Voile

Vendée Globe : Pourquoi aucun Normand ne figure parmi les 29 participants ?

Par Olivier Duc, France Bleu Normandie (Calvados - Orne), France Bleu Cotentin et France Bleu Normandie (Seine-Maritime - Eure) vendredi 4 novembre 2016 à 10:04

Quatre skippers normands avaient pris le départ de la Solitaire du Figaro. Il n'y en aura aucun sur le Vendée Globe
Quatre skippers normands avaient pris le départ de la Solitaire du Figaro. Il n'y en aura aucun sur le Vendée Globe © Radio France - Olivier Duc

La 8e édition du Vendée Globe s'élancera des Sables D'Olonne ce dimanche après-midi à 13h02. Elle enregistre une participation record avec 29 engagés mais aucun Normand. Génération de skippers, budgets, frilosité des partenaires potentiels... les explications sont multiples.

Il y a 20 ans le Granvillais Christophe Auguin prenait le départ d'un Vendée Globe qu'il allait remporter moins de 106 jours plus tard. Ce dimanche, aucun skipper normand ne pourra prétendre à lui succéder et pour cause aucun ne sera engagé sur la 8e édition de cette course à la voile autour du monde en Solitaire.

Il y a 20 ans la victoire du Granvillais Christophe Auguin

Il faut chercher les Normands à terre dans les équipes. Fabien Delahaye est chargé de la partie performance du bateau de Jean-Pierre Dick depuis un an et demi. Quant à Charlie Dalin, il participe au projet de Yann Eliès. Si aucun skipper normand ne fait partie des 29 engagés, c'est d'abord pour une raison de génération estime le Caennais Fabien Delahaye.

"On est encore un peu jeune finalement pour y aller." Fabien Delahaye

"C'est peut-être une question de timing. Les Skippers normands qui arrivent dans la course au large comme moi, Charlie, Alexis Loison, Sophie Faguet... enfin on est beaucoup dans la région à vouloir participer au Vendée Globe. On est peut-être encore un petit peu jeune finalement pour y aller."

"On peut mettre un zéro derrière un budget de class 40 pour faire un vrai projet Imoca." Louis Duc

C'est aussi une question de budgets. Une saison sur un voilier taillé pour le Vendée Globe avoisine le million et demi d'euros au bas mots. Le coût est bien moindre pour les nombreux Normands qui sont engagés sur le circuit Figaro ou en Class 40. "C'est pas du tout le même rapport, souligne le skipper manchois Louis Duc. On peut mettre un zéro derrière un budget de Class 40 pour faire un vrai projet Imoca pour les projets gagnants."

Marc Lefebvre, fondateur du chantier caennais V1D2, avait préparé le voilier de Christophe Auguin sur le Vendée Globe 1996-1997. Il regrette une certaine frilosité des acteurs économiques de la région. "Ce qui est rare, ce sont les entreprises qui peuvent ou plutôt qui ont envie d'aller la dedans", estime Marc Lefebvre.

S'il y a des entreprises qui s'intéressent plus et mieux à la voile, on peut avoir un skipper normand en 2020 au Vendée Globe." Marc Lefebvre

"Je pense que si on n'a pas de skippers normands, ce n'est pas un problème de trouver des pépites. On a des gens qui sont capables. Je pense que c'est plus un problème d'accompagnement, de sponsoring. Si effectivement il y a des entreprises qui s'intéressent plus et mieux à la voile, on peut avoir un skipper normand en 2020 au Vendée Globe."

"Il faut laisser le temps au temps pour gravir les marches et laisser un peu de temps à nos marins d’affûter leurs armes." Francis Le Goff

Le directeur de la Ligue de Normandie souligne de son côté la progression du vivier de skippers normands et leur progression. La Ligue a ainsi mis en place une structure pour les soutenir (le Normandy Elite Team). "Il y a trois-quatre ans on nous posait la même question sur la présence des Normands sur la solitaire du Figaro, se souvient Francis Le Goff et j'avais dit qu'il fallait laisser le temps à la Ligue de Normandie de se structurer. Le fruit du travail engagé il y a 20 ans commence à porter ses fruits."

"On voit des jeunes émerger aux Jeux Olympiques avec Jérémie Mion (7e à Rio). Charlie Dalin a terminé trois fois sur le podium de la Solitaire en trois éditions. Il faut laisser le temps au temps pour gravir les marches et laisser un peu de temps à nos marins d’affûter leurs armes."