Tous les sports DOSSIER : Jeux paralympiques de Rio 2016

JO paralympiques : et le handisport en Franche-Comté ça donne quoi ?

Par Anne Pinczon du Sel, France Bleu Besançon mardi 6 septembre 2016 à 19:34

Julien Casoli, l'athlète franc-comtois,  s'entraîne à Vesoul tout près de chez lui
Julien Casoli, l'athlète franc-comtois, s'entraîne à Vesoul tout près de chez lui © Radio France - Olivia Chandioux

Les Jeux paralympiques de Rio démarrent ce mercredi. 11 jours de compétition, 4000 athlètes et 23 disciplines différentes. Des JO en décalé qui seront suivis de près par les 600 licenciés qui font du handisport en Franche-Comté

La star franc-comtoise des Jeux paralympiques de Rio, c'est l'athlète Julien Casoli. Il s'entraîne à Vesoul, il a remporté la médaille de bronze à Londres en 2012 sur le 5000m. Cette année, il disputera le 800m, le 1500m, le 5000m, le relais 4x400m et le marathon. Rien que ça.

Il a choisi de rester chez lui, en Franche-Comté pour s'entraîner : "j'ai des potes pour qui Paris c'est magique en termes d'infrastructures, mais moi j'ai une piste à moi tout seul à Vesoul pour m'entrainer, j'ai des entraîneurs dans le coin, je suis à 5 minutes de chez moi en voiture, je ne vois pas pourquoi j'irais m'imposer des contraintes alors qu'ici j'ai de super conditions."

Mais ces conditions, est ce qu'elles sont aussi parfaites quand on n'est pas une star olympique ? En 10 ans en tout cas, il y a eu une nette amélioration. Il y a aujourd'hui 40 clubs qui proposent du sport adapté, ça représente 25 disciplines différentes et 600 licenciés. Et c'est 10 fois plus qu'il y a 10 ans.

Martial Billod-Laillet le président de la section basket-fauteuil de l'ASCC de Brégille à Besançon a commencé le basket il y a 22 ans "parce qu'à l'époque, quand je me suis retrouvé en fauteuil, il n'y avait quasiment que ça" .

Je ne peux pas en vouloir aux gens, moi-même quand j'avais 20 ans je ne connaissais pas le handisport

Mais ça pourrait être encore mieux. Le comité régional handisport n'a pas des moyens énormes. Dans chaque club, il y a des gens qui s'impliquent au quotidien pour trouver des sponsors, organiser des compétitions, gérer la logistique des déplacements et parfois trouver des joueurs pour remplumer les équipes. Des joueurs, des entraîneurs, des présidents de clubs, qui regrettent que leurs sports ne soient pas assez médiatisés.

Pour ces Jeux paralympiques, France Télévisions a décidé de faire un effort. 100 heures de direct sur France 4 pour suivre les exploits des Bleus. Mais comparé aux 2 400 heures de direct proposées pendant les JO valides c'est peu. "On a l'habitude, explique, résigné, Martial Billod-Laillet, même au niveau local, vous n'entendez jamais parler de basket-fauteuil. Il y a des supporters, mais ce sont nos proches. C'est comme ça, je peux pas en vouloir aux gens, moi non plus quand j'avais 20 ans je ne m'intéressais pas au handisport."

Antonio Serra, le président d'Hand Ensemble Besançon estime quant à lui que si le hand-fauteuil devient une discipline olympique, ça pourrait un peu changer la donne : "ça obligerait nos fédérations à organiser des vraies compétitions, on aurait de meilleurs athlètes, on pourrait attirer plus de sponsors."