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Surf : le Landais Didier Piter, 49 ans, revient sur sa victoire au Challenge la Nord

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Par , France Bleu Gascogne

A 49 ans, le Seignossais Didier Piter a remporté dimanche le Challenge la Nord, une compétition de grosse vague à Hossegor. Son expérience "de vieux marin" lui a permis de devenir le surfeur le plus âgé titré dans cette compétition. Au nez et à la barbe des petits jeunes, dont son fils. Interview.

Didier Piter, ex champion de surf désormais entraîneur, est devenu dimanche le surfeur le plus âgé à avoir gagné cette compétition.
Didier Piter, ex champion de surf désormais entraîneur, est devenu dimanche le surfeur le plus âgé à avoir gagné cette compétition. © Radio France - Paul Ferrier

Ce dimanche, à Hossegor, s'est tenue la compétition de surf de grosse vague le Challenge Rip Curl la Nord.  Un rendez-vous devenu incontournable de la planète surf landaise mais qui, cette année, à du se tenir à une date tardive et surtout, sans être annoncé en raison des restrictions sanitaires.  

Et en cette période de crise sanitaire, où l'âge est présenté comme un facteur de fragilité, voilà qui va faire du bien. Celui qui a remporté la compétition a 49 ans. Didier Piter, l'ex-champion de surf devenu entraîneur, s'est imposé au nez et à la barbe des petits jeunes, dont son fils, le prometteur Sam Piter. Le Seignossais devient ainsi le surfeur le plus âgé à avoir remporté cette compétition exigeante dans des vagues très puissantes de plus de 3 mètres. Paul Ferrier pour France Bleu Gascogne a rencontré Didier Piter.  

Interview de Didier Piter

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"Comme les vieux marins"

France Bleu Gascogne: Dimanche, dans les toutes dernières secondes du Challenge la Nord, vous ne lâchez pas une vague alors qu'il y a un autre concurrent qui part dessus. Petit coup de frein et vous vous calez à l'intérieur d'un tube. Vous levez un bras victorieux, vous avez gagné le Challenge Rip Curl la Nord. C'est la victoire de l'expérience ? 

Didier Piter : C'est pas mal de choses. Pour ces vagues-là, ces grosses vagues, il y a beaucoup de paramètres de sens marins qui entrent en jeu. Comme pour les vieux marins, il faut avoir beaucoup senti la mer pour prendre les bonnes décisions. 

Est-ce que vous avez chambré un peu les petits jeunes qui étaient autour de vous ? Notamment votre fils, parce que vous avez surfé en compétition avec lui et vous le battez... 

Oui, bien sûr. J'ai fait quelques blagues aux petits jeunes parce que j'en entraîne aussi d'autres, des copains de mon fils. Ils m'ont tous félicité, ils sont tous contents pour moi. Mais c'était bien pour l'anecdote de leur mettre des petits pics. Parce que c'est vrai que c'est une vague d'expérience. La Nord, c'est une vague où il faut passer du temps. Donc quelque part, je leur fais un petit coucou pour leur dire de ne pas lâcher. On apprend beaucoup sur cette vague. 

Est-ce qu'on a encore peur à 49 ans ? Parce que la vague de la Nord, quand même, ça fait peur. Est ce qu'on maîtrise mieux sa peur à 49 ans ? 

On a peur quand il faut vraiment avoir peur. On n'a pas de mauvaises peurs. Ce sont des peurs qui canalisent un peu les choix. Dans les vagues comme dimanche, on a connu pire. C'était vraiment parfait. Ce n'était pas le plus gros la Nord qu'on ait eu donc ce n'était pas une question de peur. C'est une question plutôt d'expérience et aussi d'engagement. Parce que les gamins ne savent pas quelles sont leurs limites. 

Par exemple, j'ai fait mon premier vrai tube sur la gauche de la Nord ce dimanche en finale. Il fallait que je le fasse. C'est pour toutes les fois où j'ai un peu hésité et où je me suis dit  : "Ah, mais ça aurait pu passer". Ce dimanche, dans le feu de l'action, j'ai dit : "Bon, il n'y a pas moyen là, je vais me freiner et je n'ai rien à perdre." Un gamin peut avoir peur de le tenter ce tube. Je pense à mon fils notamment qui a toutes les capacités techniques. Mais ce n'est pas une peur, c'est qu'on ne sait pas, qu'on n'ose pas. C'est surtout ça. 

