Tous les sports DOSSIER : Les Mondiaux de Surf 2017 à Biarritz

Drapeau vert pour les Mondiaux de surf à Biarritz

Par Thibault Vincent et Amaia Cazenave, France Bleu Pays Basque vendredi 19 mai 2017 à 23:28

Les entraineurs du Sénégal observent le comportement de leurs surfeurs à l'entrainement dans les vagues de la Grande Plage
Les entraineurs du Sénégal observent le comportement de leurs surfeurs à l'entrainement dans les vagues de la Grande Plage © Radio France - Thibault Vincent

Les Championnats du monde de surf débutent ce samedi 20 mai à Biarritz. Les vagues sont au rendez-vous et l'équipe de France est prête à en découdre pour ces premiers mondiaux depuis l'admission du surf aux JO. Seule la brève interdiction de baignade a provoqué quelques sueurs froides.

Il y avait déjà beaucoup de monde à l'eau sur la Grande Plage de Biarritz à la veille du coup d'envoi de la compétition, organisée pour la 3e fois en France, après Biarritz déjà en 1980 et Lacanau en 1992. Cette année 245 surfeurs et surfeuses de 47 pays, un record dans l'histoire des championnats du monde, ont répondu à l'appel.

L'équipe d'Argentine et son champion du monde en titre Leandro Usuna s'adonne à une partie de dribbling avant d'entrer à l'eau - Radio France
L'équipe d'Argentine et son champion du monde en titre Leandro Usuna s'adonne à une partie de dribbling avant d'entrer à l'eau © Radio France - Thibault Vincent

►►► live vidéo des épreuves de ces Mondiaux de Surf

Le Surf s'universalise

Quinze pays participent pour la première fois à ces Mondiaux, dont l'Afghanistan qui sera représenté par un athlète, la Chine, la Corée du Sud, les Channel Islands, ou encore la Turquie et le Sénégal. Preuve de l'attraction du surf et de son universalité grandissante depuis qu'il est devenu l'an passé discipline olympique (il entrera aux JO à Tokyo en 2020).

Les surfeurs de l'équipe de Turquie, qui participent pour la première fois aux Mondiaux ISA, s'apprêtent à affronter les vagues de la Grande Plage - Radio France
Les surfeurs de l'équipe de Turquie, qui participent pour la première fois aux Mondiaux ISA, s'apprêtent à affronter les vagues de la Grande Plage © Radio France - Thibault Vincent

L'équipe de France vise le titre

Les français eux aussi se sont mis à l'eau ce vendredi dans les vagues biarrotes. Une équipe de France ambitieuse qui vise à domicile le titre par équipes (combinaison des résultats des épreuves féminines et masculines et du relais mixte), qu'elle n'a encore jamais soulevé en 27 participations. L'an passé au Costa Rica, les tricolores ont terminé à la 4e place. Leur meilleur résultat remonte à une 2e place en 2009, année qui a vu le sacre de Jérémy Florès, premier français titré en individuel en surf open.

Une partie de l''équipe de France de surf, avec Jérémy Florès (à gauche) et Joan Duru (à droite), prend la direction de l'entrainement sur la promenade de la Grande Plage  - Radio France
Une partie de l''équipe de France de surf, avec Jérémy Florès (à gauche) et Joan Duru (à droite), prend la direction de l'entrainement sur la promenade de la Grande Plage © Radio France - Thibault Vincent

Si le numéro 1 français est de retour pour ces Mondiaux à domicile, le public devra attendre quelques jours pour le voir à l'oeuvre en compétition. Ce sont les féminines qui inaugurent en effet le programme dès 7h ce samedi, avec en têtes d'affiche les françaises qui feront figure de favorites.

Les françaises de l'équipe de France de surf : Justine Dupont, Johanne Defay et Pauline Ado (de gauche à droite) - Radio France
Les françaises de l'équipe de France de surf : Justine Dupont, Johanne Defay et Pauline Ado (de gauche à droite) © Radio France - Thibault Vincent

Johanne Defay (18h20) et Pauline Ado (9h20) favorites

Actuelle numéro 4 mondiale sur le circuit élite professionnel (WSL), grâce à sa place de finaliste dimanche dernier à Rio de Janeiro, Johanne Defay (23 ans) la benjamine et le phénomène de cette équipe de France aura la pancarte de femme à battre dans le dos. Une pression qui glisse comme une goutte d'eau sur la combinaison en néoprène Ide l'insouciante Réunionaise d'adoption :

En tant que compétiteurs on veut tous gagner (...) j'ai vraiment envie de surfer comme je peux surfer, montrer ce que je sais faire. Ce serait génial pour l'équipe (d'être champions du monde), mais pour moi-même je ne me mets pas trop de pression — Johanne Defay

