 2000”. La chute sera proportionnelle aux ambitions….

Jean Alesi (à gauche) et Flavio Briatore (au centre). L'association des deux latins va vite se dégrader
Jean Alesi (à gauche) et Flavio Briatore (au centre). L'association des deux latins va vite se dégrader © Maxppp - Malcolm_Griffiths/EPA/MaxPPP

Pourtant conçue par une équipe technique composée de Ross Brawn et Rory Byrne (futurs partants chez Ferrari), la Benetton 1996 est un échec. Son châssis imparfait lui coûte un déficit de vitesse de pointe par rapport à la référence Williams, pourtant équipée du même moteur Renault. Au manque de punch s’ajoute aussi des soucis de fiabilité et des ravitaillements pneus/essence trop longs. Le sens de l’attaque du Français le portera quelques fois en tête des Grands Prix avant de voir le succès lui filer entre les doigts, scénario déjà vécu avec Ferrari, en particulier à Monza où Alesi semble maudit (1994,1995, 1997). 

Les frustrations accumulées dégraderont rapidement ses rapports avec le Boss Briatore. Alesi partira après deux saisons puis terminera sa carrière dans des écuries de seconde zone. Avec pour bilan une phénoménale collection de 32 podiums…. mais une seule victoire ! Dans son cas les choix de carrières n’ont pas été les bons. Williams, qui l’a courtisé à plusieurs reprises, lui aurait donné une voiture pour se construire un palmarès à la hauteur de son talent

Olivier Panis jamais armé pour gagner

Il restait jusqu’à dimanche le dernier français vainqueur en Grand Prix. Un succès décroché lors d’un Grand Prix de Monaco 1996 démentiel. La cascade d’abandons (seulement quatre voitures à l’arrivée) avait notamment frappé… Jean Alesi, solide leader, lorsque sa Benetton l’avait lâché. Mais il serait réducteur de limiter le succès du Grenoblois à la simple chance, tant il a livré ce jour-là une course exceptionnelle. Avec quelques dépassements sur l’étroite piste monégasque, dont une spectaculaire attaque sur la Ferrari d’Irvine au Loews, pour s’imposer en étant parti de la quatorzième position. Et ce succès était venu bonifier deux podiums, décrochés les deux saisons précédentes, au volant de la modeste Ligier. 

Olivier Panis, quatorzième sur la grille de départ mais vainqueur surprise du Grand Prix de Monaco 1996.
Olivier Panis, quatorzième sur la grille de départ mais vainqueur surprise du Grand Prix de Monaco 1996. © Maxppp - Newscom MaxPPP

L’année 1997, dans la même écurie rebaptisée Prost GP, aurait pu lui permettre d’atteindre cette fameuse deuxième marche de la pyramide. Deux podiums en début de saison font de lui un challenger crédible à la victoire, avec sa monoplace équipée du moteur Honda et, surtout, des pneus Bridgestone. Mais sa saison de la confirmation est brisée par un accident au Grand Prix du Canada qui lui fera manquer la moitié de la saison. La carrière au sommet d’Olivier Panis s’arrêtera là. 

En 1998, il ne pourra subir que l’échec de la nouvelle association Prost/Peugeot. Des relations orageuses entre le quadruple champion du monde, désormais patron, et son motoriste français. Bilan : deux saisons catastrophiques (deux maigres points marqués au championnat) inciteront le Français à partir vers d’autres cieux, mais sans jamais disposer d’une voiture digne de jouer le podium. Dans son cas, son élan a été ralenti par un accident puis anéanti par la médiocrité de sa voiture pendant deux ans. Comble de malchance il s’est retrouvé sur le marché des transferts lors de l’arrivée d’une jeune génération d’excellents pilotes : Alonso, Button, Raikkönen, tous futurs champions du monde.

Horizon 2022 pour Pierre Gasly

Le Normand, lauréat du dernier Grand Prix d’Italie, reprend le volant ce week-end pour le Grand Prix de Toscane. Toujours avec une AlphaTauri qui n’a pas les capacités de jouer les premiers rôles à la régulière, sans bénéficier de faits de course. Régulièrement interrogé sur son avenir depuis son triomphe à Monza, il n’a d’autre choix que répéter que “la décision ne lui appartient pas”. Mais qu’il “se sent prêt pour un retour chez Red Bull”. Il est en effet lié à la marque au Taureau qui l’a accompagné jusqu’en formule 1. Les dirigeants peuvent le (re)placer dans l’écurie star (Red Bull), malgré l'échec de 2019, ou le laisser dans le team junior (AlphaTauri). 

Pierre Gasly (ici au GP d'Allemagne) a vécu six mois de cauchemar chez Red Bull
Pierre Gasly (ici au GP d'Allemagne) a vécu six mois de cauchemar chez Red Bull © Maxppp - Sebastian Gollnow

Un retour du Normand aux côtés du rouleau compresseur Verstappen serait à la fois risqué mais nécessaire s’il veut rapidement jouer la gagne ou les podiums. Alors qu’un maintien dans son cocon italien, où il est l’indiscutable numéro 1, lui permettrait d’accroître son vécu. Continuer de séduire le paddock avec pour objectif 2022. Année de la révolution technique qui va obliger l’ensemble des écuries à totalement redessiner leurs monoplaces. Les nouveaux règlements apportent souvent un bouleversement de la hiérarchie et Pierre Gasly, propre et rapide dans le peloton, pourrait être attractif sur le marché des transferts. Mais fera-t-il le choix de couper le cordon ombilical avec Red Bull, écurie exclusivement tournée vers son enfant chéri Verstappen ? De cette décision dépendra la carrière du Normand. Soit dans les pas d’Alesi et Panis. Soit vers les hauteurs de la pyramide s’il trouve le bon ascenseur. 

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