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Mon souvenir olympique | En 1968, à Mexico, Jean-François Bersan lève le poing avec Smith, Carlos et Beamon

Par Lucas Valdenaire, France Bleu Auxerre vendredi 19 août 2016 à 6:00

Le record de Bob Beamon trois jours après le podium de Smith et Carlos, poings levés.
Le record de Bob Beamon trois jours après le podium de Smith et Carlos, poings levés. © AFP -

Chaque jour pendant les JO de Rio, France Bleu Auxerre demande à une personnalité icaunaise de partager son meilleur souvenir olympique. Le viticulteur et co-président du Rugby Club Auxerrois Jean-François Bersan se rappelle d'un combat... politique. Celui de John Carlos, Tommie Smith et Bob Beamon.

En 1968, il avait 15 ans. Avec ses grands yeux d'ado rebelle, Jean-François Bersan regardait les Jeux Olympiques de Mexico devant son écran de télévision. Il se souvient de deux moments forts : d'abord ce record du monde du saut en longueur à 8,90m de l'Américain Bob Beamon. Et puis, deux jours avant, ce podium mythique du 200m avec Tommie Smith et John Carlos, le poing levé, la main gantée de noir. Ces deux événements ont marqué l'histoire et la mémoire du jeune Jean-François.

Le 16 octobre 1968, Tommie Smith remporte la finale du 200m en 19,83s. John Carlos termine troisième. - AFP
Le 16 octobre 1968, Tommie Smith remporte la finale du 200m en 19,83s. John Carlos termine troisième. © AFP -

"Laisser éclater sa hargne, sa vengeance"

Le 16 octobre 1968, Tommie Smith remporte la finale du 200m. Avec un chrono de 19,83 secondes, l'Américain bat le record du monde devant l'Australien Peter Norman et son compatriote John Carlos, troisième. Juste après la course, un moment historique se joue en coulisses. Les deux Américains viennent de marquer l'histoire des Jeux Olympiques. Ils s'apprêtent désormais à marquer l'Histoire avec un grand H.

"Quand Tommie Smith et John Carlos sont montés sur le podium pour défendre la cause des Noirs, ils avaient des gants noirs et des chaussures noires," se souvient le viticulteur de Saint-Bris-le-Vineux.

Ils ont levé le poing à la remise des médailles et ils ont été exclus des Jeux par le CIO

Deux jours plus tard, c'est un autre Américain qui fait parler de lui : Bob Beamon explose le record du monde de saut en longueur. Un saut qui reste encore aujourd'hui dans la légende.

Bob Beamon, qui était un ami, a complètement laissé éclater toute sa hargne et toute sa vengeance à travers ce geste qui l'a fait voler à 8,90m, bien au delà du précédent record

Et c'est aussi le contexte qui a marqué Jean-François Bersan. Un contexte de lutte sociale aux États-Unis qui résonne au même moment dans les rues de Paris : "1968 c'était aussi l'après mai 68 en France," précise-t-il. J'avais 15 ans et je traînais à moitié sur les barricades. A 15 ans, on est un petit peu en guerre contre la société. Smith, Carlos et Beamon étaient en guerre contre leurs nations." Avant de conclure :

C'était ma période jeunesse et je crois que de sa jeunesse, on en tire de très bons souvenirs...

Une image, un souvenir. Cliquez sur les images ci-dessous pour revivre un souvenir olympique :

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