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Charlotte Bonnet accueille Jérémy Stravius à l'Olympic Nice Natation

lundi 1 octobre 2018 à 15:27 Par Jean-Baptiste Marie, France Bleu Azur

Charlotte Bonnet et Jérémy Stravius s'entraînent désormais ensemble dans les bassins de l'Olympic Nice Natation. France Bleu Azur a rencontré les deux cadres de l'équipe de France de natation lors du séminaire du Team EDF à Sophia-Antipolis. Interview croisée.

Charlotte Bonnet et Jérémy Stravius s'entraînent ensemble à l'Olympic Nice Natation
Charlotte Bonnet et Jérémy Stravius s'entraînent ensemble à l'Olympic Nice Natation © Radio France - Jean-Baptiste Marie

Nice, France

Convaincre Jérémy Stravius de venir à l'Olympic Nice Natation, cela a été simple ?

Charlotte Bonnet : "Ça a été difficile pour lui je pense de quitter son cocon familial. Il est né et a grandit là bas (Abbeville, Amiens dans la Somme). C’est toujours difficile. Moi si je devais quitter Nice demain ça serait compliqué. J'ai construit mon palmarès avec ce club. Jérémy a fait le bon choix, je suis très contente qu’ils rejoignent l'ONN. C’est bien pour sa fin de carrière . Il va pouvoir relancer la machine et il sera un réel soutien pour le groupe."

Jérémy, on peut le dire, vous êtes venus à Nice pour Charlotte ?

Jérémy Stravius : "Exactement ! (rires ) Elle m’a poussé à venir et je la remercie aujourd’hui. J’aurai regretté de ne pas l’avoir fait. Cela va m'apporter quelque chose d’autre, une nouvelle expérience, même si je ne pars pas de zéro. Ça va être une année complètement différente. Et puirs le soleil et la mer sont autant d'atouts qui m’ont convaincu avec la structure du club aussi. Je me sens bien ici."

Vous êtes tous les deux désignés comme chefs de file de l'équipe de France de natation. Qui est le vrai leader ?

J.S. : "J’ai toujours dit qu’il n’y avait pas de leader. Tant qu’il y a une cohésion de groupe en équipe de France et que l'on si sent bien c'est suffisant. Après, désigner un leader je ne sais pas si c'est nécessaire. On parle de capitaine pour essayer de bien gérer les garçons et les filles en compétition. Et ça se passe très bien, surtout chez les filles (dit-il en souriant) qui ont été très performante aux championnats d'Europe l'été dernier."

C.B. : "Avoir un leader c’est souvent synonyme de pression pour ce dernier, d’obligation de résultats. Est-ce qu'il a échoué ? Est-ce qu'il a réussit ? Nous, on a décidé de ne pas avoir de tête d'affiche. On est plusieurs. Après, Jérémy joue bien le rôle de capitaine. Moi ce n'est pas mon truc !"

Charlotte, quelle est la principale qualité de Jérémy ?

C.B. : "C’est un bosseur, un travailleur. Il n'a pas toujours eu des années faciles. On se connaît depuis un moment et on a partagé plein de choses. En 2011, il est sacré champion du monde du 100m dos, ex-aequo avec Camille Lacourt. J’étais là. L'année suivante a été plus difficile, mais il a su rebondir. Être encore là à 30 ans, ce n’est pas rien ! Je ne suis pas sûr que j’aurai le même palmarès que lui dans quelques années."

Jérémy, la plus grande qualité de Charlotte ?

J.S. : "C’est une rageuse (rires). Elle a la rage de vaincre. Charlotte sait ce qu'elle veut. Elle a des objectifs et fait tout pour les atteindre. Ne rien lâcher, tout les jours, fait que l’on arrive à des résultats. Ces titres aux championnats d’Europe cet été ça veut tout dire. J’admire son comportement, la confiance en soi... Il y a plein de qualité chez Charlotte."

Et son principal défaut ?

J.S. : "Rageuse aussi ! (il éclate de rire) Ouai je suis mauvaise perdante (confirme Charlotte Bonnet). Mais c’est mignon à voir. On sent dès qu’elle a la rage : son sourire se crispe un petit peu et ça ça me fait rire."

C.B. : "Des défauts chez Jérémy ? J'ai du mal à en trouver. Je ne les connais pas encore. Je vais  sans doute les découvrir à l'entraînement à Nice dans les prochaines semaines. Je vous redirai !"

Quel est votre plus beau souvenir sportif de l'autre ?

C.B. : "Il y a 2011 donc même s'il partage ce titre mondial avec Camille Lacourt. Mais je dirai les championnats de France à Rennes en 2013. Une année de folie ! Il fait cinq, six courses. Jérémy avait remporté une médaille à chaque fois. Que de l'or ! Sauf dans une épreuve."

J.S. : "Sa médaille d’or aux Euros petit bassin à Copenhague l'hiver dernier. C'est ta première médaille d'or internationale en individuel, hein c'est ça ? (lance-t-il interrogatif en regardant Charlotte Bonnet) Ça annonçait déjà la belle saison qu’elle s’apprêtait à faire. Cela signifiait énormément pour elle. Charlotte a eu un parcours difficile. Des hauts et des bas, et pas que dans les performances sportive, dans la vie aussi. On a à tous nos coups de mou. Mais Charlotte s'accroche. Elle a des objectifs élevés et y parvenir c’est beau. Nous, dans les tribunes on vécu ça avec une telle intensité ! J'en ai encore des frisons (dit-il en montrant la chair de poule sur son bras).

