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Dossier : Les grands moments du sport poitevin

Les grands moments du sport poitevin #1 : Mahyar Monshipour sacré au Futuroscope

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Par , France Bleu Poitou
Grand Poitiers

À vos marques, prêts ? Partez. France Bleu Poitou lance une grande série sur les événements qui ont marqué le sport poitevin lors de ces trente dernières années. Le Poitou a connu de grands moments d’Histoire, ses champions qui ont rayonné sur le plan international.

Mayhar Monshipour peut exulter, il est champion du Monde.
Mayhar Monshipour peut exulter, il est champion du Monde. © Maxppp - Patrick Lavaud (NR-Centre Presse)

Premier épisode aujourd’hui avec un champion du Monde de boxe qui a brillé sur ses terres poitevines…

Nous sommes au début de l’été 2003. Le Poitou est écrasé par une canicule historique, les souvenirs en sont encore vivaces. Ce 4 Juillet 2003, Mahyar Monshipour, le boxeur né en Iran et arrivé à l’âge de 11 ans à Poitiers, est à un tournant de sa carrière. Ce soir, et pour la première fois, il monte sur le ring pour un titre mondial dans la catégorie des super-coqs (53,5 à 55,3kg).

Mais qui est Mahyar Monshipour dans le milieu de la boxe internationale en 2003 ? Alors âgé de 28 ans, le super-coq se rapproche de la meilleure forme de sa carrière. Il commence à prendre de l’expérience dans le monde professionnel, il combat en effet depuis sept saisons sous cette licence. Les combats s’enchaînent et les victoires également, malgré quelques rares accrocs, comme en 1997 où il est battu aux points par le modeste congolais Euloge Makiza Sita, ou alors en 1998 lorsqu’il s’incline sèchement contre Sandor Koczak, un boxeur hongrois jusqu’alors invaincu. En dehors de ces deux échéances manquées, Mahyar Monshipour construit sa réputation autour de victoires spectaculaires. Très vite, le boxeur iranien de sang et poitevin de cœur se fait remarquer par son style de boxe. Il est vif, il combat avec intensité, n’a pas peur d’encaisser et de se livrer sur le ring. Son style plait, tant aux aguerris qu’aux spectateurs. Mahyar Monshipour est un combattant spécial qui trouve son salut par l’énergie, le cœur et une science tactique au-dessus de la moyenne, qui font contrepoids avec une technique perfectible. Il a d’ailleurs hérité du surnom « Little Tyson », une référence évidente au monument Mike Tyson, légende des poids lourds des années 1980. Ce surnom n’est pas dû au hasard, les deux combattants sont tous deux offensifs, n’hésitent pas à s’avancer vers leurs adversaires pour les défier au près avec un degré maximal d’intensité.

En 2002, Mahyar Monshipour gravit successivement deux grandes étapes dans sa carrière puisqu’il est sacré Champion de France en Janvier en venant à bout de Salem Bouaita. Et comme un bonheur n’arrive jamais seul dans la carrière du poitevin, il enchaîne et récupère la couronne (alors vacante) européenne en terrassant Tuncay Kaya. Monshipour se permet même le luxe de défendre cette couronne quelques mois plus tard en mettant K.O le challenger Mustapha Hame. Bref, Mahyar Monshipour est sur la route du succès et rien ne semble être en mesure de l’arrêter dans sa progression. 

Mahyar Monshipour se souvient. En 2003, il était prêt pour devenir champion du Monde.

Monshipour-Medjkoune, un duel fraternel

Les deux boxeurs se connaissent par coeur, Mahyar Monshipour ayant été le partenaire d'entraînement de Salim Medjkoune. Le premier nommé est, en 2003, classé au neuvième rang mondial dans sa catégorie. Medjkoune, lui, a été sacré champion du Monde au Japon quelques semaines plus tôt en venant à bout du détenteur de la ceinture WBA des super-coqs, le nippon Osamu Sato. 

En dehors d'une amitié sur et en dehors du ring, les deux boxeurs possèdent le même promoteur, la référence française dans l'Histoire du noble art en France : Michel Acariès. L'architecte des événements de boxe dans l'Hexagone voit, en la possibilité d'un affrontement entre ses deux poulains, une opportunité de proposer un combat franco-français de haut niveau. Michel Acariès réussit d'abord par offrir une dérogation à Mahyar Monshipour pour pouvoir devenir le challenger de Salim Medjkoune. C'est un vrai duel de style qui prend forme, Salim Medjkoune étant un vrai technicien de la boxe avec un jeu de jambe de très haut niveau et une allonge importante pour un physique requis pour les super-coqs. Ses qualités tranchent avec l'endurance, la puissance et le sens tactique global du poitevin.

Le face-à-face entre Mahyar Monshipour (à gauche) et Salim Medjkoune (à droite)
Le face-à-face entre Mahyar Monshipour (à gauche) et Salim Medjkoune (à droite) © Maxppp - Pierre Couble (La Montagne)

Le combat est signé, Mahyar Monshipour laisse vacante sa ceinture européenne et peut enfin prétendre à de plus grandes ambitions. Les deux boxeurs rentrent dans un cycle de préparation physique et mentale où rien ne peut être donné au hasard. De son côté, le poitevin se souvient et s'enorgueillit de la manière dont son staff l'a préparé à l'événement de sa carrière.

