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L’incroyable poisse de Toyota aux 24 Heures du Mans depuis 2012

mardi 12 juin 2018 à 18:52 Par Didier Charpin, France Bleu Maine

Toyota va enfin tenter de remporter les 24 Heures du Mans ce week-end. Archi-favori, le constructeur nippon n’aura pas vraiment d’adversaire capable de le menacer en piste. Mais il devra en finir avec la malchance, parfois aggravée par des maladresses, responsable d’échecs répétés depuis 2012.

La Toyota en panne à un tour de l'arrivée en 2016. L'image symbole des multiples désillusions depuis 2012
La Toyota en panne à un tour de l'arrivée en 2016. L'image symbole des multiples désillusions depuis 2012 - Prudencio CAZALES/ACO

Le Mans, France

Qu’est ce qui risque de provoquer la chute de Toyota ? Cette question sera dans toutes les têtes ce week-end lors des 24 Heures du Mans (16-17 juin). Parce que le constructeur japonais est toujours dans l’attente d’un premier succès dans la plus célèbre des courses d’endurance. Après une première série d’échec dans les années quatre-vingt-dix, Toyota est revenu en 2012. Mais la victoire se refuse toujours, parfois de façon très cruelle. Surtout lors des deux dernières éditions avec d’improbables enchaînements de mauvaises circonstances….. 

2012 : des débuts encourageants

Le championnat du monde vient d’être créé et Toyota est invité à le sauver ! Le 18 janvier Peugeot a brutalement annoncé son retrait avec effet immédiat. L’ACO et la FIA demande donc au constructeur japonais de s’aligner au Mans, pour offrir une rivalité à Audi, seul engagé en LMP1 hybrides. Toyota va faire un effort considérable pour présenter deux TS030 aux vérifications techniques le 11 juin. Mais ces voitures n’ont pas participé aux deux premières courses de la saison (Sebring et Spa) et leur compétitivité est forcément sujette à de grosses interrogations…..

Les Toyota sont présentes dès l'édition 2012, après une préparation au pas de charge pour pallier la défection de Peugeot - Aucun(e)
Les Toyota sont présentes dès l'édition 2012, après une préparation au pas de charge pour pallier la défection de Peugeot - LAURENT CARTALADE / VISION SPORT AGENCY/ACO

Aux qualifications un premier doute tombe : les Toyota sont rapides. Avec des chronos en 3’24” et 3’25 elles ne sont pas ridiculisées par Audi. La marque aux quatre anneaux, référence des années 2000 au Mans, occupent logiquement la première ligne. Mais avec une seconde d’avance sur la première Toyota. Encourageant en terme de vitesse, la course apportera la réponse de la fiabilité.

De l'euphorie à l'angoisse en une minute.....

D’abord discrètes, les deux Toyota vont prendre leurs marques au début des 24 Heures. Elles enchaînent les tours et elles ne comptent qu’une minute de retard sur l’Audi de tête à 18h. Les TS030 Hybrid vont alors progressivement augmenter le rythme et réduire l’écart. Et la scène que personne n’aurait imaginé va se produire à 19h58 : Nicolas Lapierre double Benoît Tréluyer, le vainqueur en titre, après une somptueuse passe d’arme ! Toyota mène la course au 83e tour !

Sensation peu avant 20h lorsque la Toyota n°7 se porte en tête des 24 Heures du Mans 2012 - Aucun(e)
Sensation peu avant 20h lorsque la Toyota n°7 se porte en tête des 24 Heures du Mans 2012 - Guénolé TREHOREL

Mais l’euphorie est de (très) courte durée. Dans la minute suivante l’autre Toyota, en 4e position, est accrochée par une GT à Mulsanne. Déséquilibrée la voiture décolle, effectue un looping, avant de brutalement retomber sur les 4 roues. C’est l’abandon et le pilote Anthony Davidson sera évacué vers le centre médical victime d’une fracture des vertèbres

Après plus d’une heure de neutralisation, le restart sera marqué par le deuxième coup dur pour Toyota. Nakajima trop impulsif vient accrocher la DeltaWing, cette voiture très originale engagée dans le 56e stand. Le pilote japonais, clairement fautif, devra observer un long arrêt (1h44) pour remettre en état la boîte de vitesse et la transmission. Wurz prendra le relais avant de rentrer définitivement la voiture au stand à 1h37, moteur à l’agonie. 

Cette 80e édition offre un triplé à Audi, et une seconde victoire consécutive du trio Tréluyer-Fässler-Lotterer. Mais Toyota a séduit par son niveau de performance.

