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Tony Yoka : "ma médaille, je ne la quitte pas, je dors avec"

Par Fanny Lechevestrier, France Bleu Paris Région jeudi 22 octobre 2015 à 23:38

Tony Yoka sacré champion du monde de boxe olympique
Tony Yoka sacré champion du monde de boxe olympique © Maxppp

A 23 ans, Tony Yoka vient d'être sacré champion du monde de boxe olympique, dans la catégorie super-lourds. Jamais un Français n'avait réussi pareille performance. Mais le boxeur de Chanteloup-les-Vignes, dans les Yvelines, voit déjà plus loin : Rio 2016.

Aucun Français n'avait réussi à être sacré champion du monde olympique dans la catégorie super-lourds (+ 91 kgs) : l'oubli est aujourd'hui réparé avec Tony Yoka, 23 ans seulement, couronné jeudi 15 octobre, à Doha, au Qatar. Il obtient du même coup son billet qualificatif pour les Jeux Olympiques de Rio, en 2016. Une semaine après, son entretien accordé à France Bleu 107.1.

"Petit à petit, je réalise"

Une semaine après son titre de champion du monde, le jeune Yvelinois avoue avoir encore du mal à réaliser l'exploit accompli. "Ce titre, cela soulage beaucoup. Mon objectif principal, c'était la qualification pour les Jeux de Rio. Le titre, ce n'est pas secondaire, ce serait fou de dire cela mais les Jeux, c'est mon objectif. Je me dis que si je suis champion du monde à dix mois des JO, il faut forcément que je sois champion olympique à Rio". (...) "On dit que cela s'est mal passé en 2012 mais j'avais 19 ans!  Je me suis qualifié déjà à 19 ans, c'est un exploit. Je suis parti prendre de l'expérience, j'ai vécu une première fois les Jeux Olympiques et là, j'ai à coeur de montrer  que je ne suis pas champion du monde pour rien".

**"Mon père ne s'était pas trompé..."

*_L'importance de Victor Yoka, son père et son premier entraîneur**. "Quand c'est votre père qui vous entraîne, vous vous dite peut-être qu'il vous voit un peu trop haut, qu'il place des espoirs en vous et que c'est juste parce que vous êtes son fils qu'il croit en vous. Mais non, il avait vraiment vu juste, il ne s'était pas trompé. Et à 23 ans seulement, je suis champion du monde."_*

Le Teddy Riner de la boxe, le surnom que lui a longtemps donné la presse. "_Je ne peux pas dire que c'est agaçant, c'est plus flatteur qu'agaçant. J'en n'ai pas souffert mais forcément du coup, on avait de très grosses attentes pour moi.** Aujourd'hui, je prouve que comme mon pote Teddy, je suis champion du monde et j'espère être champion olympique tout comme lui. (...) J'ai toujours su que j'avais un très grand talent, j'ai toujours voulu être numéro un._"

**"Fier que mon nom fasse parler en bien de cette ville"

*_Chanteloup-les-Vignes dont est originaire et où vit toujours Tony Yoka et sa famille**. "J'ai toujours voulu qu'on parle en bien de ma ville. C'est spur qu'on avait plus l'habitude de nous voir sur les fait-divers dans les différents journaux mais il n'y a pas que cela. Chanteloup-les-Vignes, c'est aussi cela, une ville qui a de très bons côtés. AUjourd'hui, je suis vraiment content et fier que mon nom fasse parler en bien de cette ville."_*

Alexis Vastine à qui Tony Yoka a dédicacé son titre**. "C'était important. Forcément, on a toujours une pensée pour lui, en particulier avant chaque compétition. En réunion, on parle d'Alexis. On était habitué à ce qu'il mette l'ambiance dans la salle, qu'il fasse des blagues, à le voir s'entraîner comme un malade, c'est un modèle pour les boxeurs de l'Insep. Du coup, cela nous a donné une force en plus."

**"Ma médaille, je mange avec, je me douche avec, je dors avec"

**Une médaille, pas une ceinture. "Les ceintures, c'est dans le monde professionnel mais les médailles, c'est pas plus mal surtout à Doha, au Qatar. Il y avait, je ne sais plus combien de pourcentage de vrai or donc c'est pas mal. Ma médaille, elle est sur moi, elle ne me quitte pas depuis que je suis rentré. Maintenant, je dors avec, je me douche avec, je mange avec..."

Tony Yoka, champion du monde de boxe olympique, invité de France Bleu 107.1