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Sport auto : Alpine veut poursuivre la remontada

Par Didier Charpin, France Bleu Normandie (Calvados - Orne) et France Bleu Normandie (Seine-Maritime - Eure) jeudi 12 octobre 2017 à 19:31 Mis à jour le vendredi 13 octobre 2017 à 14:21

L' Alpine enfin de retour aux avants-postes
L' Alpine enfin de retour aux avants-postes - signatech-Alpine

D'abord distancée dans la course au titre mondial LMP2 du championnat du monde d’Endurance, Alpine a opéré un spectaculaire redressement lors des deux courses sur le continent américain et elle est revenue dans le match. « Nous vivons une aventure extraordinaire" selon Bernard Ollivier

Les chiffres sont éloquents : fin juillet à l’issue de l’étape allemande du championnat Alpine comptait 63 points de retard sur l’équipage leader du championnat (Jackie Chan DC Racing). En quittant le Nürburgring, la marque normande n’entretenait plus vraiment l’espoir raisonnable de conserver son titre mondial LMP2. Deux courses plus tard l’écart est tombé à 28 points ! Conséquence d’une mini-tournée américaine fructueuse avec une 2e place au Mexique et –surtout- la première victoire de la saison lors de l’étape américaine.

« Quand on commence à sentir les choses et avoir des résultats, il y a une ambiance de gagne extraordinaire à vivre », s’enthousiasme Bernard Ollivier, le directeur-adjoint de la marque, « Tout le monde y croit de plus en plus pour franchir les montages devant nous ».

C’est justement une montagne qui se dresse devant le clan Alpine : le célèbre et majestueux Mont-Fuji, site japonais classé au patrimoine mondial de l’Unesco. Le circuit est construit au pied de ce géant volcanique et il présente un tracé aussi complexe que panaché avec une immense ligne droite (1,5 km) suivie de courbes rapides et d’un dernier secteur plus sinueux. Difficile d’y trouver le bon équilibre dans les réglages et, comme souvent au Japon, la météo viendra pimenter la course.

En automne la pluie perturbe souvent les courses au Japon, ça se confirme déjà lors des essais libres ce vendredi - Aucun(e)
En automne la pluie perturbe souvent les courses au Japon, ça se confirme déjà lors des essais libres ce vendredi - signatech-Alpine

« Nous espérons y poursuivre notre série parce que désormais chaque course est cruciale », rappelle Bernard Ollivier. Philippe Sinault le responsable du team Signatech espère conserver la cadence américaine : « Nous allons attaquer la tournée asiatique avec l’ambition de rester sur la même dynamique. En gagnant à Austin, (Etats-Unis) nous avons prouvé que nous sommes de retour à notre meilleur niveau. Nous sommes dans une position de chasseurs, avec deux cibles à atteindre. » C’est en effet un match à trois qui se dessine pour le titre avec le team Jackie Chan DC Racing leader (130 points) devant Vaillante-Rebellion (110 points) et Alpine (102). Il reste 78 points à attribuer cette saison lors des trois courses à disputer.

Les remèdes ont été trouvés

Championne du monde en titre, Alpine a peiné en début de saison. Comme ses adversaires elle a découvert un nouveau châssis Oreca 07 mais la compréhension s’est révélée compliquée « Nous n’avons pas eu le temps de faire assez d’essais pour affiner la mise au point. Les ingénieurs et les pilotes ont cherché, d’abord en vain, comment mieux gérer la dégradation des pneumatiques. » Cette usure excessive des gommes avait notamment ruiné la course de Spa-Francorchamps. « Au fil des courses, notre bibliothèque de connaissances de l’Alpine A470 et des pneus Dunlop s’est élargie et nous avons une bien meilleure capacité de réaction », se félicite Philippe Sinault.

Autre aspect essentiel : le retour de Nicolas Lapierre, « prêté » pendant deux courses à Toyota en début de saison. Depuis qu’il a repassé la combinaison bleue les podiums s’enchaînent. « Il faut avouer que Nicolas a, au-delà de ses talents de pilote, la capacité à fédérer le team. Et pas que les autres pilotes mais aussi les ingénieurs », observe Bernard Ollivier. Le directeur adjoint de la marque, présent sur les circuits depuis 2013 et le retour d’Alpine sur les circuits, connait cette saison un scénario inédit. Les titres européens (2013 et 2014) puis la couronne mondiale couplée à une victoire aux 24 Heures du Mans (2016) étaient venus récompenser des saisons où Alpine avait trusté les podiums d’entrée. Cette fois il faut cravacher après un début de saison frustrant, au-delà même de la gestion des pneus : neutralisation de course au pire moment en Angleterre et défaillance des freins à quarante minutes d'un podium au général aux 24 Heures du Mans ! Le chat noir a-t-il enfin déserté le stand des Bleus ? Confirmation attendue ce dimanche aux 6 Heures du Japon.