  • Résultat : Abandon (Lapierre/Wurz/Nakajima) dans la 10e heure
  •             Abandon (Buemi/Davidson/Sarrazin) dans la 5e heure

2013 : fiables mais pas assez rapides

Pour sa deuxième saison depuis son retour au Mans, Toyota aligne une TS030 Hybrid dotée d’un châssis amélioré. Le groupe japonais a commencé à titiller Audi sur certaines pistes (trois victoires en WEC) et il arrive raisonnablement optimiste sur le juge de paix que représente le tracé des 24 Heures. 

L'équipe désormais bien rodée pour sa deuxième saison. La fiabilité est là.... mais pas la vitesse.... - Aucun(e)
L'équipe désormais bien rodée pour sa deuxième saison. La fiabilité est là.... mais pas la vitesse.... - Dominique BREUGNOT/ACO

Mais le verdict des chronos est impitoyable : Toyota ne parvient pas à passer sous les 3’25 soit trois secondes de retard sur l’Audi n°1, la “flèche” de cette 81e édition. Faute de vitesse, les TS040 Hybrid vont rester au contact grâce aux conditions de pistes changeantes. Les averses s’invitent régulièrement provoquant des sorties de pistes et de multiples neutralisations (5h27 sous safety car, record des 24 Heures !). 

Lors de cette édition 2013, Toyota aura très brièvement pointé en tête (14e, 15e, 24e et 25e tours) grâce à des arrêts carburants décalés par rapport à Audi. Sinon les protos japonais resteront menaçants mais jamais en mesure de jouer la victoire à la régulière. Illustration de leur fiabilité : les 43 minutes passés au stand de la n°7 (Buemi/Davidson/Sarrazin) contre 47 minutes à l’Audi victorieuse. 

Nicolas Lapierre rentre au stand, l'avant de la TS030 Hybrid très endommagé. Le podium s'envole pour son équipage - Aucun(e)
Nicolas Lapierre rentre au stand, l'avant de la TS030 Hybrid très endommagé. Le podium s'envole pour son équipage - Arnaud CORNILLEAU/ACO

Seul couac : une sortie de piste de Nicolas Lapierre à 13h42, surpris dans les virage Porsche par une énième averse alors qu’il roule en pneus slicks. Le pilote français y perdra trente minutes de réparations au stand et surtout un podium ! Cette édition, endeuillée par l’accident mortel d’Allan Simonsen, est remportée par l’Audi du trio Kristenssen/Duval/McNish. 

  • Résultat : 2e place (Buemi/Davidson/Sarrazin) à 1 tour
  •                4e place (Lapierre/Wurz/Nakajima) à 7 tours

2014 : le premier cauchemar

Séduite par la belle résistance affichée en 2013, la direction de Toyota a lancé la construction d’une nouvelle voiture : la TS040 Hybrid. Avec un effort soutenu sur la puissance : moteur thermique porté à 3,7 litres et unité motrice supplémentaire. Cette machine est diabolique avec une puissance cumulée de 1000 ch à la réaccélération ! Toyota arrive au Mans en position de grand favori après avoir atomisé la concurrence lors des deux premières courses de la saison en WEC. Et les qualifications vont confirmer ce statut : la pôle pour Nakajima en 3’21, soit un gain de quatre secondes par rapport à l’an dernier ! Au départ les deux premières lignes seront occupées par Toyota et Porsche, un revenant qui montre une belle vélocité pour son retour dans la catégorie reine. 

Des qualifications rondement menées : pôle position le jeudi soir !  - Aucun(e)
Des qualifications rondement menées : pôle position le jeudi soir ! - Arnaud CORNILLEAU/ACO

Le mauvais scénario va commencer à s’écrire dès la deuxième heure de course. Comme l’an dernier Nicolas Lapierre est au volant lorsque la pluie s’abat brutalement et le pilote savoyard part en aquaplaning dans les Hunaudières. Trois voitures sont impliquées dans le mini carambolage, seul la Toyota parvient à repartir mais très endommagée. Il lui faudra dix minutes pour rejoindre son stand, puis cinquante minutes supplémentaires pour réparer ! Elle ressortira de la pit-lane à 17h33, en dernière position et donc hors course pour la victoire sauf hécatombe devant……

La Toyota n°7, solidement en tête dans la nuit des 24 Heures. Mais elle ne verra pas le lever du soleil - Aucun(e)
La Toyota n°7, solidement en tête dans la nuit des 24 Heures. Mais elle ne verra pas le lever du soleil - Arnaud CORNILLEAU/ACO

L’autre Toyota mène la course sans être directement menacée et elle accroît progressivement son avance au fil des heures. Mais tout bascule en fin de nuit : Nakajima est arrêté à Arnage, avec un début d’incendie. Un petit problème électrique venait d’être diagnostiqué dans les stands et le pilote japonais avait reçu la consigne de rentrer au box. Mais il n’aura pas eu le temps de finir le tour….. C’est l’abandon à 4h59 alors que cette voiture aura mené pendant 203 des 219 tours bouclés depuis le départ ! 

