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Sport auto : Viva Mexico pour les Normands ?

Par Didier Charpin, France Bleu Normandie (Calvados - Orne) jeudi 1 septembre 2016 à 18:58

3 victoires en 4 courses pour Alpine !
3 victoires en 4 courses pour Alpine ! - Signatech-Alpine

Le championnat du monde d’endurance reprend cette semaine au Mexique. La cinquième manche du calendrier va-t-elle confirmer la bonne tendance de l’année : au moins une présence normande sur le podium ? Nos engagés devront pour cela s'adapter à l'altitude et à certaines conséquences particulières

Ils visaient une bonne saison et les objectifs sont remplis ! Aucune des quatre premières manches du championnat du monde d’endurance ne s’est achevée sans au moins une présence normande sur les podiums. Paradoxalement c’est le plus titré, Benoit Tréluyer, qui est sevré de cérémonie protocolaire alors que Alpine caracole en tête de sa catégorie LMP2 et Pierre Ragues collectionne les troisièmes places en GT Am.

Tréluyer : aucun podium

Le pilote ornais vit une saison frustrante ! Vainqueur puis déclassé à Silverstone, puis distancé à Spa (5e) comme aux 24H du Mans (4e). Benoit Tréluyer n’a pas pu participer à la manche du Nürburgring, fin juillet, après une blessure subie lors d’une chute à vélo. La nouvelle Audi R18 s’améliore en terme de fiabilité mais elle est encore dominée par Porsche en performance pure. Tréluyer, champion du monde 2012 et vice-champion 2015, doit donc prendre son mal en patience. Au Mexique les LMP1 seront confrontées à une situation nouvelle : l’altitude (voir ci-dessous) qui réduira puissances moteurs et appuis aérodynamiques. Ces paramètres pourraient modifier les rapports de force entre les constructeurs.

Benoit Tréluyer, impatient de remonter sur le podium - Aucun(e)
Benoit Tréluyer, impatient de remonter sur le podium - FIA WORLD ENDURANCE

Alpine irrésistible

Pour sa seconde année en championnat du monde LMP2, Alpine surclasse la concurrence. L’équipage de la n°36 reste sur trois victoires consécutivesdont Le Mans- et semble intouchable. Sa domination se traduit par une avance de 38 points au championnat du monde ! Soit une marge de plus d'une course (26 points maximum/meeting) ! Le trio Lapierre-Richelmi-Menezes est le plus homogène du plateau et sauf cataclysme il se dirige vers la couronne mondiale. Mais Bernard Ollivier, le directeur général adjoint, en charge du domaine sportif, veut rester prudent "Attention à ne pas verser dans l'optimisme ! Il reste cinq courses à disputer et tout pourrait être remis en cause en cas d'abandon dans l'une d'elles !". La marque normande aimerait aussi voir sa seconde voiture augmenter le rythme pour s’inviter sur le podium. Pour l’instant Nelson Panciatici et ses coéquipiers chinois (David Cheng et Ho Pin Tung) ont accumulé les incidents après des fautes de pilotages ou des casses mécaniques. Ils n’ont récolté que 14 points depuis le début du championnat. Ce qui se traduit par une décevante 10e place au championnat. Un classement difficile à accepter pour le très rapide Nelson "il faut que la réussite revienne et que nous soyons au maximum de nos capacités dans tous les domaines. Ce ne sera facile mais j’ai hâte d’y être ! » s'impatiente le pilier de l'aventure depuis 2013 (double champion d'Europe avec les Bleus);

L'Alpine n°36 fonce vers le titre mondial - Aucun(e)
L'Alpine n°36 fonce vers le titre mondial - Signatech-Alpine

Pierre Ragues toujours à l’affût

Il a remarquablement négocié le nouveau virage donné à sa carrière ! Pierre Ragues, passé en GT après dix ans de prototype, s’est très vite adapté au pilotage de la Corvette du team Larbre Compétition « pourtant j’avais beaucoup d’appréhensions. La découverte du trafic, de la voiture ! Mais ça s’est très bien passé. J’ai un plaisir fou dans la voiture » s’amuse le pilote caennais à mi-championnat. Et les résultats sont convainquant avec trois podiums en quatre courses. Pierre Ragues est abonné à la 3e place à l’exception des 24h du Mans (7e après une longue réparation consécutive à une sortie de piste de son coéquipier japonais Yamagishi). A partir de l’étape mexicaine le Normand va aura un nouveau coéquipier : l’américain Ricky Taylor, un pilote officiel Corvette, à la place de l'italien Ruberti. La firme américaine a clairement en tête l’idée de confronter son poulain au pilote caennais, dont le pilotage à la fois propre et rapide est remarqué dans le paddock. L’étalonnement sera disséqué de près !

Pierre Ragues (tout à droite) habitué aux podiums cette saison - Radio France
Pierre Ragues (tout à droite) habitué aux podiums cette saison © Radio France - Didier Charpin

Mexico : l'altitude et ses conséquences

Le championnat du monde d'endurance ne s'était jamais déplacé sur le circuit Hermanos Rodriguez de Mexico. Et les écuries vont devoir s'adapter non seulement au tracé (forcément inconnu pour la plupart des pilotes) mais aussi à l'altitude. Rouler en compétition à 2000m au dessus du niveau de la mer réclame certains ajustements ! Pour les pilotes il faudra se méfier d'une tenue de route amoindrie par la plus faible densité de l'air. Ils auront moins d'appuis sauf ajustement aérodynamique (davantage de charge). Mais plus les protos seront "adaptés" à cette altitude, plus leur vitesse de pointe sera atténuée. Joli casse-tête pour trouver le bon équilibre !  Quand aux ingénieurs, ils devront renforcer les systèmes de refroidissement des moteurs, sous peine de surchauffe et de casse !

Le programme des 6h de Mexico – 5e étape du WEC

Jeudi / Essais libres

Vendredi / Qualification

Samedi / Départ à 20h30 (heure française)