Johanne Defay aime bien le spot biarrot de la Grande Plage, favorite elle ne se met pourtant pas de pression

La jeune femme, qui entrera en lice à 18h 20 pour sa série, devra se méfier de nombreuses autres concurrentes, à commencer par sa compatriote, amie et camarade de chambre, l'Hendayaise Pauline Ado, championne du monde junior en 2006 et 3e l'an passé en open au Costa Rica, qui a elle aussi rejoint le circuit professionnel mondial cette année. La surfeuse basque qui réside désormais à Anglet retrouvera avec beaucoup d'envie cette Grande Plage pour sa série à :

C'était dur pour moi de ne pas y être. C'est un spot que j'aime bien, où je viens beaucoup m'entrainer (...) J'ai participé aux Mondiaux à 3 reprises, j'ai été à chaque fois finaliste, et malheureusement je n'ai jamais réussi à accrocher ce titre, ça a été une déception à chaque fois — Pauline Ado

La surfeuse basque Pauline Ado affiche ses ambitions chez elle

La surfeuse sud-africaine Bianca Buitendag dans ses oeuvres - Maxppp
La surfeuse sud-africaine Bianca Buitendag dans ses oeuvres © Maxppp -

Gare à Buitendag

Autre surfeuse à surveiller, la sud africaine Bianca Buitendag, 4e mondiale il y a 2 ans et toujours présente sur le circuit WSL. La jeune femme, installée désormais à Hossegor, connait bien le spot biarrot qu'elle apprécie pour y avoir disputer sa première compétition internationale.

La Sud-Africaine Bianca Buitendag apprécie particulièrement Biarritz qui lui a apporté des souvenirs impérissables

Les vagues au rendez-vous

Qui sera titré ? Réponse a priori dès ce dimanche. En effet les vagues sont au rendez-vous et les organisateurs comptent bien en profiter, surtout que la houle a mis longtemps à se lever et qu'elle risque de faiblir à nouveau dans les prochains jours. Mais les prévisions d'ici la fin de la semaine sont bonnes, au grand soulagement de Jean-Luc Arassus, président de la Fédération Française de Surf, organisatrice de ces mondiaux

C'est terrible (l'absence de vagues) ! Tant qu'on est pas dans la semaine qui précède le début de la compétition, c'est terrible à gérer en terme de stress

Jean-Luc Arassus, président de la Fédération Française de Surf est soulagé, les vagues sont au rendez-vous

Baignade interdite, un avertissement sans frais

Seule ombre au tableau, l'interdiction pendant quelques heures de la baignade notamment à la Grande Plage, à la veille du début de la compétition, en raison d'une dégradation de la qualité des eaux. Les fortes précipitations de jeudi, 40 à 50 mm tombés en quelques heures, ont en effet provoquer une "légère" pollution selon la mairie, qui a choisi, "fidèle à sa politique" jure le maire, de hisser le drapeau violet. Mais selon Michel Veunac, il n'y a aucune crainte à avoir.

Le maire de Biarritz Michel Veunac assure que la pollution des eaux de la Grande Plage n'était que mineure

Même son de cloche chez Jean-Luc Arassus. Malgré la pression sur ses épaules, avec les regards braqués sur Biarritz par les promoteurs de la candidature de Paris à l'organisation des Jeux Olympiques 2024, le président de la FFS ne se montre pas inquiet. Les prévisions météos sont bonne et les surfeurs habitués, la preuve certains n'ont pas hésité à braver l'interdiction :

Les délégations de certains pays ont l'habitude de surfer dans des conditions où les critères de propreté de l'eau ne sont pas tout à fait les mêmes... Je suis tout à fait serein — Jean-Luc Arassus

Jean-Luc Arassus, président de la Fédération Française de Surf, n'est pas inquiet après l'interdiction temporaire de la baignade

Les jeunes surfeurs de Biarritz, Bidart et Anglet à l'honneur

Si la compétition féminine débute dès 7h du matin, elle sera interrompue à 10h pour permettre le déroulement de la cérémonie d'ouverture (12h) et avant cela la traditionnelle parade des nations sur la promenade de la Grande Plage (11h). Les 47 délégations et leurs athlètes défileront derrière leurs drapeaux portés par des jeunes des écoles de surf de Biarritz (Bascs), Bidart et Hendaye

Des jeunes du Bascs, école de surf de Biarritz, font parmi les heureux élus pour jouer les porte-drapeaux

Retrouvez le programme et l'évolution de la compétition ici