Retour
Provence-Alpes-Côte d'Azur Corse Auvergne-Rhône-Alpes Grand Est Bourgogne-Franche-Comté Occitanie Nouvelle-Aquitaine Centre-Val de Loire Île-de-France Hauts-de-France Normandie Pays de la Loire Bretagne
  • Toute la France
  • Auvergne-Rhône-Alpes
  • Bourgogne Franche-Comté
  • Bretagne
  • Centre-Val de Loire
  • Corse
  • Grand Est
  • Hauts-de-France
  • Île-de-France
  • Normandie
  • Nouvelle-Aquitaine
  • Occitanie
  • Pays de la Loire
  • Provence-Alpes-Côte d'Azur
Changer de région
Centre-Val de Loire
Changer de région
Corse
Changer de région
Hauts-de-France
Changer de région
Normandie
Retour
Tous les sports

Fernando Alonso se lance dans la préparation des 24 Heures du Mans

vendredi 17 novembre 2017 à 18:06 Par Didier Charpin, France Bleu Maine

Ce dimanche sur le circuit de Bahreïn Fernando Alonso va rouler sur la Toyota TS050, prototype LMP1 bien éloigné de son habituelle Formule 1. Ce sera le coup d’envoi de son grand défi 2018 : remporter les 24 Heures du Mans. Un défi qui fait aussi le bonheur de l’ACO !

Fernando Alonso, en quête de la triple couronne (Monaco, Indianapolis, Le Mans)
Fernando Alonso, en quête de la triple couronne (Monaco, Indianapolis, Le Mans) © Radio France

Le Mans, France

C’est une parfaite conjonction d’intérêts ! Et il est difficile de ne pas imaginer Fernando Alonso au départ des 24 Heures du Mans, parce que tout le monde s'y retrouve pour la 86e édition : le pilote dans sa soif de défi et de légende, Toyota pour s’offrir un attrait positif et l’Automobile Club de l’Ouest pour donner du relief à une édition 2018 qui s’annonçait bien mal. Le double champion du monde de F1 n’est pas encore officiellement confirmé au volant de la TS050 Hybrid, mais ce sera sans doute fait après le « Rookie Test » organisé ce dimanche à Barheïn.

Fernando Alonso : pour entrer dans la légende

Il en rêve ! Fernando Alonso veut rejoindre dans le livre des records le seul pilote auréolé de la « triple couronne » : Graham Hill, vainqueur du GP de Monaco, des 500 miles d’Indianapolis et des 24 Heures du Mans. Un exploit unique réalisé à une époque seventies où les pilotes pouvaient alterner les disciplines. Depuis, les as du volant ont plutôt tendance à se spécialiser et il semblait inenvisageable de voir l’un d’entre eux se lancer dans un tel défi.

Mais c’est l’ambition désormais avouée d’Alonso, engagé surprise aux derniers 500 miles d’Indianapolis. Il n’a pas gagné mais fait forte impression avec une présence continue dans le peloton de tête (dont 27 tours comme leader) avant d’abandonner, moteur cassé, à 20 boucles de l’arrivée. En 2018, l’ex vainqueur du Grand Prix de Monaco (2006–2007) ne devrait pas retourner sur le célèbre anneau américain. Mais plutôt tenter le double tour d’horloge sarthois pour la première fois de sa carrière. Méthodique, il compte apprivoiser les subtilités de l’Endurance en plusieurs étapes : le Rookie Test de Bahreïn suivi d’une participation aux 24 Heures de Daytona début 2018 (sur une JS P217 -United Autosports) pour le programme confirmé. Avant de découvrir le WEC aux 6 Heures de Spa-Francorchamps en mai 2018 si l’essai de ce dimanche s’avère concluant.

