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Lutte - Zelimkhan Khadjiev de la Tchétchénie à Paris Bercy

samedi 26 août 2017 à 6:00 Par Jean-Baptiste Marie, France Bleu Azur

Seul lutteur masculin français aux JO de Rio, Zelimkhan Khadjiev va tenter de décrocher sa première médaille mondiale aux championnats du monde de lutte à Paris. L'athlète niçois, qui a fuit la Tchétchénie avec ses parents, entend faire retentir la Marseillaise à Bercy. Rencontre.

Le lutteur niçois Zelimkhan Khadjiev dans les rues du Vieux-Nice.
Le lutteur niçois Zelimkhan Khadjiev dans les rues du Vieux-Nice. © Maxppp - PHOTOPQR/NICE MATIN

Zelimkhan Khadjiev a débarqué à Nice en 2005 avec sa famille. Avant de représenter la France aux Jeux Olympiques de Rio l'été dernier, Zelim (comme on le surnomme) à dû fuir son pays d'origine, traverser plusieurs pays en voiture et parfois à pied, avant de découvrir la Côte d'Azur. Licencié au Lutte Club de Nice, ce pensionnaire de l'INSEP n'oublie pas d'où il vient et n'a qu'un seul objectif : gagner pour rendre fier ses parents. Zelimkhan Khadjiev se raconte au micro de France Bleu Azur.

Zelimkhan Khadjiev raconte son histoire à Jean-Baptiste Marie.

Né en 1994 à Khassaviourt au Daghestan, une république de la Fédération de Russie, Zelim a très vite fait de la lutte son sport de prédilection. Il fait ses premiers pas sur le tapis alors qu'il a sept ans. Plutôt doué, il stoppe néanmoins la lutte souvent car la discipline est dure. Mais son entraîneur ne le lâche pas.

"J'ai arrêté plusieurs fois la lutte. Mais l'entraîneur venait à la maison et disait à mon père : il faut le laisser revenir, il a du talent."

Trois années d'entraînement en Tchétchénie puis vient l'heure du départ. Le père de Zelimkhan prend une décision. Il va fuir son pays en guerre avec sa famille pour offrir un avenir meilleur à ses enfants. La destination des Khadjiev est choisie : la Norvège. Seulement, le parcours d'un migrant n'est pas un long fleuve tranquille.

"Sur la route c'est très difficile. Il est compliqué de passer les frontières. On marchait, on passait à pied, on traversait des rivières. Et un jour on se fait arrêter par des policiers qui nous tiennent en joue. On décide de repasser le lendemain, mais ils sont toujours là et nous lancent : si on vous revoit, on vous tire dessus."

Le père de famille décide alors de changer de route. La France sera leur point de chute. Ils suivent une autre famille tchétchène qui se rend à Nice. Zelimkhan Khadjiev et les siens débarquent dans la capitale azuréenne en 2015. Ils sont accueillis chez des connaissances. Le lutteur part toute de suite à la recherche d'un club pour, avant même de s'inscrire à l'école. Pour ses parents, la vie est plus difficile. Vétérinaire au pays le papa devient maçon, et la maman institutrice travaille désormais comme femme de chambre.

Rendre fier ses parents

Le lutteur niçois se bat pour ses parents. S'il porte aujourd'hui les couleurs françaises c'est grâce à eux. Naturalisé français en 2009, le médaillé d'or aux Jeux de la Francophonie (à Nice) en 2013 et champion du monde junior (2014) n'a qu'une obsession : rendre fier son père et sa mère. D'ailleurs, il n'apprécie pas les savoir dans la salle quand il combat. Il perd tous ses moyens. C'est d'ailleurs pour cela que seul son frère l'a accompagné à Rio, au Brésil l'été dernier. Zelimkhan Khadjiev était le seul représentant de la lutte masculine tricolore.

"Je n'aime pas trop que mes parents me voient combattre. Si je fais une petite faute dans un combat en sachant qu'ils sont là, cela va me déstabiliser. Je ne vais plus penser à mon combat, au chemin de ma lutte. Si mon père me voit faire une erreur, je vais me dire : ce n'est pas possible que je perde. Je vais paniquer dans ma tête car je veux que mes parents soient fiers de moi."

Zelimkhan Khadjiev (en rouge) face au japonnais Takatani aux Jeux Olympiques de Rio en 2016. - AFP
Zelimkhan Khadjiev (en rouge) face au japonnais Takatani aux Jeux Olympiques de Rio en 2016. © AFP - Jack GUEZ

Les JO 2016 restent un mauvais souvenir pour le sportif azuréen. Alors qu'il constituait une vraie chance de médaille pour la France, il a été sorti par le japonnais Takatani dès les huitièmes de finale se laissant surprendre en fin de combat, battu aux points. Mais Khadjiev pense déjà au prochain rendez-vous olympique à Tokyo, en 2020. Il aura 26 ans. La force de l'âge pour un lutteur.

"Les Jeux ? C'était mon rêve. L'élimination ne passe toujours pas."

Championnats du monde à domicile

Sur sa route vers le Japon, Zelimkhan Khadjiev a coché une date depuis bien longtemps : le 26 août 2017. Il disputera les championnats du monde en France à Paris-Bercy. Le Niçois est aligné en lutte libre, dans la catégorie des 74 kg, pour tenter de remporter sa première médaille mondiale en senior qui plus est à domicile. L'objectif est clairement d'empocher l'or.

"Bercy est une salle mythique. Toutes les stars de la planète s'y produisent. Les plus grands sportifs aussi y sont passés : Teddy Riner, Michael Jordan... C'est à Bercy qu'il y a un esprit de champion. C'est un truc de ouf pour moi d'y être !"

Un mois avant les championnats du monde, Zelim est rentré à Nice pour recharger les batteries auprès des siens. Sa ville lui manque. Car comme la plupart des sportifs français de haut-niveau, le lutteur s'entraîne toute l'année à l'INSEP (institut national du sport, de l'expertise et de la performance) à Paris. Les retours sur la Côte d'Azur, dans une saison, sont rares. Mais le collégien de Maurice Jaubert dans le quartier de l'Ariane, puis du Port Lympia là où il a passé son brevet profite de ces moments. Le lycée Masséna, qu'il a connu juste avant son départ pour la capitale, est situé non loin du Lutte Club de Nice implanté dans le Vieux-Nice.

"Bien sûr que Nice me manque. À Paris la météo est triste, il pleut tout le temps. Et le soleil me manque. Quand je rentre à la maison, je reste avec la famille, je profite d'eux au maximum. Il me donne de la force. Je passe aussi à la salle du club, de temps en temps."

  • Zelimkhan Khadjiev combattra ce samedi 26 août, en lutte libre, dans la catégorie des 74 kg.