En parlant de peur, vous avez vécu aussi un hiver particulier. Il y a ce titre du Challenge la Nord et il y a une session historiquement grosse en novembre à Seignosse. Là, vous vous êtes fait peur avec votre fils, Sam Piter? 

Ah oui ! Alors, le mois de novembre, c'était un truc incroyable parce qu'il y avait le confinement et il y a eu les meilleures vagues qu'on ait jamais eues. Pendant 20 jours d'affilée pratiquement. Dans cette session historique à retenir dans les annales, c'était presque la limite de ce qu'on peut faire à la rame. Et j'y suis allé avec mon fils. J'avais peur d'y aller. Enfin je me disais que ça allait être trop dur, trop de travail. J'étais fatigué des 20 jours qu'on avait eus avant. J'ai dit : "Bon, on n'y va pas." Mon fils a dit :  "Je veux y aller." La fougue a parlé. Je me suis senti un peu obligé d'y aller au cas où, pour être à l'eau. 

Et pourtant, souvent on entend les spécialistes dire : "Quand on ne le sent pas, on n'y va pas."

Je ne le sentais pas de le laisser aller tout seul. Finalement, on a passé la barre assez facilement et on s'est retrouvés quand même à surfer, a essayer de prendre des vagues et tout, on en a eues. Mais c'était de la survie. Et à ce moment là, il y a eu une vague, on s'est fait exploser. À deux, c'était marrant. Moi, j'en rigolais. Quand je l'ai vu vivant à gauche de moi, c'était presque un soulagement. Lui a peut-être eu un peu plus peur que moi. Il l'a un peu moins bien vécu. Mais au final, il a ressorti la tête de l'eau et tout allait bien. Donc, c'est une super expérience. On a tellement bien fait d'y aller. 

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Et finalement, cette année sous Covid, normalement, vous n'auriez pas pu faire ce Challenge la Nord. Vous n'auriez sans doute pas pu faire ces sessions hivernales ici dans les Landes. Vous auriez dû être en voyage un peu partout autour du monde. Et vous vous retrouvez chez vous. 

Oui, alors c'était fantastique. C'est vrai que le Covid, ça fait beaucoup de mal, mais ça a aussi permis à beaucoup de gens, je pense, de se calmer un peu dans le rythme de leur vie. Moi, j'avais un rythme de fou. Je voyage à fond pour entraîner. J'organise un maximum de surf trip. C'est génial, mais c'est prenant. Donc, quand j'ai vu que j'avais tout ce temps en novembre, c'était une délivrance. D'ailleurs, je pense que je me suis retrouvé comme 20 ans en arrière. Un plaisir fou à surfer au moment où les sessions étaient magnifiques, sans personne. Je ne dit pas que je remercie le Covid, mais j'ai optimisé ce malheur. 

Pour finir, en fait, vous donnez de l'espoir. Pas que vous, parce qu'il y avait d'autres plus anciens que vous qui ont participé au Challenge la Nord ce dimanche. Mais vous donnez de l'espoir à un mec comme moi, qui, à 37 ans, a commencé le surf et qui se disait qu'il lui restait que 5 ou 6 ans de surf. Mais on peut surfer longtemps.

Ben oui ! Quand j'avais 25 ans, j'étais surfeur pro, j'ai été champion d'Europe et je me suis dit : "C'est la fin !" Parce qu'historiquement, on n'avait pas poussé les limites. Des surfeurs comme Kelly Slater ont vraiment débloqué des barrières psychologiques depuis. Moi, je me nourris de ça. Je me dis : "Tant que celui-là tiendra, moi je tiendrai." Y'a pas de raison. On est tous humains. C'est fou quoi, comment le mental joue. Et j'encourage tout le monde à vraiment croire que c'est un état d'esprit. En faisant gaffe, en se maintenant, on peut vraiment réussir à se faire plaisir beaucoup plus longtemps qu'on ne le pense. 

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