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Les souvenirs intacts de Jean-Pierre Jaussaud, 40 ans après sa victoire aux 24 Heures du Mans 1978

jeudi 14 juin 2018 à 16:50 Par Didier Charpin, France Bleu Normandie (Calvados - Orne), France Bleu Normandie (Seine-Maritime - Eure) et France Bleu Maine

Jean-Pierre Jaussaud sera le parrain de la parade des pilotes ce vendredi au Mans. Aujourd’hui âgé de 81 ans, il garde un souvenir ému de sa victoire aux 24 Heures du Mans 1978. Il nous livre ses souvenirs, teintés d’anecdotes sur le sport automobile de l’époque.

Jean-Pierre Jaussaud, avec la réplique de l'A442 victorieuse aux 24 Heures du Mans 1978
Jean-Pierre Jaussaud, avec la réplique de l'A442 victorieuse aux 24 Heures du Mans 1978 © Radio France - Didier Charpin

Normandie, France

Il nous reçoit à son domicile dans la périphérie de Caen. L’oeil pétillant, Jean-Pierre Jaussaud nous montre les répliques miniatures des voitures qu’il a pilotées aux 24 Heures du Mans. L’une d’elles, l’Alpine A 442, lui tient à coeur : c’est avec ce bolide à la robe jaune et blanche qu’il est entré dans la légende en juin 1978, en permettant à Renault d’obtenir son unique victoire au général. 

Le stress des dernières heures

L’équipage Jaussaud-Pironi est passé en tête des 24 Heures le dimanche matin, après la défaillance d’une autre Alpine-Renault. Et paradoxalement, ce leadership a été un moment stressant pour le pilote normand. “Là on devient attentif au moindre détail. J’écoutais tout, le moindre bruit suspect du moteur, de la boîte. Je trouvais que les vitesses étaient dures à passer. J’avais en tête le scénario de 1977 : quatre Alpine-Renault au départ mais aucune à l’arrivée ! Elles avaient toutes cassées”. Mais cette fois la mécanique va tenir jusqu’au drapeau à damier, l’équipage s’imposera après 369 tours, soit plus de 5000 kilomètres établissant à l'époque un nouveau record de distance. L'A 442 était un monstre de puissance, avec une vitesse de pointe  362 km/h  pendant la course.

Jean-Pierre Jaussaud, spectateur du dernier relais effectué par Didier Pironi, constatera une fois l’arrivée franchie que l’A442 avait été en sursis pendant les derniers tours : “Si j’avais su que Didier était aussi fatigué jamais je ne lui aurais laissé le volant, jamais ! Il _aurait pu s’évanouïr en piste_, c’était très dangereux !” se remémore le Normand, qui lui a bien tenu le choc physiquement :“J’ai pris douze repas pendant la course, pour prendre soin de moi et parce qu’on mange bien au Mans” glisse-t-il malicieusement. 

L’émotion du podium

Didier Pironi, totalement déshydraté par une température de 60 degrés dans le cockpit, n’a fait qu’une courte apparition sur le podium. Jean-Pierre Jaussaud s’est donc retrouvé seul face à l’immense foule au moment de la Marseillaise. Un moment inoubliable : “La Marseillaise me donne toujours des frissons, mais là c’était plus fort que tout. _J’ai essayé de chanter mais impossible parce que je pleurais_. Voyant ça le public s’est mis à applaudir et je pleurais encore plus !” se souvient-il, avec toujours de l’émotion dans la voix quarante ans après cette inoubliable cérémonie. 

L'A442 victorieuse en 1978. Ici lors du Le Mans classic 2008 pour le 30e anniversaire - Maxppp
L'A442 victorieuse en 1978. Ici lors du Le Mans classic 2008 pour le 30e anniversaire © Maxppp - GREGOIRE BRUN

Jean-Pierre Jaussaud retrouvera un Didier Pironi d’aplomb le lendemain pour une parade sur les Champs-Elysées, au milieu de la circulation. “Rien n’était prévu ! C’était improvisé mais on a bien rigolé !” s’amuse-t-il à l’évocation de ce souvenir. 

Le Normand gagnera une nouvelle fois les 24 Heures deux ans plus tard. Une victoire totalement différente, avec Jean Rondeau, le pilote-constructeur manceau. Le succès d’une bande de copains, à l'opposé des moyens d’une écurie usine. “Aujourd’hui ce ne serait plus possible, les écuries d’usines ont trop de moyens. Nous avons quand même battu Porsche et Jacky Ickx” précise le lauréat des 24 Heures 1980.

Jean-Pierre Jaussaud a roulé en endurance et en monoplace, une carrière bien remplie - Radio France
Jean-Pierre Jaussaud a roulé en endurance et en monoplace, une carrière bien remplie © Radio France - Didier Charpin

Ce vendredi, Jean-Pierre Jaussaud pourra échanger avec les pilotes des 24 Heures du Mans 2018. Beaucoup n’étaient pas nés lors des deux victoires du Caennais en Sarthe. “Souvent ils sont surpris de découvrir à quel point nos voitures étaient dangereuses et difficiles à conduire ! On n’avait aucune assistance : ni sur la direction ni sur la boîte de vitesses par exemple. Il nous fallait des muscles pour la maintenir en piste !” confie celui qui est affectueusement surnommé “papy Jaussaud” dans le paddock.