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Le cap Horn : un passage symbolique mais aussi redouté par les marins du Vendée Globe

Par Mikaël Roparz, France Bleu vendredi 23 décembre 2016 à 14:34 Mis à jour le samedi 24 décembre 2016 à 0:12

Le cap Horn
Le cap Horn © Maxppp - THIERRY SUZAN

Armel Le Cléac'h a franchi le cap Horn vendredi midi, en 47 jours 00 heure et 32 minutes. Le marin a été encore plus rapide que François Gabart en 2012. Ce passage à l'extrême sud du continent américain est souvent un enfer pour les skippers en raison des conditions météo dantesques.

"Je vais profiter du paysage avec la terre pas loin. Ca fait du bien de voir un peu d'ambiance terrestre. Je vois le cap Horn, il est à l'horizon" a déclaré le skipper de banque Populaire VIII en début d'après-midi. Pour le Breton, "C'est la fin des mers du Sud dans lesquelles on navigue depuis un moment, ça fait du bien de changer d'ambiance."

Le cap Horn se situe dans les eaux territoriales du Chili. C'est une falaise de 425 m d'altitude, à l'extrême sud du continent américain, le point le plus austral des terres rattachées à l’Amérique du Sud, sur un caillou, de 12 km2, l’île Horn. La ville argentine d'Ushuaia est la plus grande ville de la région.
Avant l'ouverture des canaux de Suez et de Panama, c'était le passage obligé pour les navires commerciaux.

Conditions météo difficiles

Le cap Horn marque le retour dans l'Océan Atlantique, le retour vers les Sables. C'est la première fois depuis leur départ que les marins voient la terre. Mais c'est aussi un passage qui peut être compliqué en raison des conditions météo souvent dantesques. Les dangers sont nombreux : tempêtes, forts courants, vagues géantes... Plusieurs centaines de bateaux ont été engloutis à proximité.

En 2009, Jean Le Cam avait chaviré près du Cap Horn. Vincent Riou et Armel Le Cléac’h étaient partis à son secours.

Le cap Horn, la délivrance ?

Si le passage du cap Horn après 47 jours de mer pour Armel Le Cléac'h marque la réduction drastique du stress lié à la peur de la casse et la remontée des températures, s'il est un soulagement pour les skippers du Vendée Globe, la remontée vers l'Atlantique sud peut s'avérer compliquée. Les dépressions du sud peuvent encore être violentes. Ce fut le cas notamment pour François Gabart en 2012.
Il reste encore 7 000 milles à courir jusqu’aux Sables d’Olonne.