Retour
Provence-Alpes-Côte d'Azur Corse Auvergne-Rhône-Alpes Grand Est Bourgogne-Franche-Comté Occitanie Nouvelle-Aquitaine Centre-Val de Loire Île-de-France Hauts-de-France Normandie Pays de la Loire Bretagne
  • Toute la France
  • Auvergne-Rhône-Alpes
  • Bourgogne Franche-Comté
  • Bretagne
  • Centre-Val de Loire
  • Corse
  • Grand Est
  • Hauts-de-France
  • Île-de-France
  • Normandie
  • Nouvelle-Aquitaine
  • Occitanie
  • Pays de la Loire
  • Provence-Alpes-Côte d'Azur
Changer de région
Centre-Val de Loire
Changer de région
Corse
Changer de région
Hauts-de-France
Changer de région
Normandie
Retour

VIDEO – « La vie, je la connais mieux que Tony Yoka » : Raphaël Tronché, le boxeur Nordiste qui défie la star

-
Par , France Bleu Nord

Les émeutes aux Etats Unis suscitent des débats jusqu’en France et notamment dans le monde du sport. Après un message violent publié sur les réseaux sociaux, le champion olympique de boxe, Tony Yoka, s’attire les foudres notamment du Nordiste Raphaël Tronché, triple champion de France. Son portrait.

Raphaël Tronché, dans la salle de réunion de la mairie de Grande-Synthe
Raphaël Tronché, dans la salle de réunion de la mairie de Grande-Synthe © Radio France - Emma Sarango

« Brûlez-tout, niquez-tout ». Ces quelques mots publiés cette semaine (puis immédiatement retirés) par Tony Yoka ont fait du champion olympique la cible du débat sur les violences policières. La star du ring réagissait aux émeutes consécutives à la mort de Georges Floyd aux Etats-Unis. Des propos « irresponsables », un « appel à la haine » a immédiatement dénoncé sur Instagram et dans le journal l’Equipe son rival dans le monde de la boxe : le Nordiste Raphaël Tronché, triple champion de France poids lourds. France Bleu Nord l’a rencontré.

Un tournoi de foot, ça ne règle pas tout dans les quartiers

A la mairie de Grande-Synthe, près de Dunkerque, Raphaël Tronché, 30 ans, est comme chez lui, il salue tout le personnel. Ce mercredi, le colosse prépare la prochaine édition de « Boxe avec les maux », la dictée-barbecue qu’il organise en juillet et finance de sa poche pour les habitants de Grande-Synthe. « J’organise ces évènements _pour que les gens de quartiers aient confiance en eux_, pour qu’ils comprennent qu’ils sont voués à autre chose » explique le boxeur. « On en a marre que vous nous balanciez un ballon de foot pour faire un tournoi de foot, ça ne règle pas tout dans les quartiers ». 

C’est dans cette ville où le taux de chômage frôle les 30% que Raphaël Tronché a grandi, sa mère y vit encore, lui habite Calais. Pendant le confinement, celui qui est invaincu en 13 combats professionnels a distribué des colis alimentaires en porte-à-porte aux plus vulnérables. « Il fait partie des jeunes qui sont passés par les structures sportives, associatives, culturelles de la ville et qui redonnent un petit peu ce qu’ils ont eu à la ville de Grande-Synthe » se félicite le maire Martial Baeyert. « Il sait que sa parole et ses actes ont une influence sur d’autres ». 

Je connais mon histoire, je ne l'oublie pas

Pourtant, le Nordiste est familier de la violence. En 2010, sur le parking du casino de Dunkerque, il frôle la mort quand il reçoit sept balles dans le dos, tirés par un malfrat qui en voulait à son frère aîné. « Les bagarres, les agressions, les couteaux, les battes de baseball, les fringues » décrit le trentenaire qui a grandi dans le quartier de la Vanoise. « La violence, la vie, je la connais mieux que Tony Yoka ». Mais la méthode prônée par la star olympique n’est pas la bonne selon lui. « Comment dire à des jeunes, qui n’ont que des cocktails molotov pour brûler des choses, d’aller tout casser face à des forces de l’ordre armées » s’offusque Raphaël Tronché. « On veut qu’ils se fassent tuer ? »

Et à ceux qui l’accusent d’être un traître à la cause, le Nordiste - dont le père est arrivé de Guadeloupe dans les années 70 – assure qu’il ne se renie pas. « J’ai fait ma première défense de championnat de France en tenue madras typiquement créole » se rappelle Raphaël Tronché. « Ce n’est pas facile d’être noir aujourd’hui, il y a des violences policières » admet le triple champion en racontant ses multiples contrôles routiers sur les routes du Nord parce qu’il « conduit un véhicule qui est souvent volé ». Mais là encore, il ne veut pas appeler aux émeutes. « Plus on va casser, plus le racisme va augmenter » est-il persuadé.

Un conflit ancien avec Tony Yoka

La guerre avec Tony Yoka ne date pas d’hier. La star olympique – à qui il manque le titre de champion de France - l’a souvent défié sur les réseaux sociaux, plusieurs propositions de combats ont échoué. Mais quand on demande à Raphaël Tronché s’il veut combler un déficit de notoriété, il s’en défend. « Je ne veux pas faire le buzz, je lui laisse, je peux continuer à faire mes trucs dans l’ombre, la boxe ce n’est pas toute ma vie ».

Dans un nouveau message qu’il a publié sur Instagram et Twitter, Tony Yoka promet de prôner « l’amour plutôt que la haine et la culture plutôt que l’ignorance ». Malgré tout son rival nordiste renouvèle son invitation : un combat au stade Pierre Mauroy de Villeneuve-d’Ascq, par les poings cette fois et non plus par les mots

Choix de la station

À venir dansDanssecondess