Voile

Vendée Globe : Arnaud Boissières n'a pas le temps de souffler

Par Arnaud Carré, France Bleu Gironde jeudi 15 septembre 2016 à 4:00

7ème en 2009, 8ème en 2013, Arnaud Boissières repart pour un tour du monde en solitaire.
7ème en 2009, 8ème en 2013, Arnaud Boissières repart pour un tour du monde en solitaire. © Radio France - Emmanuel Sérazin

Présent mercredi à Paris lors de la présentation du 8ème Vendée Globe, l'Arcachonnais Arnaud Boissières compte les jours avant de s'élancer le 6 novembre pour un troisième tour du monde en solitaire. D'ici là, un programme chargé et un heureux événement attendu début octobre.

France Bleu : Quel est le programme d'un skipper a moins de deux mois du départ du Vendée Globe ?

Arnaud Boissières : On ne se repose pas forcément parce que je suis tellement excité par le départ. Nous on a consacré le mois de septembre pour les partenaires. On profite de naviguer ensemble, on les amène par groupes de huit. A partir du 29 septembre, on changera les voiles, on mettra les neuves pour se consacrer plus à la fin de la préparation technique. On fera une navigation de deux jours en petit comité pour tout tester une dernière fois. On est bien, on se sent prêt.

Parmi vos partenaires, il y a Aérocampus Aquitaine...

J'ai fait le Figaro en 2004 sous les couleurs de la Région Aquitaine. En 2013, au retour du Vendée Globe, je cherchais des partenaires et j'ai rencontré le directeur d'Aérocampus. L’objectif, c'était que certaines entreprises qu'ils hébergent viennent s'inscrire dans le projet, financièrement mais surtout grâce à leurs compétences techniques.

Je vais être papa début octobre, un mois avant le départ. C'est à la fois excitant et inquiétant car le petit bébé, je ne le verrai pas pendant trois mois mais on s'y est préparé avec ma compagne. C'est quelque chose qui donnera une autre teneur à mon tour du monde. Ça nous donne une force supplémentaire.

Qu'ont-ils amené à bord ?

A bord, on a des batteries Saft, des batteries high-tech. PRB (ndlr : le bateau de Vincent Riou) en a, moi je n'aurais jamais eu les moyens de me payer ça. Ça nous a permis de changer l'électricité en ayant du câblage performant, c'est important quand on part trois mois en mer. L'institut de soudure à Bordeaux est venu contrôler le bateau, on a fait un contrôle technique complet, comme pour les voitures mais un peu plus poussé. Une autre entreprise nous a peint une partie des voiles, quelques stagiaires sont venus participer à la préparation du bateau. On l'a amené à Bordeaux pour ça aussi, pour montrer qu'il y a des compétences bordelaises dans ce projet.

Son bateau, l'ancien Paprec-Vibrac II de Jean-Pierre Dick. - Radio France
Son bateau, l'ancien Paprec-Vibrac II de Jean-Pierre Dick. © Radio France - Emmanuel Sérazin

Les dernières semaines vont passer vite, d'autant que votre vie personnelle va être bouleversée ?

Oui, je vais être papa début octobre, un mois avant le départ. C'est à la fois excitant et inquiétant car le petit bébé, je ne le verrai pas pendant trois mois mais on s'y est préparé avec ma compagne. C'est quelque chose qui donnera une autre teneur à mon tour du monde. Ça nous donne une force supplémentaire. On appréhende mais on est excité.

La grande nouveauté de cette huitième édition, c'est la présence de foils sur certains monocoques..

Les foils, ce sont des nouveaux appendices (ndlr : des dérives porteuses) qui permettent de soulager tout l'avant du bateau, comme sur ceux de la coupe de l'America. Je n'en ai pas à bord. Pourquoi ?Trop cher et pas le temps. Je pense qu'effectivement c'est l'avenir mais pour moi la question ne se posait même pas. On va laisser les bateaux à foils faire le Vendée Globe et après on fera notre marché et on prendra un bateau à foils pour celui d'après. Est-ce que ça tiendra sur un tour du monde ? On verra. Est-ce que ces bateaux vont être aussi performants qu'un PRB, sans foils, qui est l'arme fatale aujourd'hui ? C'est très intéressant d'être spectateur et acteur de tout ça.

Propos recueillis par Emmanuel Sérazin