Voile DOSSIER : Vendée Globe 2016, l'Everest des mers !

Vendée Globe : le navigateur héraultais Kito de Pavant s'attaque à l'Everest des mers

Par Sébastien Garnier, France Bleu Hérault dimanche 6 novembre 2016 à 7:00

Monocoque Bastide/Otio de Kito de Pavant
Monocoque Bastide/Otio de Kito de Pavant -

Le départ du Vendée Globe, le tour du monde à la voile en solitaire, sans escale et sans assistance a lieu ce dimanche aux Sables d'Olonne (Vendée). Ils sont 29 skippers engagés dont l'héraultais Kito de Pavant. C'est sa 3ieme participation.

C'est le plus gros événement de voile en France , l'un des plus grands événements planétaires, une course mythique autour du monde en solitaire, sans escale et sans assistance.

Vingt-neuf skippers de 10 nationalités sont au départ de cette 8e édition du Vendée Globe. Le plus jeune a 23 ans, le plus âgé 66 ans. François Gabart le dernier vainqueur avait bouclé la boucle en 78 jours (il n'y participe pas cette année).

Dans l'Hérault le marin à suivre c'est Kito de Pavant sur le monocoque Imoca 60' Bastide/Otio (l'ex Virbac Paprec 3 de Jean-Pierre Dick mis à l'eau en 2010).

"J'ai besoin de boucler ce tour du monde." Kito de Pavant

Sa troisième participation

Ses deux premières tentatives en 2008 et 2012 avaient avortées quelques heures après le départ (démâtage et collision avec un chalutier). Cette fois il compte bien boucler la boucle de 45.000 kilomètres qui commence par une descente le long de l'Afrique puis fait le tour de l'Antarctique avant la remontée le long des cotes brésiliennes après le passage du Cap Horn.

Ce périple, le navigateur espère l'accomplir en environ 80 jours, sur un bateau (ce sont tous les mêmes) de 18 mètres de long, un peu moins de 6 mètres de large, avec un mât de 24 mètres de haut et 620 mètres carrés de voiles.

Le rythme à bord par 24 heures

À bord de son bateau, Kito de Pavant va passer chaque jour quatre heures à dormir (10 siestes de 20 à 30 minutes), entre six et 10 heures à la manœuvre, jusqu'à 12 heures à la barre. Il passera aussi deux heures à table et autant à entretenir le matériel. Enfin, une heure sera consacrée a "l'hygiène du bonhomme" comme il dit.

Kito de Pavant - Aucun(e)
Kito de Pavant -

"En 2012 quand je me suis retrouvé avec le bateau cassé au Portugal je me suis dit que je n’aurais pas la chance d’y retourner."

Interview

France Bleu Hérault - C’est votre troisième projet Vendée Globe, un projet 100% Sud ?

Kito de Pavant - On a construit une jolie histoire avec deux partenaires principaux, Bastide Médical à Nîmes, et Groupe HBF à Toulouse avec sa marque Otio. Et puis ce sont plus de 40 partenaires Made in Midi qui nous ont rejoints autour de ce joli projet avec toute la Région Occitanie. Finalement on ramène toute la Méditerranée sur les océans. On a récupéré un très bon bateau, l’ancien IMOCA de Jean-Pierre Dick. Depuis un an, on travaille sur Bastide Otio pour le rendre plus fiable, plus performant et plus cohérent avec ma façon de naviguer. Je suis devenu copain avec ce bateau, je prends du plaisir à naviguer dessus, il est à la fois performant et sage. Ce sont de bonnes qualités pour faire le Vendée Globe. Surtout la sagesse !

Difficile de retrouver l’envie et l’énergie de repartir sur un nouveau projet ?

En 2012 quand je me suis retrouvé avec le bateau cassé au Portugal, je me suis dit que je n’aurais pas la chance d’y retourner. Je sais à quel point c’est difficile d’être au départ du Vendée Globe, quelle énergie il faut pour être là. Ces deux échecs ont été lourds à porter. Le Vendée Globe on n’y va pas tout seul, on embarque beaucoup de monde, des partenaires, une équipe, du public, des gens qui nous aiment et qui ont envie que ça se passe bien. Et quand ça se passe mal on est un peu seul à porter tout ce désespoir. C’est vrai que c’était difficile.

Dans quel état d’esprit êtes-vous à l’approche du départ ?

Je suis assez serein à l’approche de ce Vendée Globe. C’est mon troisième essai et le plus important. J’ai besoin de me prouver à moi-même que je suis capable de boucler un tour du monde. C’est ma dernière occasion, je commence à prendre un peu d’âge. J’ai beaucoup d’expérience, j’ai fait beaucoup de choses dans ma vie. Mais la seule chose que je n’ai pas encore réussie à accomplir, c’est ce tour du monde. Il n’est jamais trop tard pour bien faire !

Tout le monde a bien noté que cette année, votre objectif c'est de terminer. Avez-vous aussi un objectif sportif ?

Je ne me fixe pas d’objectif sportif parce que je veux finir. Je veux trouver moi-même pendant la course la bonne position des curseurs entre vitesse, stabilité, sécurité, option météo... Il y en a beaucoup sur ces bateaux qui peuvent aller très vite mais le Vendée Globe est un parcours au long cours. Il faut aller loin et j’ai envie de terminer. Pas d’exigence sportive, je veux simplement faire le tour. Alors je me connais un peu, c’est peut-être le piège : je suis un compétiteur, je n’aime pas être lent ni être derrière. Je travaille là-dessus, je sais qu’il y aura des bateaux plus rapides, notamment au début du parcours, sur la descente de l’Atlantique. Il va falloir que je sois patient et fidèle à ma philosophie pour finir ce tour du monde, le plus rapidement possible bien sûr, et on verra le résultat à l’arrivée fin janvier début février.

L'Héraultais Kito de Pavant veut "boucler" le Vendée Globe cette année