Culture – Loisirs

Françoise de Pavant, "beaucoup plus rassurée quand Kito part avec quelqu'un"

Par Bertrand Queneutte, France Bleu Gard Lozère, France Bleu Normandie (Seine-Maritime - Eure) et France Bleu Hérault jeudi 22 octobre 2015 à 6:00

Les femmes de skippers essaient de rester en contact avec leurs conjoints
Les femmes de skippers essaient de rester en contact avec leurs conjoints © Maxppp - Claude Prigent

Dans trois jours, 84 marins quitteront leur famille pour prendre le départ de la 12e Transat Jacques Vabre au Havre. Un moment difficile pour eux, mais surtout pour leurs proches, tant les dangers de la mer sont nombreux.

Nathalie est la femme de Jean Maurel, vainqueur de la Jacques Vabre et emporté par un cancer en 2012. Et cette femme de marin sait à quel point la mer peut être meurtrière : en 1999, son mari, Jean, était le co-skipper de Paul Vatine, disparu dans le chavirage de leur bateau, entre le Portugal et les Acores. 

Jean Maurel, lui, fut à l'époque repêché difficilement par un cargo. Un cauchemar auquel elle n'avait jusque là jamais songé. "Je n'ai jamais pensé au pire et je n'ai jamais vraiment paniqué au moment où il était en mer. On pensait surtout à ce qu'il gagne, à ce qu'il soit bien placé. Avant, je n'avais pas du tout d'appréhension, sinon, c'était pas gérable", confie-t-elle. 

"Je n'ai jamais pensé au pire." (Nathalie Maurel)

Kito de Pavant - Radio France
Kito de Pavant © Radio France - Bertrand Queneutte

Autour du quai Paul Vatine, où une rue "Jean Maurel" a d'ailleurs été inaugurée samedi dernier, beaucoup de femmes de marins ont fait le déplacement, pour assister au départ. 

Françoise, elle, ne panique pas, à l'approche de ce nouveau départ. Son mari, Kito de Pavant, s'élancera dimanche pour une huitième Jacques Vabre : "C'est une course en double, alors ça change beaucoup de choses. Je suis beaucoup plus rassurée quand il part avec quelqu'un d'autre, que quand il est tout seul sur le bateau".

"Beaucoup plus rassurée par une course en double." (Françoise de Pavant)

Il faut dire aussi que les moyens actuels de communication leur permettent de communiquer et "de s'envoyer des mails". Rien à voir, donc, avec le Vendée Globe, ce tour du monde en solitaire et sans assistance, qui cause "beaucoup de stress" aux femmes et aux familles de skippers. 

Les femmes de skippers avec Bertrand Queneutte

Une course durant laquelle les navigateurs partent longtemps et traversent "des zones pas très rassurantes". Une épreuve à laquelle participera de nouveau Kito de Pavant l'an prochain.