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Marathon de Bordeaux | Benjamin Malaty : "Ne pas s'éparpiller pendant la journée"

Par Arnaud Carré, France Bleu Gironde jeudi 16 avril 2015 à 15:23

Benjamin Malaty sera sur la ligne de départ, mais en civil.
Benjamin Malaty sera sur la ligne de départ, mais en civil. © Radio France

Avec un record en 2h12, le coureur de l'US Talence est l'un des meilleurs spécialistes français sur la distance. Pour tous ceux, néophytes ou non, qui vont prendre le départ de l'épreuve samedi soir, il livre ses précieux conseils.

France Bleu Gironde : Votre avis sur le tracé ?

Benjamin Malaty  : Un marathon n’est jamais facile à gérer. Il n’y a pas de grosses difficultés mais ça reste un marathon et ce qui peut être dur sur la fin du parcours dans les rues bordelaises, c’est cette succession de virages. En fin de marathon, ça risque de peser dans les jambes. Quand on est épuisé, on est partisan du moindre effort et chaque virage fait travailler l’organisme. Après, une longue ligne droite peut aussi paraître bien longue. Alors peut-être que le temps va passer plus vite mais ça risque de faire mal aux jambes.

Que change le côté nocturne de ce marathon bordelais ?

Ca change beaucoup parce un coureur à pied a l’habitude de courir à toute heure de la journée. Mais le corps est souvent mieux préparé le matin parce qu’il est frais. Il va donc falloir changer quelques habitudes, essayer de se lever un petit peu plus tard, de manger quatre heures avant le début de l’épreuve, de faire une petite sieste. Il faut faire une journée calme parce que pour ceux qui font finir vers minuit-une heure du matin, l’organisme sera fatigué.

"Le danger, c'est de partir trop vite. Il faut rester dans ses allures, voire en deça. Les 10 derniers kilomètres seront durs mais ils le sont pour tout le monde, quel que soit le niveau. Après, il faut s’accrocher et normalement, la préparation fera le reste."

On peut perdre de l’influx avant le départ ?

Ca peut-être un problème car quand on se lève le matin, on n’a plus le choix : il faut y aller. Quand on a toute la journée à attendre, on peut cogiter, s’éparpiller et perdre beaucoup d’énergie. Le mieux, c’est de s’occuper sans faire beaucoup d’efforts. Et puis il y a l’attente et le stress. Il va falloir gérer.

Quels conseils pour ceux dont ce sera le baptême du feu ?

Tout est déjà joué car la réussite d’un marathon, c’est la préparation. L’entraînement est terminé et les dés sont jetés. Il faut essayer de garder pour les derniers jours une alimentation saine et forte en féculents. Il ne faut pas changer totalement ses habitudes, ça pourrait perturber l'organisme. Il faut un fort apport en glucides pour préparer le corps à supporter les 42km195.

Benjamin Malaty s'est fixé comme prochain objectif le marathon de Francfort cet automne. - Radio France
Benjamin Malaty s'est fixé comme prochain objectif le marathon de Francfort cet automne. © Radio France

Et pendant la course ?

Il faut bien s’hydrater pendant l’effort et ne pas partir trop vite. Souvent, l’erreur sur marathon quand on ‘tape le mur’, c’est qu’on est mal préparé ou qu’on est parti trop vite. Il faut donc vraiment rester dans ses allures, voire en deçà au départ, bien s’hydrater à chaque ravitaillement. Il faut essayer de gérer son effort. Les 10 derniers kilomètres seront durs mais ils le sont pour tout le monde, quel que soit le niveau. Après, il faut s’accrocher et normalement, la préparation fera le reste.

"Ce n’est pas le moment de s’équiper de la tête aux pieds. Le plus simple, remettre sa tenue d’entraînement."

Des conseils vestimentaires ?

Il faut tester avant, ne pas acheter une nouvelle tenue pour l’événement. Pareil pour les chaussures, il faut une paire avec laquelle on a déjà fait quelques sorties. Idem pour les chaussettes. Ce n’est pas le moment de s’équiper de la tête aux pieds. Le plus simple, remettre sa tenue d’entraînement.

Comment s’alimenter pendant la course ?

C’est pareil, c’est à tester pendant la préparation. Evitez les choses que vous n’avez pas l’habitude de manger ou de boire. Lors d’un marathon, on peut être tenté de prendre des fruits, des boissons gazeuses, et l’organisme n’est pas préparé. Ca peut avoir de graves conséquences sur les intestins et donc sur vos chances de finir la course. Le mieux, c'est de reproduire ce qu’on a l’habitude de faire à l’entraînement.