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Disqualifiée aux JO : Aurélie Muller en compétition dès dimanche à Paris

Par Armêl Balogog, France Bleu Lorraine Nord mercredi 24 août 2016 à 16:00

Aurélie Muller aurait gêné l'Italienne Rachele Bruni à l'arrivée
Aurélie Muller aurait gêné l'Italienne Rachele Bruni à l'arrivée - Capture d'écran Francetvsport

La nageuse sarregueminoise ne compte pas se laisser abattre, après sa disqualification aux Jeux Olympiques de Rio, le lundi 15 août : Aurélie Muller participe à une compétition au bassin de la Villette, à Paris, dimanche 28 août.

"Après quelques jours en famille, quoi de mieux qu'un bain de foule et le plaisir de pouvoir replonger dans mon élément". C'est avec cette phrase, publiée mercredi 24 août sur sa page Facebook, qu'Aurélie Muller annonce son retour à l'eau : dimanche 28, elle participe à la Fluctuat, une épreuve parisienne de natation en eau libre, qui se jouera dans les eaux du bassin de la Villette, dans le XIXème arrondissement.

Aurélie Muller y nagera avec un autre sélectionné dans l'équipe olympique de natation, son compagnon d'entraînement qui a été plus chanceux : Marc-Antoine Olivier a obtenu la médaille de bronze au 10 kilomètres en eau libre masculin des Jeux Olympiques de Rio.

Voir aussi, en vidéo : le coup de gueule de Cédric Lang-Roth contre la disqualification d'Aurélie Muller.

"Je sais au fond de moi-même que j'ai gagné cette médaille"

La nageuse sarregueminoise s'est accordé quelques jours de repos, loin des médias mais proche des réseaux sociaux, après être rentrée d'éprouvants Jeux olympiques de Rio. Alors qu'elle avait cru détenir la médaille d'argent pendant quelques minutes, Aurélie Muller a finalement appris que les juges l'avaient disqualifiée : elle aurait gêné sa rivale italienne lors du sprint final de l'épreuve des 10 kilomètres en eau libre féminin, au moment de taper sur la planche qui marque l'arrivée et l'arrêt du chrono.

En désaccord avec cette décision, la nageuse a été déçue une deuxième fois, quand le Tribunal arbitral du sport (TAS) a rejeté son appel. "Il est difficile d’admettre que je sois considérée comme une tricheuse ou une personne manquant de fair-play durant ces Jeux Olympiques", a-t-elle confié sur Facebook, Instagram et Twitter, le 22 août.

Cher tous, Voilà c’est fini… La flamme s’est éteinte cette nuit. Pour moi, il y a longtemps que ces Jeux sont finis. Je ne pouvais plus profiter des derniers jours de fête. Je me suis battue jusqu’au bout pour tenter de retrouver mon honneur bafoué car, plus grave que la disqualification sportive et la perte de la médaille, il est difficile d’admettre que je sois considérée comme une tricheuse ou une personne manquant de fair-play durant ces Jeux Olympiques. La décision du Tribunal Arbitral du Sport reconnait qu’il y a des troubles sur la prise de décision de cette disqualification. Elle admet que ma situation méritait bien un examen par les juges olympiques. Toutefois, les juges ne se sont pas autorisés à revenir sur la décision arbitrale, ils ont refusé de se substituer aux arbitres. On peut le comprendre. C’est comme cela. L’injustice fait parfois aussi partie du sport. De la vie. Il y a de toute façon tant d’injustices dans le monde… Des injustices plus graves, plus violentes. Des injustices sociales, économiques, liées aux origines ethniques, religieuses, aux sexes, à l’accès à l’éducation, à la violence terroriste,… Ces Jeux m’ont par exemple offert de me « balader » dans les favelas, vêtue de ma couteuse panoplie « France » avec le joli crocodile tricolore. Je portais sur moi plus d’argent qu’en avaient les gens que je croisais pour un trimestre. Cela aide à relativiser… Je suis désormais rentrée chez moi à Sarreguemines, dans ma famille. Les journées passent doucement et je n’ai pour l’heure envie de rien. Mon corps se relâche. La fatigue s’impose.

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Aurélie Muller tient à défendre sa réputation. Dès le lendemain de l'épreuve, le 16 août, elle affirmait sur Facebook n'avoir jamais eu l'intention de gêner sa concurrente :

J’ai fait une superbe course. Je suis allé au bout de moi-même, avec tout le travail que j’avais réalisé préalablement et l’envie de rire ensemble sur le podium. Je suis donc très fière de ma performance, réalisée aussi pour tous ceux qui m’accompagnent, m’aident, et vous tous, la France. Je sais au fond de moi-même que j’ai gagné cette médaille car à aucun moment, je n’ai eu un moment d’énervement ou un geste de déloyauté sportive. J’étais concentrée sur la ligne d’arrivée et confiante sur ma capacité à toucher devant.

La nageuse s'est aussi dit déçue de certaines personnes qui ne l'ont pas soutenues, tout en déclarant penser à elle dans les médias ou sur les réseaux sociaux. "Amusant", commente-t-elle, un peu amère.

"Aurélie, on l'aime à Sarreguemines"

Dimanche, elle pourra compter sur les membres du cercle nautique de Sarreguemines, où elle est licenciée et salariée : faute de l'avoir revue depuis son retour, ils assisteront à la Fluctuat à Paris, nous explique le président, Gilles Volpato :

C'est vrai qu'on ne l'a pas directement eu en ligne, mais on sera à Paris dimanche, pour au moins marquer notre présence, pour lui montrer qu'on est là et qu'on n'est pas d'accord avec la décision qui a été prise et surtout la façon dont ça a été fait.

Gilles Volpato, président du cercle nautique de Sarreguemines : "On a vraiment un sentiment d'injustice"

Gilles Volpato ressent ce même "sentiment d'injustice" quand il pense aux quatre années de préparation de la nageuse.

C'est une belle personne qui a des valeurs, et jamais elle n'aurait eu un geste anti-sportif. (...) Aurélie, on l'aime à Sarreguemines et ça nous fait du mal pour elle, alors évidemment qu'on essaie de la soutenir... à distance, par médias interposés.

Fière de sa nageuse, le président du cercle nautique de Sarreguemines ne compte pas la lâcher... et croit déjà en sa participation aux Jeux Olympiques de Tokyo, en 2020. "Est-ce qu'Aurélie aura encore la force ? Je le crois. Dans tout ce qu'elle écrit, dans tout ce qu'elle communique, on en a l'impression. Et connaissant Aurélie, c'est une battante. Ce qu'elle a toujours eu envie de faire, c'est aller chercher cette médaille olympique." Depuis sa disqualification, la Sarregueminoise conclut tous ses messages Facebook sur une note positive : "Je ne suis pas l’arrêt. Je me redresse. Et j’avance.", jusqu'à la Fluctuat parisienne, et peut-être jusqu'aux prochains JO.

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