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Voile

Fabrice Amedeo : "Yves Le Blevec a malheureusement eu des conditions météo fortes mais classiques au Cap Horn"

jeudi 14 décembre 2017 à 14:38 Par Martin Cotta, France Bleu Armorique, France Bleu Breizh Izel et France Bleu Mayenne

Protégé dans le cockpit de son multicoque Team Actual depuis qu'il a chaviré jeudi matin vers le Cap Horn, Yves Le Blevec attend dans l'après-midi le secours d'un bateau environnant au large du Chili. Pour Fabrice Amedeo, onzième du Vendée Globe 2016-2017, le secteur est propice au chavirage.

Pour Fabrice Amedeo : "au Cap Horn, il y a une dépression tous les deux jours"
Pour Fabrice Amedeo : "au Cap Horn, il y a une dépression tous les deux jours" © Maxppp - Maxppp

Château-Gontier, France

Le skipper castrogontérien, Fabrice Amedeo a accepté d'expliquer pour France Bleu les difficultés d'un franchissement du Cap Horn à la voile, lui qui a connu cette étape le 16 janvier dernier sur le Vendée Globe 2016-2017. Il s'en était bien sorti. Fabrice Amedeo adresse son soutien à Yves Le Blevec qui doit être secouru ce jeudi après-midi, par un navire dérouté par le MRCC chilien (Maritime Rescue Coordination Centre).

France Bleu : En quoi le passage du Cap Horn à la voile est-il difficile ? 

Fabrice Amedeo : Cette zone est compliquée car les dépressions font en général, le tour de l'Antarctique. Elles soulèvent une mer très importante et quand elles arrivent au niveau du Cap Horn, ces dépressions se heurtent à la Cordillères des Andes. Du coup le vent accélère, il peut donc y avoir énormément de rafales. La deuxième explication c'est que l'on passe aussi du grand large à la côte chilienne. On passe donc très brutalement de 4.000 mètres de fond à 500 ou 200 mètres de fond. En arrivant au Cap Horn moi j'avais dix mètres de creux avec une mer très très impressionnante. Dix mètres c'est un immeuble de quatre étages. Concernant Yves, il avait une dépression assez creuse lors de son passage avec des vents assez forts. Le bateau devait taper très fort et donc il y a certainement eu un dégât sur le multicoque qui a provoqué le chavirage. 

France Bleu : À ce propos, le fait de naviguer sur un multicoque n'augmente-t-il pas le risque de chavirage dans une mer déchaînée ? 

Fabrice Amedeo : Alors il est évident que sur un monocoque [son bateau lors du Vendée Globe 2016-2017, ndlr] nous sommes beaucoup plus en sécurité face au vent fort. Les multicoques eux sont des bateaux qui aiment les vents portants. Pour faire face à une mer forte un monocoque est plus adapté. C'était toute la difficulté du challenge d'Yves justement. Au Cap Horn, il y a une dépression tous les deux jours quasiment, ça enchaîne, un peu comme la Bretagne l'hiver. C'est assez difficile de trouver une fenêtre météo pour passer ce cap avec du vent calme. Trois jours sur cinq vous avez plus de 35 nœuds devant au Cap Horn, ce qui fait 60 kilomètres heures de vent donc cela commence à être soutenu. Yves a malheureusement eu des conditions météos fortes mais classiques au Cap Horn. 

France Bleu : Ce n'est donc pas pour rien que son passage fait toujours autant parler dans le monde de la voile. Comment s'était passé son franchissement au mois de janvier pour vous ? 

Fabrice Amedeo : Sur le Vendée Globe, on est dans le bon sens, porté par les vents. Donc lorsque l'on passe le Cap Horn c'est un peu la délivrance pour nous. Derrière en général on navigue vers le nord direction la maison. Pour Yves Le Blevec, en faisant le tour du monde à l'envers, le Cap Horn était l'entrée dans les mers du Sud et donc la première difficulté de son parcours. 

France Bleu : Lorsque l'on chavire, comment peut-on se mettre à l'abri ? 

Fabrice Amedeo : Yves a agi en bon marin, je le connais bien. C'est un navigateur excellent. Il a actionné sa balise de détresse pour que son équipe à terre soit avertie. Je crois qu'il a eu des personnes au téléphone. Il a dû mettre sa combinaison de survie, une combinaison étanche, qui permet en cas de voie d'eau de rester au sec et de patienter très longuement dans une atmosphère très froide. L'eau là-bas elle est à moins de cinq degrés. Il a également dû prendre une balise sur lui, un téléphone, dans un espace à peu près sécurisé de son bateau. Et maintenant il n'y a qu'une chose à faire c'est patienter en attendant les secours. Heureusement Yves n'est pas loin des côtes. Ce qui va être plus compliqué c'est d'organiser la récupération du bateau depuis la France.