L'unique Toyota rescapée le dimanche matin, mais distancée après son accident en début de course - Aucun(e)
L'unique Toyota rescapée le dimanche matin, mais distancée après son accident en début de course - Michel JAMIN/ACO

Toyota parviendra quand même à placer une voiture sur le podium dans cette édition marquée par de multiples abandons en LMP1 (les débutantes Porsche 919 Hybrid n’ont pas tenu la distance). Une modeste 3e place de la TS040 rescapée à trois tours de l’Audi du trio Fässler/lotterer/Tréluyer. Loin du potentiel du groupe japonais dans cette 82e édition.

  • Résultat : 3e place (Buemi/Davidson/Lapierre) à 3 tour
  •               Abandon (Sarrazin/Wurz/Nakajima) dans la 16e heure

2015 : humiliation par manque de compétitivité

Malgré son échec au Mans Toyota a coiffé les deux couronnes mondiales (constructeur et pilotes) en 2014. La TS040 Hybrid subit un léger lifting durant l’hiver, quand ses adversaires Porsche et Audi font considérablement évoluer leur 919 et R18e-tron quattro. La sanction est terrible pour les Japonais : sept secondes de retard aux qualifications des 24 Heures ! 

Toyota porte le "1" après son titre mondial 2014. Mais la voiture est loin de justifier le prestige de ce numéro.... - Aucun(e)
Toyota porte le "1" après son titre mondial 2014. Mais la voiture est loin de justifier le prestige de ce numéro.... - Guénolé TREHOREL/ACO

En course Toyota ne peut qu’espérer des problèmes de fiabilité de ses adversaires mais cette édition 2015 est marquée par la robustesse du plateau LMP1 (excepté les fantomatiques Nissan). Les pilotes des TS040 Hybrid vont donc sérieusement s’ennuyer pendant le double tour d’horloge, avec un chrono moyen de 3’24” sur leurs 100 meilleurs tours (le meilleur indicateur de performance) loin derrières les protos allemands qui tournent en 3’20. 

Sébastien Buemi, champion du monde en titre, ne dispose pas de la voiture pour se battre contre Porsche et Audi - Aucun(e)
Sébastien Buemi, champion du monde en titre, ne dispose pas de la voiture pour se battre contre Porsche et Audi - Guénolé TREHOREL/ACO

Porsche va remporter cette 83e édition, en profitant d’une étonnante défaillance d’Audi, confrontée à des problèmes de fixation du capot arrière, les mécanos finiront même par mettre du ruban adhésif pour finir ces 24 Heures. La victoire reviendra à la 919 du trio Hulkenberg-Tandy-Bamber…. avec 115 kilomètres d’avance sur la première Toyota !

  • Résultat : 6e place (Sarrazin/Wurz/Conway) à 8 tours
  •                8e place (Buemi/Davidson/Nakajima) à 9 tours

2016 : un scénario d’une cruauté inouïe

Vexé par le faible niveau de la TS040 Hybrid en 2015, Toyota lance un nouveau prototype pour sa cinquième saison en WEC. Avec un bouleversement total sous le capot : la TS050 Hybrid abandonne le moteur 3,7 litres atmosphérique pour un biturbo 2,4 litres. Le système hybride est aussi modifié avec l’adoption du système qui a permi à Porsche de prendre le pouvoir : des batterie lithium-ion remplace donc le surpercondensateur. 

Toyota est donc de retour dans le match en terme de puissance…. mais doit retrouver une fiabilité. Et le constructeur japonais n’est pas serein en arrivant au Mans, échaudé par les multiples pannes qui ont ruiné les deux premières courses de la saison (Silverstone et Spa). 

Des craintes en arrivant au Mans

Les qualifications confirment la vélocité des Toyota, avec les deux TS050 en deuxième ligne, à une seule seconde des Porsche et nettement devant Audi. Sans surprise, les 919 Hybrid et les TS050 vont se marquer de près durant de longues heures en course, se partageant la tête au fil des arrêts aux stands. Un chassé-croisé haletant jusqu’au premier coup de théâtre : la grosse panne de la Porsche N°1 en début de nuit. Elle passera trois heures aux stands !    Au fil des tours, Toyota va progressivement prendre l’avantage sur l’unique Porsche rescapée. Et à 10 heures du matin les TS050 Hybrid occupent les deux premières places du classement. Elles n’ont toujours pas connu la moindre défaillance mécanique et la (première) victoire semble enfin promise au constructeur japonais ! 

