Voile

Vendée Globe : que d’évolutions depuis la victoire du Normand Christophe Auguin

Par Didier Charpin, France Bleu Normandie (Calvados - Orne) jeudi 19 janvier 2017 à 18:19

Christophe Auguin en 1997
Christophe Auguin en 1997 © Maxppp - Pol Derwenn

Armel Le Cléac’h a remporté ce jeudi la 8e édition du Vendée Globe. Le Breton s’impose 20 ans après Christophe Auguin. Une éternité dans le monde de la voile tant les conditions de course ont progressé ! Rappel chronologique et analyse du préparateur du bateau de Christophe Auguin en 1997.

C’est fait ! Armel Le Cléac’h s’impose enfin dans le Vendée Globe. Le navigateur, deux fois deuxième lors des dernières éditions, a coupé la ligne d’arrivée ce jeudi après un Tour du Monde en 74 jours. Il rejoint au palmarès Michel Desjoyaux (deux victoires), Titouan Lamazou, Alain Gautier, Vincent Riou, François Gabart et le Normand Christophe Auguin.

Un record ne tient jamais

De 109 jours pour le premier vainqueur (Lamazou) à 74 jours pour le dernier lauréat (Le Cléac’h) les records du Vendée Globe n’ont cessé d’être améliorés. Il y a 20 ans Christophe Auguin avait porté la marque référence à 105 jours après avoir survolé la course. Il était arrivé avec une semaine d'avance sur son plus proche poursuivant. C'est toujours le plus gros écart entre un vainqueur et son dauphin !

Une course de plus en plus rapide. - Visactu
Une course de plus en plus rapide. © Visactu

A l’époque il avait été le premier à disputer le Tour du Monde en solitaire et sans escale avec un 60 pieds 100% carbone. Sa victoire symbolisait le succès d’une nouvelle technologie dans la conception de la coque « même si nous ne savions pas vraiment si ça tiendrait toute la course ! » se souvient Marc Lefèvre, celui qui lui avait préparé son bateau (alors) révolutionnaire. Puis le record a été battu à chaque édition pour arriver à ce Tour du Monde bouclé en 74 jours par Armel Le Cléac'h. « Une progression impressionnante » reconnait Marc Lefèvre, désormais propriétaire du chantier V1D2 à Caen. Pour lui les raisons sont multiples. Par exemple les fameux foils, ces pièces qui permettent de soulever légèrement le bateau à pleine vitesse « avec une bonne météo c’est au moins 3 à 4 nœuds de gain par rapport à un bateau sans foils ! ». Autre explication, pas mécanique mais numérique, c'est le volume d'informations météo disponibles pour aider les navigateurs à choisir la meilleure route « Ils reçoivent en temps réels tous les changements météo, les champs de vents. Les logiciels simulent même des routes à suivre. Il y a 20 ans on n’avait pas tout ça ! »

L’antenne bricolée de 1997

Des bateaux plus légers et plus rapides, dirigés par des navigateurs davantage dans l'analyse que dans l'improvisation ou le flair. Autant de raisons qui explique ce –nouveau- Tour du Monde record. Bien loin des transmissions laborieuses de 1997 « Avec Christophe pour avoir des infos extérieures, on avait bricolé une espèce d’antenne de la taille d’un plateau repas dans une cantine, fixée sur un pied d’appareil photo et il essayait d’accrocher le satellite à un moment donné ! » se souvient Marc Lefèvre. A l’époque les navigateurs essayaient de s’adapter à la météo pour les 48 h suivantes. Aujourd’hui ils peuvent tracer les routes pour une durée multipliée par deux !

A Ecouter – reportage « + de l’info » avec les archives sonores de France Bleu pour réentendre notamment les premiers mots de Christophe Auguin, le 17 février 1997 lorsqu’il a remporté la 3e édition du Vendée Globe.

Reportage Vendée Globe 1997 - 2017