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Formule 1 : les Normands Ocon et Gasly en route vers les sommets ?

dimanche 26 novembre 2017 à 16:09 Par Didier Charpin, France Bleu Normandie (Calvados - Orne) et France Bleu Normandie (Seine-Maritime - Eure)

Esteban Ocon 8e et Pierre Gasly 21e du classement final. Le championnat du monde de Formule 1 s’est achevé ce dimanche à Abu Dhabi. Le pilote d’Evreux a réussi une remarquable saison, son compère de Bois-Guillaume s’est bien intégré en un très court délai. Pour eux, 2018 sera une année charnière.

Esteban Ocon, meilleur pilote français cette saison en Formule 1.
Esteban Ocon, meilleur pilote français cette saison en Formule 1. © Maxppp - Hoch Zwei

Normandie, France

Pas de surprise ce dimanche lors du dernier Grand Prix de la saison 2017 de Formule 1. La course disputée à Abu Dhabi aux Émirats Arabes Unis s'est soldée par un classement conforme aux capacités des pilotes normands et surtout de leur monoplace : Esteban Ocon 8e et Pierre Gasly 16e (un tête à queue lui a fait perdre deux positions). Pour l'un comme pour l'autre la saison a été constructive et ils seront à nouveau au départ du premier Grand Prix 2018. Avec des ambitions différentes.

Ocon : révélation de l’année

Esteban Ocon jouait gros en 2017. Après une demi-saison 2016 encourageante, le plus jeune pilote français au départ d’un Grand-Prix (19 ans 345 jours - GP Belgique 2016) devait confirmer son potentiel avec Force India, solide écurie classée 4e l’an dernier du championnat du monde constructeurs. L’Ébroïcien a montré une remarquable régularité avec 18 classements dans les points sur 20 départs. Une présence dans le Top 10 entamée de belle manière dès le Grand Prix d’ouverture en Australie, lorsqu’il s’est offert en fin de course un dépassement plein de panache sur Fernando Alonso pour glaner le premier point de sa carrière !

La Force India n°31 d'Esteban Ocon abonnée au top 10 cette saison - Aucun(e)
La Force India n°31 d'Esteban Ocon abonnée au top 10 cette saison

Surtout Ocon a su se porter à la hauteur de son coéquipier Sergio Perez, pilote mexicain rapide, expérimenté… et parfois teigneux en piste pour préserver une position ! Dès le GP du Canada, 7e course du calendrier, Perez est sorti des limites pour contrer Ocon (refus de laisser passer le Français, plus rapide, malgré une consigne explicite de l’équipe). Le ton est ensuite monté entre les deux pensionnaires Force India lors des courses en Azerbaïdjan et en Belgique avec plusieurs contacts musclés en piste, au point de pousser la direction du team à calmer les ardeurs des pilotes au nom de « l’intérêt de l’équipe ». L’écurie anglo-indienne a plutôt bien géré cette bataille interne dont Ocon ressort comme le vainqueur moral. Les statistiques confirment d’ailleurs le progressif retournement de situation : jusqu’au GP d’Angleterre Perez est arrivé sept fois devant Ocon lorsque les deux Force India étaient dans le top 10 ; ensuite le jeune Normand s’est imposé 5-4 dans cette comparaison spécifique. Au classement final le Normand termine 8e, un rang derrière son coéquipier en raison du meilleur début de campagne du Mexicain.

2018 : tremplin vers les sommets ?

Esteban Ocon sera encore confronté à son « meilleur ennemi » Perez la saison prochaine, toujours dans cette écurie Force India qui ne peut pas jouer la victoire à la régulière. Faute de rivaliser avec les pilotes Mercedes, Ferrari et Red Bull et leurs bolides plus rapides, le Normand devra surtout chercher à être le « meilleur des autres ». Et si possible obtenir son premier podium en cas d’hécatombe chez les ténors. Cette saison il a pu s’afficher brièvement aux avant-postes lorsque des faits de courses ont affecté les leaders (Canada, Italie, Mexique) mais sans pouvoir résister à leurs –logiques - retours en fin de course.