Mahyar Monshipour heureux de la manière dont il a été préparé à ce combat.

Monshipour-Medjkoune, un combat pour la postérité

Mahyar Monshipour bénéficie d'un avantage certain pour cette échéance. Le lieu du combat sera Futuroscope. Il faut savoir qu'en boxe, il n'y a pas d'ordre établi surtout lorsque le promoteur de deux combattants est une seule et même personne. 

Le champion poitevin raconte (à partir de 5'10 dans l'enregistrement prochain) qu'il a remporté deux premières victoires sur son vis-à-vis avant même l'échéance. La première, c'est d'avoir guéri très vite une blessure lancinante et douloureuse au dos. Cette blessure, Monshipour en a fait une force pour affronter son adversaire dans une conférence de presse d'avant-match où il l'a "enterré, je l'ai vu dans ses yeux".

Au top physiquement et mentalement, le champion poitevin est prêt à en découdre face au champion du Monde. L'arène extérieure du Futuroscope fait le plein et les deux boxeurs sont en état de défendre leurs titres, leurs carrières mais surtout leurs honneurs. Mahyar Monshipour rentre sur le ring avec un regard noir terrifiant, qui en dit long sur la concentration du challenger. Il croit en ses chances, plus que jamais. Salim Medjkoune est, lui, de marbre. La cloche sonne, tout le monde est en place et les deux protagonistes se rejoignent au centre du ring pour en découdre.

Le premier round est celui de Mahyar Monshipour. Plus conquérant que jamais, il n'a pas laissé un dixième de seconde à son adversaire pour respirer ou tenter de porter une attaque préparée. Le salut du poitevin est de rester lui-même puisque cette boxe de conquête, avec un pressing de tous les instants, gêne Salim Medjkoune.

Mahyar Monshipour raconte les premières minutes du combat.

Cette boxe d'agression est toutefois à risque puisqu'il suffit d'un bon repli adverse et d'une bonne lecture du jeu pour mettre à mal le challenger poitevin. Lors de la quatrième reprise, Mahyar Monshipour est ouvert à l'arcade gauche à la suite d'un geste d'anti-jeu du champion, qui a assené avec malice un coup de tête à son adversaire en baissant son buste puis en remontant de front vers lui. Touché mais pas coulé, Monshipour en a voulu à Medjkoune, l'accusant de reproduire ce geste à plusieurs reprises. "Il me blesse de la même manière au premier round lors de la revanche en 2004 !" argumente le boxeur né à Téhéran. L'arbitre de la rencontre sanctionne d'ailleurs d'un avertissement Medjkoune dans cette quatrième reprise, qui perd un point précieux alors qu'il refaisait surface.

En voyant l'intensité folle donnée par Mahyar Monshipour, tous les observateurs sont en droit de s'interroger sur la suite du combat. Comment le challenger peut-il tenir un tel rythme dans l'effort sur douze rounds ? La cinquième reprise est exceptionnelle de coeur, Medjkoune lutte avec ses armes du jour et réussit à trouver la mire, alors que Monshipour semble impassible devant la douleur. Une chose est sûre, d'aucun ne pensent que le combat sera départagé par les juges. Un boxeur tombera, reste à savoir lequel. Les sixièmes et septièmes reprises, qui sont parfois celles de la transition et de la récupération, n'en sont pas. 

Vient le douzième et dernier round. Salim Medjkoune est à bout de force, poussé dans ses retranchements depuis les premières secondes par un Mahyar Monshipour ultra-offensif. Le challenger raconte même qu'il a déclaré à ses coachs lors de l'ultime retour vers son camp la phrase suivante : "C'est déjà fini ?" Ici aucune provocation, la phrase a été prononcée dans l'intimité. Mahyar Monshipour en a encore sous les gants et ne ressent pas les effets dévastateurs de la fatigue. La cloche sonne, et un public en furie devant les exploits de son champion attend le coup de butoir.

Ce coup est arrivé sur un enchaînement merveilleux, avec deux crochets du gauche et un crochet du droit terrible assenés par Mahyar Monshipour. Salim Medjkoune, au bout de l'effort, n'a pas su s'en défendre et, titubant vers les cordes, finit par s'écrouler au sol. L'arbitre ne peut que constater les dégâts, arrête le combat avant même la fin du décompte des dix secondes.

Mahyar Monshipour raconte ce douzième round salvateur.

En cette soirée du 4 Juillet 2003, Mahyar Monshipour est devenu champion du Monde des super-coqs chez lui, à Poitiers. À l'usure et à force de presser son adversaire et ami Salim Medjkoune, il a trouvé une ouverture salvatrice et a gagné par K.O.. Mahyar Monshipour a ensuite conservé sa ceinture mondiale à cinq reprises, faisant de lui l'un des boxeurs français ayant le plus longtemps gardé son titre mondial dans l'Histoire. Par ailleurs, il est même l'unique iranien de naissance à avoir été sacré à ce niveau. En tous cas, ce succès à Poitiers lui a ouvert les portes d'une grande et prestigieuse carrière.

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