Tous les sports DOSSIER : Jeux Olympiques de Rio 2016

JO 2016 - : "je ne voulais que l'or, pas l'argent ou le bronze", la déception de Haby Niaré en taekwondo

Par Fanette Hourt, France Bleu Paris Région vendredi 19 août 2016 à 10:45 Mis à jour le samedi 20 août 2016 à 9:15

Habby Niaré, seulement 23 ans, mais déjà championne de France, d'Europe et du monde de taekwondo, dans la catégorie des moins de 67 kg.
Habby Niaré, seulement 23 ans, mais déjà championne de France, d'Europe et du monde de taekwondo, dans la catégorie des moins de 67 kg. © Maxppp - Maxppp

Elle combattait pour une seule chose ce vendredi, aux Jeux Olympiques de Rio : Haby Niaré, championne de France, d'Europe et du monde de taekwondo, favorite de la compétition dans la catégorie des moins de 67 kg, devra se contenter de la médaille d'argent.

Haby Niaré y a cru jusqu'au bout d'une finale de taekwondo très disputée dans la catégorie des moins de 67 kg, ce vendredi. La Francilienne, originaire du Val-Fourré, à Mantes-la-Jolie, dans les Yvelines, a fini par s'incliner pour deux petits points face à la Sud-Coréenne Oh Hye-Ri. A seulement 23 ans, Haby Niaré devient tout de même vice-championne olympique.

"Je ne voulais que l'or"

Mais à l'issue du combat, impossible de savourer. C'est la déception qui domine. Elle avait tant répéter ne vouloir que "l'or" : "je ne voulais pas de l'argent ou du bronze, juste l'or" redira-t-elle avant de monter sur le podium.  Championne de France, d'Europe et du monde de cet art martial coréen, la Française partait favorite de la compétition.

Le portrait d'une athlète déterminée voire têtue

"J'ai seulement 23 ans, mais je sais ce que je veux. Je veux être championne olympique, un point c'est tout", martèle Haby Niaré.

Le titre olympique est le seul qui manque à son palmarès.

Une championne de Mantes-la-Jolie

C'est à Mantes-la-Jolie, dans les Yvelines, dans le quartier du Val Fourré, que tout a commencé. Haby Niaré découvre le taekwondo à l'âge de 10 ans. Des origines qui sont devenues un porte-étendard : "Je viens d'une cité assez sensible. J'ai envie de prouver  que même si on vient d'un quartier comme celui-là, on peut y arriver. En croyant en ses rêves, on peut se donner les moyens de devenir champion."

Elle fait ses débuts au club Taekwondo Val-de-Seine, qu'elle n'a d'ailleurs quitté que très récemment. Son premier entraîneur, Abdesslam Bamou, se souvient d'une petite fille timide, mais déjà très énergique : "Un peu tout feu tout flamme. Il fallait vraiment la cadrer, mais on sentait qu'il y avait quelque chose. Quand elle s'entraînait, elle était très explosive. C'est une combattante, et elle va jusqu'au bout des combats. Blessée ou pas blessée, il fallait absolument qu'elle finisse son combat."

Haby Niaré avec son premier entraîneur, Abdesslam Bamou. - Radio France
Haby Niaré avec son premier entraîneur, Abdesslam Bamou. © Radio France - Abdesslam Bamou - DR

Une volonté de fer qui l'aide à grimper peu à peu les échelons : elle entre en équipe de France, fait ses premiers pas en compétition, et remporte tour à tour les titres de championne de France, d'Europe, puis du monde. Une trajectoire qui n'étonne pas l'éducateur sportif de Mantes-la-Jolie :  "Habi, c'est quelqu'un de têtu. Donc si elle ne veut pas quelque chose, c'est compliqué. Mais une fois qu'elle veut quelque chose, elle va jusqu'au bout."

J'ai seulement 23 ans, mais je sais ce que je veux. Je veux être championne olympique, un point c'est tout.

"J'ai aperçu les escrimeurs rentrer au village avec leur médaille d'or autour du cou. C'est là que je me suis dit vraiment qu'elle était magnifique et qu'il me la fallait autour du cou aussi. Franchement j'ai trop envie", confiait Haby Niaré avant le début de la compétition.

Son ancien entraîneur, Abdesslam Bamou, n'a d'ailleurs aucun doute là-dessus. Selon lui, Haby Niaré est programmée pour tout gagner.

Rendez-vous à Tokyo, en 2020, pour la quête de l'or olympique.