Esteban Ocon populaire dans le paddock de la Formule 1 - Aucun(e)
Esteban Ocon populaire dans le paddock de la Formule 1

Pour gagner en Formule 1, Esteban Ocon devra intégrer l’une des grandes écuries. Le jeune Normand est soutenu par Mercedes et la firme allemande observe sa progression. Si elle a prolongé le contrat de son champion du monde Lewis Hamilton, elle se montre (beaucoup) moins attachée au second pilote : le Finlandais Bottas dont le bail s’achèvera à la fin de la saison prochaine. Le calcul d’Esteban Ocon est donc simple : réussir une belle saison 2018 pour intégrer l’écurie championne du monde l’année suivante. Conscient de l’enjeu le pilote Normand ne va pas se reposer en cette fin d’année, mais plutôt partir en montagne pour déjà préparer physiquement cette cruciale saison 2018, potentiel tremplin vers le Graal.

Gasly : débuts encourageants mais moteur récalcitrant

Bombardé pilote de Formule 1 en cours de saison, Pierre Gasly a disputé cinq des six derniers Grand Prix de la saison (absence aux Etats-Unis pour une course au Japon). La promotion du jeune Normand s’est révélée aussi divine que redoutable et mal préparée ! L’écurie Toro Rosso n’a pas eu le temps de mouler son baquet pour le premier Grand Prix et, difficulté supplémentaire, il a disputé l’intégralité de cette première course privé d’eau ! Malgré cette défaillance du système d’alimentation, Gasly est allé au bout des 90 minutes de l’étouffant GP de Malaisie sans commettre la moindre erreur, pour finir 14e.

Pierre Gasly s'est installé en Formule 1 - Aucun(e)
Pierre Gasly s'est installé en Formule 1

Ce premier couac technique a malheureusement donné le coup d'envoi d'une série noire. Intégré au sein d’une écurie Toro Rosso en souffrance de fiabilité comme de vitesse, les Grands Prix de Gasly ont trop souvent été plombés dès le samedi avec des pénalités pour changement de pièces mécaniques. Résultat : des départs en fond de grille avec l’unique objectif de rallier l’arrivée. Dans ce contexte ses prestations sans faute, agrémentées de quelques dépassements, ont été jugées suffisamment convaincantes pour offrir à Gasly un contrat pour l’ensemble de la saison 2018.

Que vaudra la Toro Rosso 2018 ?

Le jeune homme de Bois-Guillaume (Seine-Maritime, près de Rouen) va pouvoir sereinement préparer sa première saison de pilote titulaire. Mais avec forcément une appréhension : Toro Rosso va changer de motoriste, abandonner Renault pour s’équiper du moteur Honda. Et ce n’est pas un gage de réussite au regard des performances du groupe motopropulseur japonais depuis son retour en F1 en 2015 ! De multiples abandons et un criant manque de puissance qui ont incité l’écurie McLaren à s’en débarrasser pour basculer vers le moteur Renault en 2018.

C’est donc avec l’aléatoire V6 turbo hybride japonais que Gasly disputera le prochain championnat. Il risque de batailler en fond de grille et marquer ses premiers points sera un véritable défi. Sa priorité sera de battre son coéquipier Brendan Hartley, lui-aussi débutant 2017 reconduit en 2018. Cette bataille interne pourrait offrir au vainqueur de belles perspectives pour 2019 : un potentiel volant chez Red Bull, l’écurie sœur de Toro Rosso, bien ancrée –elle - dans les équipes de pointes.

Les 20 pilotes qui ont terminé la saison 2017. Ocon (2e gauche rangée du milieu) et Gasly (2e droite rangée du milieu) seront sur la prochaine photo de classe début 2018  - Aucun(e)
Les 20 pilotes qui ont terminé la saison 2017. Ocon (2e gauche rangée du milieu) et Gasly (2e droite rangée du milieu) seront sur la prochaine photo de classe début 2018

La Normandie mieux représentée que le Brésil

La future saison 2018 pourrait donc permettre aux deux Normands de franchir un gros palier, bien des années après leurs débuts sur les pistes de karting. Clin d’œil du destin, ils ont suivi des chemins différents avant de se retrouver à 21 ans dans le plus prestigieux des championnats du monde. Une élite limitée à 20 pilotes. Certains grands pays (Brésil, Japon, Italie) n’auront aucun engagé mais la Normandie représentera à elle-seule 10 % du plateau !