Voile

La Golden Globe Race s'élancera des Sables d'Olonne en 2018

Par Emmanuel Sérazin, France Bleu Loire Océan jeudi 5 octobre 2017 à 5:00

L'organisateur de la GGR, Don Mc Intyre, et le président des Sables d'Olonne Agglomération, Yannick Moreau
L'organisateur de la GGR, Don Mc Intyre, et le président des Sables d'Olonne Agglomération, Yannick Moreau © Radio France - Emmanuel Sérazin

La signature officielle a eu lieu hier : la Golden Globe Race s'élancera des Sables d'Olonne le 1er juillet 2018. L'événement est organisé pour commémorer le 50ème anniversaire de la première course à la voile en solitaire autour du monde, qui a ensuite donné naissance au Vendée Globe.

Les deux hommes affichaient un grand sourire au moment de parapher les contrats : d'un côté, Don Mc Intyre, l'organisateur de cette course-anniversaire, et de l'autre, Yannick Moreau, président des Sables d'Olonne Agglomération. Dans moins d'un an, une trentaine de marins partira pour boucler un tour du monde, dans les mêmes conditions qu'en 1968. Ils n'auront droit à aucune aide technologique, et ils s'élanceront sur des bateaux de "Monsieur tout le monde" pour un périple d'au moins 220 jours.

Conséquence du Brexit

En 1968, la première course à la voile en solitaire autour du monde s'était élancée de Plymouth en Angleterre. Neuf skippers avaient pris le départ de cette folle aventure. Alors qu'il était sur le point de gagner, Bernard Moitessier avait finalement changé de cap pour continuer à naviguer autour du monde, avant de jeter l'ancre à Tahiti. Seul Robin Knox Johnston avait réussi à regagner le point de départ. Un mythe était né. Un demi-siècle plus tard, le Brexit est passé par là. Malgré deux ans de prospection, l'organisateur n'a pas réussi à trouver de soutiens au Royaume-Uni, ni auprès des sponsors privés, ni auprès des collectivités.

Que ce soit sur le plan économique ou politique, le climat est très confus en Grande-Bretagne - Don Mc Intyre

Comme il veut en faire un événement international, l'organisateur a besoin de moyens financiers conséquents. A moins d'un an du départ, il a décidé de jeter l'éponge côté britannique. Il s'est alors tourné vers la France, et tout naturellement en premier lieu, vers la ville qui accueille l'héritier de la première grande course au large, le Vendée Globe.

Don Mac Intyre espère organiser la Golden Globe Race tous les 4 ans - Radio France
Don Mac Intyre espère organiser la Golden Globe Race tous les 4 ans © Radio France - Emmanuel Sérazin

Naviguer avec les moyens de l'époque

Cette édition-anniversaire sera disputée dans les conditions de l'époque. Les concurrents n'auront droit à aucune technologie moderne, ou presque. Ils navigueront sur des bateaux de série de 11m maximum et conçus avant 1988. Ils relèveront leurs positions au sextant, réaliseront leurs prévisions météo eux-mêmes, et n'auront que très peu de contacts avec leurs familles. Les plus rapides espèrent regagner les Sables d'Olonne en 220 jours. Mais en marins aguerris, ils embarqueront de la nourriture pour un an. Et pour partager leur aventure, les skippers devront se contenter du matériel de l'époque : des caméras Super 8, et des appareils photos argentiques, avec un lot de pellicules.

Des entorses à l'histoire, pour la sécurité... et la communication

Si les marins ne pourront compter que sur eux-mêmes pour boucler le tour de la planète, leurs bateaux seront néanmoins dotés de quelques équipements modernes, pour assurer leur sécurité. Ils embarqueront une balise de positionnement pour permettre au grand public de suivre l'épreuve, et un téléphone satellite pour communiquer avec l'organisation. Ces téléphones permettront notamment de réaliser une vacation d'une heure par semaine, avec chaque concurrent. Ils pourront également utiliser un système permettant d'envoyer des messages écrits à l'organisateur, mais à dose homéopathique : 4 messages de 100 caractères par jour. Autre entorse à l'histoire : pour permettre au grand public de partager l'aventure sans attendre l'arrivée, il y aura 4 points de contact sur le parcours. Un bateau à moteur viendra à leur rencontre à la sortie de chaque océan, pour récupérer, dans une épuisette, messages écrits, pellicules photos et bobines de film.

Le sablais Jean-Luc Van Den Heede et le noirmoutrin Antoine Cousot sont déjà préinscrits - Radio France
Le sablais Jean-Luc Van Den Heede et le noirmoutrin Antoine Cousot sont déjà préinscrits © Radio France - Emmanuel Sérazin

24 hommes et 2 femmes

L'organisateur a choisi de limiter le nombre de concurrents à 30. A moins d'un an du départ, 26 marins sont déjà pré-inscrits, représentant 14 nationalités (France, Etats-Unis, Royaume-Uni, Irlande, Italie, Pays-Bas, Suisse, Norvège, Finlande, Brésil, Russie, Estonie, Australie et Palestine). Comme souvent dans les courses au large, la parité sera loin d'être respectée : 24 hommes et 2 femmes. Et parmi les concurrents déjà déclarés, il y a deux Vendéens. A 73 ans, le sablais Jean-Luc Ven Den Heede sera le doyen de la course, tandis que le noirmoutrin Antoine Cousot, skipper professionnel et père de trois enfants, réalisera "le rêve de sa vie".

L'épreuve débutera symboliquement à Plymouth en Angleterre le 14 juin, par une régate de charité qui conduira la flotte jusqu'aux Sables d'Olonne, où sera installé le village de la course à partir du 16 juin. Le vrai départ sera donné le 1er juillet, dans la baie qui accueille le Vendée Globe. Les premiers ne sont pas attendus dans le chenal des Sables avant le printemps 2019...