Voile

VIDÉOS - Solitaire du Figaro : Nicolas Lunven guette "l'état de grâce"

Par Arnaud Carré, France Bleu Breizh Izel et France Bleu Gironde vendredi 2 juin 2017 à 4:00

Depuis 2009, Nicolas Lunven attend son heure.
Depuis 2009, Nicolas Lunven attend son heure. © Radio France - Olivier Uguen

Le skipper breton court après une deuxième victoire sur une épreuve qu'il affectionne, qui le nourrit mais qui, depuis son succès en 2009, s'est toujours refusée à lui.

France Bleu : Vous êtes prêt pour cette Solitaire 2017 ?

Nicolas Lunven : Tout semble prêt. Le plus compliqué c'est de savoir si dans la tête tout est prêt parce que notre course n'est pas simple. C'est hyper serré entre les concurrents, le niveau est très élevé et homogène. Il faut être capable d'avoir le petit plus magique pour faire la différence, qu'il faut aller chercher au fond de soi.

C'est plus difficile de gagner la course aujourd'hui qu'en 2009 ?

Il n'y a pas d'année plus facile que d'autres. Quand j'avais gagné en 2009, il y avait beaucoup d'anciens vainqueurs avec un niveau très élevé. Moi, mon objectif au départ de Lorient c'était de faire dans les dix premiers. Personne ne m'attendais là, moi y compris. Depuis, de l'eau a coulé sous les ponts de Bordeaux, j'ai un peu changé de statut et pourtant je n'ai pas réussi à la gagner à nouveau. J'espère que ce sera chose faite dans quatre semaines à Dieppe mais malheureusement je ne suis pas le seul à vouloir la même chose. Donc il va falloir se battre, garder la tête bien sur les épaules et ne pas faire de bêtise.

J'essaie de faire abstraction de tous ces objectifs de résultat, de ne pas faire des calculs d'apothicaire avant même le départ. Ça ne me réussit pas.

Pour gagner, le mieux c'est de ne pas y penser ?

J'essaie de faire abstraction de tous ces objectifs de résultat, de ne pas faire des calculs d'apothicaire avant même le départ. Ça ne me réussit pas. Je préfère rester concentré sur la préparation de mon bateau, sur la mienne, sur la navigation. Si on pense au résultat, on pense à l'objectif qu'on s'est fixé et avant de pouvoir réaliser cet objectif, il faut cravacher un peu.

L'idée c'est de naviguer du mieux possible ?

Exactement. Le but c'est de vivre l'instant présent sur l'eau, de ne pas faire de bêtise, d'être bien concentré et de faire le compte au fil des étapes.

Il faut une sorte d'état de grâce pour aller chercher une victoire dans la Solitaire ?

Oui, je pense. Il peut y avoir plusieurs manières de gagner. On peut limiter au maximum la prise de risques en attendant que les autres face des bêtises. Ou alors ça peut être plus à l'instinct, sentir les choses et avoir cet état de grâce qui permet de faire de bons petits coups, voire un gros coup et qui permet de remporter cette Solitaire. Cette année, le parcours me semble très intéressant. Il va permettre de réserver de belles choses.

Je m'efforce de ne pas ranger les concurrents dans des tiroirs. On a tous le même bateau donc théoriquement tous les mêmes chances de gagner. Evidemment il y a une hiérarchie mais je suis très bien placé pour savoir qu'il peut y avoir des surprises.

Votre sentiment sur les courses de pré-saison...

Les deux premières ont été gagnées par Charlie Dalin, j'ai gagné la troisième. Le niveau est très homogène cette année. On n'est pas à l'abri de voir de jeunes talents éclore ou des gens qui sont là depuis longtemps et qui vont réussir à gagner cette année. A mon avis, c'est une Solitaire très ouverte. Il y a dix ou quinze coureurs capables de gagner. J'ai un principe, celui de craindre tout le monde. Je m'efforce de ne pas ranger les concurrents dans des tiroirs. On a tous le même bateau donc théoriquement tous les mêmes chances de gagner. Evidemment il y a une hiérarchie mais je suis très bien placé pour savoir qu'il peut y avoir des surprises.

Pourquoi revenir année après année ?

On revient parce que cette course n'est jamais vraiment la même. La voile est un éternel recommencement, on a toujours plein de choses à apprendre, à découvrir. Et puis c'est ma passion. Vivre ces moments en mer, c'est une chance inouïe. Des trucs qui peuvent être parfois très difficiles et parfois aussi vraiment magique. C'est tout ça qui nous fait revenir.

VIDÉOS - Solitaire du Figaro : "run" d'exhibition avec Nicolas Lunven

Toute la semaine, les skippers de la Solitaire du Figaro dont Nicolas Lunven effectuent des "runs" d'exhibition sur la Garonne à Bordeaux.