Dimanche matin : la Toyota n°6 en tête depuis 173 tours ! - Maxppp
Dimanche matin : la Toyota n°6 en tête depuis 173 tours ! © Maxppp - Eddy LEMAISTRE

La perspective d’un doublé prend du plomb dans l’aile à 11h17 : Kobayashi, alors en tête, se loupe à la sortie des virages Porsche. Tête-à-queue et arrêt brutal dans le bac à gravier. Il repartira mais ne pourra éviter une réparation de 10 minutes aux stands, pour nettoyer le fond plat et le flanc gauche d’une TS050 Hybrid qui ne méritait un tel traitement après une fiabilité absolue depuis le départ. 

La course se résume désormais à un duel entre la Toyota n°5 (Buemi-Nakajima-Davidson) et la Porsche n°2 (Dumas-Lieb-Jani). Les heures passent et à 14h20, à l’issue des derniers ravitaillements, il n’y a que 30 secondes d’écart à l’avantage de Toyota. Premier coup de théâtre à 14h48 : la Porsche repasse au stand, victime d’une crevaison lente. Elle reprend la piste mais à une minute de la Toyota. La victoire semble avoir choisi son camps et de larges sourires illuminent les visages dans le stand nippon. Jusqu’au 383e tour……

Le coup de poignard à un tour du drapeau à damier

L’horloge affiche 14h53 lorsque Nakajima signale à son stand une perte de puissance dans les Hunaudières. Le pilote japonais poursuit sa course puis arrive au ralenti sur la ligne d’arrivée et s’arrête à la hauteur de son stand ! 

Hugues de Chaunac avait participé à la victoire de Mazda en 1991. Avec Toyota la réussite ne vient pas, et le coup de la panne dans l'avant-dernier tour est insupportable..... - Aucun(e)
Hugues de Chaunac avait participé à la victoire de Mazda en 1991. Avec Toyota la réussite ne vient pas, et le coup de la panne dans l'avant-dernier tour est insupportable..... - Guénolé TREHOREL/ACO

La Porsche déboule et passe en tête à l’issue de ce 383e (et avant-dernier) tour de course. Et elle viendra cueillir une victoire inespérée à l’issue d’un final dramatique pour le stand japonais. 18e succès de Porsche avec l’équipage Dumas-Lieb-Jani devant un team Toyota assommé par cet impitoyable ko technique

Le japonais Nakajima (de dos) vient de sortir de la voiture, effondré d'avoir vu la victoire lui échapper si près du but. Avec Sébastien Buemi (à droite), ils partagent la même déception qu'en 2014..  - Aucun(e)
Le japonais Nakajima (de dos) vient de sortir de la voiture, effondré d'avoir vu la victoire lui échapper si près du but. Avec Sébastien Buemi (à droite), ils partagent la même déception qu'en 2014.. - Nicolas COUSSEAU/ACO

On apprendra plus tard que c’est une pipe d’admission défectueuse qui a provoqué la perte d’utilisation du turbocompresseur. Une pièce banale et dérisoire dans l’architecture d’un bijou technologique comme la TS050 Hybrid.

  • Résultat : 2e place (Sarrazin/Kobayashi/Conway) à 3 tour
  •              Non classé (Buemi/Davidson/Nakajima) 

2017 : tout s’effondre en début de nuit

Le cruel scénario de 2016 a incité Toyota à multiplier les tests d’endurance pendant l’hiver. Bilan : 35 000 kilomètres parcourus lors de séance pouvant atteindre 33 heures. Et sans incidents majeurs selon le team japonais. L’association vitesse-fiabilité est indiscutable lors des deux premières courses de la saison : l’équipage Buemi-Nakajima-Davidson s’impose à Silverstone puis à Spa-Francorchamps. Toyota se présente donc en grandissime favori au Mans, surtout que le groupe japonais engage cette année trois protos, contre deux les années précédentes. Il aura même l'avantage numérique sur Porsche.

Dès la journée test, Kobayashi frappe les esprits en bouclant un tour en 3’18”132. Jamais une Toyota n’était allée aussi vite sur le circuit manceau. En qualification, le pilote japonais va confirmer le tonus de la TS050 en claquant un chrono de 3’14”791, à 252 km/h de moyenne. Nouveau record de piste ! Une autre Toyota sera en première ligne, devant des Porsche qui n’ont pas franchi le seuil des 3’20” au tour. 

