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La belle année 2016 de la karatéka sarthoise Leïla Heurtault

Par Julie Le Duff, France Bleu Maine mercredi 21 décembre 2016 à 10:19

La karatéka sarthoise Leïla Heurtault (à gauche), lors de la Coupe de France Combats à Lille début décembre 2016
La karatéka sarthoise Leïla Heurtault (à gauche), lors de la Coupe de France Combats à Lille début décembre 2016 - Denis Boulanger - FFKDA

La sociétaire du Samouraï 2000 revient pour France Bleu Maine sur cette année qui l'aura vue décrocher le premier titre majeur de sa carrière, celui de championne du monde par équipe en seniors. Une année 2016 qui marque aussi la reconnaissance du karaté comme sport olympique.

"Je me suis marché toute seule sur le pied" dit en souriant Leïla Heurtault à son arrivée dans les studios de France Bleu Maine... en béquilles. Une simple entorse , pas de quoi entamer sa motivation pour le marathon qui l'attend jusqu'à la qualification pour les Jeux olympiques de Tokyo, en 2020. Entre un cours à l'IUT du Mans et une séance de renforcement musculaire, la championne de 21 ans nous raconte son année 2016 et son attachement à la Sarthe.

Son meilleur souvenir de 2016

Sans hésitation, les championnats du monde à Linz, où on fait championnes du monde par équipe. Je suis alignée sur les cinq tours, je gagne tous mes combats, et je ne me prends qu’un seul point, en finale. Tout simplement exceptionnel, vraiment très contente et très heureuse. J’avais déjà fait vice-championne du monde par équipe, mais là c’est vraiment le toit du monde, en seniors, c’est pour l’instant le plus gros titre que j’ai eu.

Leila Heurtault pendant les championnats du monde 2016 de karaté à Linz  - Aucun(e)
Leila Heurtault pendant les championnats du monde 2016 de karaté à Linz - Denis Boulanger - FFKDA

Le karaté sport olympique

Maintenant que les championnats du monde sont passés, on commence vraiment à y réfléchir, voir comment on va se préparer sur quatre ans. Il faut définir comment s’organiser entre mes études et ma vie personnelle, sur quelles compétitions miser, comment on va faire financièrement aussi. C’est vraiment exceptionnel pour tous les karatékas. Nous sommes des amateurs qui bossons autant que des professionnels, et cette reconnaissance c’est déjà beaucoup, ne serait-ce que médiatiquement. Et puis ça peut débloquer plein de choses, par exemple sur l’aménagement des études ou l’accès à de la rééducation médicale de pointe.

Tokyo, en 2020, c’est la première étape, mais ce qu’il faut maintenant c’est que le karaté soit inscrit comme sport olympique de manière durable. Si Paris décroche les Jeux de 2024, on est pratiquement sûr que ce sera le cas.

Ses études à l’IUT du Mans

C’est compliqué de concilier le sport de haut niveau et les études. Il y a vraiment une grosse coopération avec l’IUT du Mans, où je fais mon DUT GEA (Gestion des entreprises et des administrations) en trois ans au lieu de deux. On peut décaler mes partiels si j’ai besoin et les étudiants me font suivre les cours dès que je suis absente. On travaille vraiment main dans la main et c’est pour ça que ça se passe bien. Après, c’est à moi de bosser et de faire en sorte d’y arriver.

J’adore étudier, j’adore la gestion, le management et la psychologie des groupes ! Je ne sais pas encore où cela me mènera. Je réfléchis avec mon entraîneur et mes enseignants sur ce que je peux faire ensuite, à moyen et long terme.

La médiatisation

Moi qui suis très timide, ce n’est pas toujours facile à gérer, mais je vois bien l’impact que cette mise en avant peut avoir. Quand je rencontre des enfants des étoiles plein les yeux, ou même parfois des adultes, ça me fait plaisir et ça me permet surtout de passer des messages autour de valeurs positives. Comme par exemple le fait de dire que c’est possible de concilier études et sport, ou tout simplement de promouvoir l’accès au sport pour tous.

Son attachement à la Sarthe

Je suis née à Chartres et je suis partie en Guyane à l’âge de 4 ans. Je suis Guyanaise de cœur. Mais quand je suis arrivée au Mans à 14 ans, j’ai trouvé une vraie famille dans mon club, le Samouraï 2000. Ce n’était pas seulement le palmarès et le podium qu’on allait chercher, mais c’était vraiment une histoire de vie. Sur le plan personnel, j’ai énormément avancé. Si je suis celle que je suis aujourd’hui, c’est grâce au Samouraï 2000, à mon entraîneur et à la structure. Nous sommes très nombreux au club, alors je ne connais pas tout le monde mais quand je me balade dans les locaux et que je croise des gens, ils ont toujours une attention pour moi et c’est un soutien important. Quand je vois comme on est soudé… c’est une famille, ici, au Mans, et en Sarthe.

Les livres, son jardin secret

J’adore lire, même si je manque de temps et je lis de tout. En ce moment, je suis plongée dans L’athlète intérieur de Dan Millman. C’est un livre qui ne s’adresse pas qu’aux sportifs de haut niveau mais à tous ceux qui ont un objectif personnel et qui veulent apprendre à mieux se connaître pour y parvenir beaucoup plus vite.