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ENTRETIEN - Julien Fébreau : "Mon inspiration pour devenir commentateur est venue à Lohéac"

Dimanche, ses commentaires ont sublimé la victoire de Pierre Gasly lors du Grand Prix de Monza. Julien Fébreau, journaliste à Canal +, est né à Rennes et a grandi à Quimper. Il garde de fortes attaches avec la Bretagne, sa passion pour le sport auto étant née à Lohéac.

Julien Febreau interviewe Pierre Gasly à Barcelone en février dernier
Julien Febreau interviewe Pierre Gasly à Barcelone en février dernier © Maxppp - HOCH ZWEI/Newscom/picture alliance

France Bleu Armorique : Tu te rends compte que tu as fait vibrer des milliers de personnes. Certes l'exploit vient de Pierre Gasly, mais ton commentaire rentre aussi dans l'histoire de ce moment. Est-ce qu'on s'en rend compte sur le coup ?

Julien Fébreau : Sur le moment on ne se rend pas compte qu'on est en train de participer à un moment qui va marquer l'histoire du sport. Par contre j'ai été submergé par la vague de messages et de commentaires extrêmement gentils, bienveillants, émus même parce qu'il y avait beaucoup d'émotion dans tous les commentaires que j'ai vu passer. 

Dès l'arrivée du Grand Prix, ça a duré toute la soirée, toute la nuit, j'ai même été surpris de voir arriver des messages des Etats-Unis, d'Amérique du Sud, parce que les gens de la Formule 1 ont repartagé sur les réseaux sociaux le dernier tour. Donc ça a fait le tour du monde, j'ai reçu des messages en espagnol, en anglais, de gens qui me disaient "on ne comprend pas ce que vous avez dit mais on a pleuré quand même !" Et ce qui m'a fait très plaisir c'est que Pierre Gasly m'a appelé ce matin en me disant "c'est hallucinant ce que t'as fait, je regarde en boucles les vidéos !" Il était quasiment aussi heureux pour moi d'avoir vécu ce commentaire que de sa victoire et on s'est dit qu'on avait partagé, à distance, un bon moment !

FBA : Est-ce que ça n'est pas ça finalement le plus émouvant ? La réaction du pilote concerné ?

JF : C'est un ensemble ! On commente d'abord pour les abonnés de Canal et quand ils nous disent qu'ils ont passé un grand moment c'est qu'on a fait notre travail, parce que c'est notre travail : partager des émotions et en faire vivre aux gens. Mais effectivement, d'avoir le principal intéressé qui dit en direct hier soir à l'antenne "ça me donne des frissons d'entendre ça", évidemment que c'est touchant. Si les abonnés et Pierre étaient touchés, c'est qu'on était dans la cible au moment de faire le commentaire. 

FBA : Comment se construit-il ce commentaire ? Est-ce que le cerveau est mis de côté pour laisser complètement parler l'émotion ou bien il y a une forme de préparation ?

JF : Il y a de la construction en amont. Entre 5 et 10 tours avant l'arrivée j'ai préparé quelques éléments avec l'aide du chef d'édition. Je voulais la liste complète des pilotes français qui avaient déjà gagné un GP, je voulais surtout pas en oublier un. On a revu aussi la date exacte de la victoire de Panis à Monaco en 1996. Ca m'a permis de redonner le nombre d'années, de mois et de jours écoulés parce que je voulais le donner comme ça. Je voulais, pour les deux derniers tours, ne plus avoir rien d'autre à faire que de me concentrer sur le commentaire. Je me suis quand même dit que j'allais peut-être préparer des choses qui n'allaient pas servir si Pierre ne conservait pas la tête, mais je voulais le faire avant pour être 95% dans l'émotion sur les deux derniers tours et c'est ce que je suis parvenu à faire.

FBA : Tu es Breton, Pierre Gasly est Normand, est-ce que vous-vous battez pour savoir où est placé le Mont-Saint-Michel ?

JF : Le Mont-Saint-Michel est très bien à sa place (rires) ! C'est un endroit merveilleux très bien placé en Normandie et je refuse de rentrer dans la bataille du Mont-Saint-Michel ! 

FBA : Tu as grandi entre Rennes et Quimper, et entre les deux il y avait Lohéac. Tu peux nous raconter ton enfance ?

JF : Je suis né à Rennes, j'ai ensuite fait toute ma scolarité à Quimper mais je venais pour les vacances à Lohéac où était installé mon papa. Il était pilote de rally-cross et c'est vrai que Lohéac est le temple mondial du rally-cross. J'ai grandi au bord de ce circuit, à regarder les voitures, à nettoyer consciencieusement la voiture de mon papa pour qu'il ait la plus belle voiture sur la grille de départ. C'est vrai qu'assez jeune je suis monté sur la tour où s'installait le speaker, Jean-Jacques Guibal, la voix du rally-cross. Les moments les plus merveilleux que j'ai passé c'est d'être au moment des finales le dimanche après-midi juste à côté de lui, collé contre la barrière à écouter ce qu'il transmettait comme émotion, et il sait le faire comme personne. Clairement mon inspiration pour devenir un jour commentateur est venue à Lohéac en surplombant les voitures de rally-cross. Clairement pour moi tout est né là-bas.

FBA : Tu as eu une pensée pour lui après la réussite de ce commentaire ?

JF : J'ai pensé à pas mal de gens dans la soirée. J'ai reçu des messages de gens qui ont jalonné mon parcours, et notamment les gens du rally-cross. On n'arrive jamais seul à atteindre les objectifs qu'on se fixe. Je sais ce que je dois à beaucoup de gens pour vivre le métier qui est le mien aujourd'hui, qui est le métier de rêve absolu.

FBA : On a vu que le joueur du Stade Rennais Clément Grenier t'avait félicité pour ton commentaire, est-ce que tu es supporter du Stade Rennais ?

JF : Oui, je suis supporter du Stade Rennais. Je ne suis pas un grand connaisseur de football, ce serait mentir de dire le contraire. Mais je suis Rennais, je suis né à Rennes, je suis fier des couleurs du Stade Rennais. Encore une fois c'est un cliché, mais aller manger une galette-saucisse un soir de match au Roazhon Park, c'est un beau petit plaisir. Rennes réalise de très belles choses et j'ai hâte d'y retourner. Je ne connais pas personnellement les joueurs mais j'espère avoir l'occasion de les rencontrer et échanger avec eux sur nos passions communes. Le sport en général est une passion qu'on partage, pour parler de ballon rond et de voitures, ça me plairait beaucoup de pouvoir les rencontrer à l'occasion !

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