Toyota domine le samedi après-midi, et confirme ses solides résultats du début de saison - Maxppp
Toyota domine le samedi après-midi, et confirme ses solides résultats du début de saison © Maxppp - Olivier BLAIN

Le début de course confirme la supériorité des protos japonais. Deux TS050 Hybrid mènent la course lorsque le soleil se couche sur le circuit. La troisième est en embuscade et il ne reste plus qu’une seule Porsche en course pour la victoire, l’autre 919 Hybrid a passé 1h05’ au stand suite à un problème de transmission. Toyota semble (encore) idéalement placé, mais la nouvelle dramaturgie va frapper d’une manière fulgurante, en trois actes rapprochés. 

22h46 - 1h07 : au terminus des illusions

Premier coup dur à 22h46 lorsque Buemi rejoint son stand avec une inquiétante fumée qui sort du capot avant. Défaillance de la transmission avant et voiture dans le box. Elle est ressortira deux heures plus tard ! Et comme l’an dernier c’est une pièce dérisoire qui a lâché : une vis sortie de son emplacement parce qu’un sous-traitant a négligé le renfort d’un anneau en plastique pour la maintenir en place……

Premier coup dur : deux heures de réparations pour l'équipage Buemi-Nakajima-Davidson - Aucun(e)
Premier coup dur : deux heures de réparations pour l'équipage Buemi-Nakajima-Davidson - Pascal BLEJEAN/ACO

Les 24 Heures viennent de basculer vers le dimanche lorsque la Toyota de tête va connaître un incroyable concours de (mauvaises) circonstances. Le course est neutralisée et Kobayashi arrêté à la sortie de la pit-lane. Il attend le passage de la safety car lorsqu’il aperçoit un homme en combinaison orange lui faire un signe de la main. Le pilote japonais pense qu’il s’agit d’un commissaire et il démarre. Mais c’est un autre pilote, Vincent Capillaire, qui le félicite pour sa course ! Son stand lui intime l’ordre de s’arrêter et dans la confusion Kobayashi joue avec l’embrayage avant de reprendre la piste. Mauvaise manoeuvre (il aurait dû repartir avec le moteur électrique) et son embrayage lâchera un tour plus tard

Quelques minutes après Kobayashi, c’est Nicolas Lapierre qui est victime d’un terrible enchaînement. Il est 1h07 lorsqu’il est percuté par une LMP2 au bout de la ligne droite des stands. 

1h08 du matin. Le cap de la mi-course n'est pas atteint... et la dernière chance de victoire vient de s'envoler - Aucun(e)
1h08 du matin. Le cap de la mi-course n'est pas atteint... et la dernière chance de victoire vient de s'envoler - Arnaud CORNILLEAU/ACO

Il repart sur un rythme normal sans savoir qu’un capteur du pneu arrière gauche a été arraché et qu’il devrait rejoindre sans stand au ralenti. Le pneu se délamine dans les Hunaudières et cette fois la boîte de vitesse est touchée. Lapierre tentera de rejoindre son stand sur le seul moteur électrique…. et échouera, batterie à plat, à 300 mètres du but. Bilan : deux Toyota au tapis en moins d'une heure alors que l’unique rescapée est ressortie des stands en 54e position…. 

La Toyota n°8, toujours en piste mais avec aucune chance de victoire. La nuit sera longue.... - Aucun(e)
La Toyota n°8, toujours en piste mais avec aucune chance de victoire. La nuit sera longue.... - Camden TRASHER/ACO

Porsche gagnera une nouvelle fois les 24 Heures du Mans quelques heures plus tard. Concordance d’un chiffre : le 19 correspond au nouveau record de victoire du groupe allemand et au nombre de participations, sans succès, de son rival japonais.

  • Résultat : 8e place (Buemi/Davidson/Nakajima) à 9 tour
  •               Abandon  (Lapierre/Lopez/Kunimoto) dans la 10e heure
  •              Abandon (Sarrazin/Kobayashi/Conway) dans la 9e heure

Toyota va donc atteindre en 2018 le cap des vingt participation aux 24 Heures du Mans. Avec le renfort d’une star de La Formule 1 : Fernando Alonso. L’Espagnol fera équipe avec Sébastien Buemi et Kazuki Nakajima, les pilotes qui ont subi la cruauté à deux reprises la cruauté d’un abandon alors qu’il menait la course (2014 et 2016). Un équipage très complet en terme de vitesse et d’expérience. Son principal adversaire sera le chat noir qui rôde sans cesse autour du stand Toyota…...