2005 : Alonso (au centre) met fin au règne sans partage de Shumacher (à droite) en Formule 1 - Maxppp
2005 : Alonso (au centre) met fin au règne sans partage de Shumacher (à droite) en Formule 1 © Maxppp - Gero Brehoer

A travers ce défi de la Triple Couronne, Alonso veut revenir vers les sommets du sport automobile. Très jeune double Champion du monde de F1 (2005-2006) il n’a pas réussi à enrichir son palmarès malgré quelques solides saisons où le titre s’est joué -et perdu- lors le dernier Grand Prix (2007-2010-2012). Pire, depuis 2015 et son arrivée dans la catastrophique alliance McLaren-Honda, il n’est plus remonté sur un podium alors que sa pointe de vitesse reste l’une des meilleures du plateau. Sevré de succès, aujourd’hui agé de 36 ans, il voit dans ce challenge « Triple Couronne » l’occasion de réussir une fin de carrière en apothéose.

ACO : Proposer une affiche alléchante !

L’intérêt d’Alonso pour les 24 Heures du Mans est une aubaine pour l’Automobile Club de l’Ouest (et le WEC). Depuis l’automne 2016 et le brutal retrait d’Audi, les coups de massue se sont enchaînés avec le départ de Porsche annoncé en juillet dernier suivi du renoncement de Peugeot deux mois plus tard. Résultat : pour les 24 Heures du Mans 2018 une catégorie LMP1 réduite dans le meilleur des cas à la présence de Toyota (le constructeur japonais n’a pas encore confirmé son engagement mais difficile d’imaginer une volte-face après avoir proposé un test à Alonso). Si le baptême du pilote espagnol se passe sans accroc ce dimanche, sa présence donnera une autre dimension au grand rendez-vous annuel de l’Endurance en juin. Avec en toile de fond la possibilité de le voir réussir le deuxième de ses trois grands travaux. Et à ce jour, seuls cinq pilotes ont réussi le doublé Monaco-Le Mans (Nuvolari, Trintignant, Hill, McLaren et Rindt). Donc d’une morose édition marquée par la quasi désertion de constructeurs en LMP1, les prochaines 24 Heures pourraient offrir au public l’occasion de suivre un défi historique, humain, jamais réussi au XXIe siècle.

Fernando Alonso, entre Pierre Fillon et Jean Todt, invité à donner le départ de l'édition 2014 des 24 Heures du Mans - Maxppp
Fernando Alonso, entre Pierre Fillon et Jean Todt, invité à donner le départ de l'édition 2014 des 24 Heures du Mans © Maxppp - Olivier BLIN

Toyota : susciter l’engouement… malgré l’absence d’adversaires de même niveau

Troublée par les départs successifs de ces adversaires en LMP1 Hybride, peu convaincue par le futur règlement LMP1, la firme japonaise tarde à confirmer son engagement en Endurance. Pour elle aussi, la pige d’Alonso modifie la donne. Parce que sa prochaine participation au Mans prendrait un autre relief. Toyota y trouverait la possibilité de bonifier médiatiquement une éventuelle victoire, malgré l’absence de ses « meilleurs ennemies » Porsche et Audi, donc sans véritable opposition même si le futur règlement est sensé rendre les futures P1 privées (moteur thermique) un peu plus concurrentielles, en agissant sur les quantités de carburant et le débit d’essence. L’idée serait de niveler les chronos mais en laissant à Toyota un avantage d’un tour d’autonomie carburant par relais. Donc une victoire assurée sauf casse mécanique. Or les Japonais savent très bien qu’un succès sans réel opposition serait difficile à valoriser. Mais un succès d’Alonso dans sa quête de la Triple Couronne permettrait au constructeur japonais de s’offrir un vrai bénéfice de notoriété. Inscrit pour longtemps dans les esprits.

Du pilote à son employeur en passant par l’organisateur, toutes les parties trouveraient donc leur avantage dans cette affiche « Alonso sur Toyota aux 24 Heures du Mans ». Reste à boucler ce test à Bahreïn. Normalement une simple formalité même si le pilote espagnol devra se familiariser avec certaines procédures propres aux LMP1 Hybrides. Ensuite, sauf très gros coup de théâtre, il ne restera plus qu’à appeler l’imprimeur pour afficher l’enjeu majeur de la 86e édition de la classique mancelle.