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INTERVIEW - Le pilote de quad isérois Alexandre Giroud raconte son Rallye Dakar 2017

Par Julien Morin et Antonin Kermen, France Bleu Isère lundi 16 janvier 2017 à 6:00

Alexandre Giroud au guidon de son quad Yamaha sur le rallye Dakar 2017
Alexandre Giroud au guidon de son quad Yamaha sur le rallye Dakar 2017 -

Il l'a fait ! Après douze jours de course et près de 3000 km au compteur, Alexandre Giroud a bouclé son premier Rallye Dakar. Vingt ans après la victoire de son père, il réalise l'exploit malgré son petit budget. Retour sur cette édition 2017 en question-réponse avec le pilote isérois de 35 ans.

Alexandre Giroud, vous finissez votre premier Rallye Dakar à la 11ème place du classement général de votre spécialité, vous devez être immensément fier d'avoir terminé ?

C'était l'objectif, oui, de le finir comme tout participant. De toute façon on ne peut pas le gagner si on ne le termine pas. Le finir vingt ans après mon père comme un clin d'oeil c'était quelque chose d'important pour moi. Je voulais aussi prouver que c'est possible de partir avec un petit budget, pas de mécanicien, finir le Dakar et vivre une belle aventure.

Votre père, qui est le premier à avoir terminé un Rallye Dakar en quad en 1997, est fier de vous ?

Oui c'est sûr qu'il est super content, mais on est à une autre époque. Lui faisait partie des pionniers, des aventuriers, c'est le premier pilote à avoir fini, donc par défaut à avoir remporté le Dakar en quad, mais déjà finir il fallait le faire. Aujourd'hui c'est une vraie course, on était quarante, et celui qui remporte l'épreuve c'est celui qui va le plus vite, pas seulement celui qui va le finir. Toute la famille est contente de ce résultat. Déjà que j'ai fini c'est quelque chose sur lequel pas grand monde ne pariait à part la famille et les amis.

"D'un jour à l'autre on avait l'impression de changer de dimension Les conditions ont beaucoup éprouvé les pilotes"

On a vu des conditions parfois dantesques sur ce Dakar, c'était une vraie aventure ?

Ça a été une horreur (rires). C'est vrai que si on ajoute les problèmes de l'altitudes - certains passages étaient à plus de 5000m - avec la pluie, le froid, c'est affreux. On demande qu'une chose c'est la chaleur, et d'un coup le lendemain on passe du froid à 45°C. C'était quelque chose d'assez exceptionnel : d'un jour à l'autre on avait l'impression de changer de dimension. Les conditions ont beaucoup éprouvé les pilotes.

La carrière d'Alexandre Giroud en image - Radio France
La carrière d'Alexandre Giroud en image © Radio France - Denis Souilla

Vous avez réussi à prendre du plaisir quand même dans des conditions pareilles ?

Quand on part faire le Dakar on sait de toute façon que c'est pour galérer. Heureusement que j'étais très bien préparé physiquement et mentalement.Au final on prend du plaisir à piloter la machine dans ces grands espaces désertiques. C'est d'autant plus le pied avec du recul, parce que c'est vrai que quand on cherchait notre route pendant des heures et des heures on aurait été bien mieux à la maison en train de siroter une grenadine (rires).

"C'est avant tout ça l'esprit Dakar !"

Quelle image la plus marquante de votre Dakar ? Celle qui le symboliserait ?

J'avais un ami et partenaire français qui était plutôt bien placé (ndlr : Axel Dutrie) avec près de deux heures d'avance. Je roulais, le vois arrêté sur le bord du chemin, décomposé totalement. Du coup je m'arrête, il me dit que le moteur est cassé, la course est finie pour lui. Je lui dis "écoute, moi de toute façon que je sois onzième ou huitième ça ne changera pas grand chose". Alors on a mis une sangle, je l'ai tracté pendant 40 kilomètres, puis la sangle a cassé, on s'est retrouvé à genoux dans le sable à faire des nœuds. Après il s'est retrouvé sans freins, il m'est rentré dedans... voila on a passé une heure et demie à ramener le quad et le lendemain il repartait. Aujourd'hui (samedi 14 décembre) il est à côté de moi sur le podium. C'est avant tout ça le Dakar !

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Les 12 étapes du Dakar 2017

  • 02/01 : Départ d'Asuncion (Paraguay) - Resistencia (Argentine)
  • 03/01 : Resistencia - San Miguel de Tucuman (Argentine)
  • 04/01 : San Miguel de Tucuman - San Salvador de Jujuy (Argentine)
  • 05/01 : San Salvador de Jujuy - Tupiza (Bolivie)
  • 06/01 : Tupiza - Oruro (Bolivie)
  • 07/01 : Oruro - La Paz (Bolivie)
  • 08/01 : Journée de repos à La Paz
  • 09/01 : La Paz - Uyuni (Bolivie)
  • 10/01 : Uyuni - Salta (Argentine)
  • 11/01 : Salta - Chilecito (Argentine)
  • 12/01 : Chilecito - San Juan (Argentine)
  • 13/01 : San Juan - Rio Cuarto (Argentine)
  • 14/01 : Rio Cuarto - Arrivée à Buenos Aires (Argentine).