Jérémy Stravius enlace Charlotte Bonnet après la victoire du relais français mixte sur le 4x100m aux derniers championnats d'Europe - AFP
Jérémy Stravius enlace Charlotte Bonnet après la victoire du relais français mixte sur le 4x100m aux derniers championnats d'Europe © AFP - Oli SCARFF

Jérémy, que pouvez-vous apporter à Charlotte ?

"Le sourire ! On déconne beaucoup tout les deux. Là, à l’entraînement on va apprendre à se connaître différemment. On se côtoie tous les jours, dans la difficulté. Je vais essayer de lui apporter un petit plus dans le fait de ne rien lâcher. Même si, déjà, elle ne lâche pas le morceau. Je lui apporterai mon expérience à l’entraînement quand ça sera difficile."

Et vous Charlotte ? Que pouvez-vous apporter à Jérémy ?

C.B. : "La joie de vivre. On fait un sport qui est loin d’être facile. Se retrouver, le matin,à 6h45 au bord du bassin, des fois on tire un peu la gueule. On n'est pas forcément content d’être là. Après comme dit Jérémy, on s'entend super bien. Dès que l’on se voit, sans se parler, on rigole ! Ça illumine direct la journée et rend l’entraînement plus facile. Le fait qu’il soit venu à Nice, ça va nous tirer vers le haut tous les deux. Il a eu des moments un peu difficile à Amiens. Il y avait moins de joie à l'entraînement. Ça va lui redonner un nouvel élan et j’espère que j'en ferai partie."

Jérémy, Charlotte est-elle un bon guide ?

J.S. : "Énormément ! J'ai été bien accueilli par Charlotte, même par sa maman. Charlotte m'a d'abord fait découvrir Nice, ensuite avec Jordan (Pothain). Ça fait plaisir ! Je ne m'attendais pas à un tel accueil. C'est une belle surprise. Enfin ce n'est pas si étonnant en fait. Je connais bien Charlotte et son compagnon (Jérémy Desplanches). Passer des moments ensemble hors piscine ça fait du bien et en tout ces je ne me sens pas du tout perdu, même si je suis venu sans personne, sans rien.

Vous l'avez emmené où Charlotte ?

C.B. : "Surtout dans des restaurants pour l'instant (rires). Il aime bien manger, comme moi. On est allé dans le Vieux-Nice pour manger une glace, histoire de se rafraîchir quand il fait chaud. On s’est baladé. J’essaie de lui expliquer les quartiers, car il cherche un appartement. Après c'est déjà un vrai niçois. Il conduit avec le klaxon."

J.S. : "À Amiens, y avait pas besoin ! Mais on m'a briefé sur le stationnement à Nice. Tu peux te garer partout (rires) ."

Lequel de vous deux ferait un bon ministre des Sports ?

C.B. : "Aucun des deux ! (ils éclatent de rire) Je ne suis pas très branché politique. Je suis l’actualité mais après que Roxana (Maracineanu, ancienne nageuse) soit ministre des Sports, c'est une bonne chose. Elle sait ce qu'est le haut-niveau, ce que l’on endure, les sacrifices que l'on fait quotidiennement. On verra ce que ça nous apportera."

J.S. : "Monsieur le ministre ? Pas du tout ! J’aurai plus de facilité de parler devant des personnes, j’ai plus l’habitude que Charlotte. Mais pour redevenir sérieux, la nomination de Roxana c'est peut-être une bonne chose. Après il faut lui donner les moyens ! Et avec ce que l'on entend en ce moment... On vous donne des missions quasi infaisables car on ne vous donne pas les moyens qui vont avec." 

Que peut-on vous souhaiter, à chacun, pour l'année à venir ?

J.S. : "Que cette saison soit un tremplin pour les jeux de 2020. Il y’a du boulot mais on arrive sur année décisive avec les Mondiaux l'été prochain. Un rendez-vous important. J’irai avec l’ambition de réaliser une grosse performance et de retrouver mon niveau."

C.B. : "Je viens d'achever une année quasi parfaite. Je ne m’alignerai pas sur les Mondiaux en petits bassins à la fin de l'année (décembre). J'ai vais continuer avec mon nouveau rythme d'entraînement : avec le préparateur physique, le cours de taekwondo. Travailler sur la force et la vitesse les quatre, cinq premiers mois. Cela peut vraiment porter ses fruits." 

Avec l'arrivée de Jérémy, de Jordain Pothain, l'Olympique Nice Natation est de retour au premier plan !

C.B. : " Ça fait du bien. Ces derniers temps, on a beaucoup parlé du cercle des nageurs de Marseille. Les meilleurs ne venaient que de là-bas. Aujourd'hui, je crois qu'on peut le dire. L'ONN est le plus gros club de France. Les résultats lors des derniers championnats d'Europe l'ont illustré."

Propos recueillis par Jean-Baptiste Marie.

À propos du Team EDF...

Le Team EDF rassemble 16 athlètes. Il a été crée en 2009 par l’électricien français qui soutient depuis très longtemps le sport de haut-niveau. Partenaire des fédérations de natation, de canoë, d'handisport et de football, EDF passe des contrats d'images avec les sportifs qui participent à des évènements publics mais aussi au sein de l'entreprise. "Il y a un soutien financier mais moral aussi, détaille Charlotte Bonnet. Le Team EDF se déplace lors de nos compétitions pour relayer nos performances sur les réseaux sociaux. Les gens peuvent nous suivre. On est fêté lors de nos victoires. C'est un vrai soutien."